mercredi 28 octobre 2015

Impressionnisme et marché de l'art

L'École, c'est-à-dire l'État, garantissait leur valeur [les tableaux produits par l'art pompier, académique], en garantissant, comme pour une monnaie fiduciaire, la valeur de leur titres et des titres qu'ils décernaient. Elle garantissait aussi la valeur de leurs produits, en leur assurant le quasi monopole du seul marché existant, le Salon.....
Bourdieu Pierre et Marie-Claude. Manuscrit inachevé.

En étant exclu du sytème ou en s'en excluant les Manet, Monet et autres trublions de l'art du 19e siècle initièrent avec l'aide de "marchands de couleurs" de nouvelles bases du marché de l'art.
Chacun essaya, pour vivre, pour peindre ou satisfaire son ego de vendre sa production hors du système.
Le marché refoulait cette production et cette dernière  ne pouvait  se satisfaire d'une vente directe à quelques collectionneurs.
Il fallu attendre Durand-Ruel "héritier" du marchand de Prato pour que les lignes bougent.... hors de France. Le capital, le crédit, c'est risqué, et un sens des affaires hors du commun serviront  à monopoliser et stocker les oeuvres peintes par ces nouveaux artistes en rupture avec l'académisme et héritiers de l'école de Barbizon.
Cette nouvelle approche fit des émules, des aventuriers des temps modernes, des nouveaux  requins. Ils sont légion à cette époque, qui dans l'immobilier, la grande distribution, les chemins de fer, la banque, etc..
Ça semble simple résumé ainsi, mais le prix à payer est parfois exorbitant.
Pour l'Impressionnisme on a des crève-la-faim, des dépressifs, des faillis, une phare, des petits-maîtres et des sans-grades, toute une cohorte de femmes et d'enfants victimes d'une passion.
Au final les USA achèteront en masse, l'Allemagne aussi aime bien, et les stocks s'écouleront.
L'État continuera d'acheter, de refuser d'acheter aussi, mais le privé s'arrogera la part du lion dorénavant, des fortunes vont se bâtir.


  

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