lundi 26 octobre 2015

Bourdieu, Manet et ses effets

Le Manet de Bourdieu n'est pas un classique de l'histoire de l'art, mais son approche est intéressante, l'oeil neuf apportant forcément un regard neuf sur la chose.
Si d'emblée il rejette un Manet Impressionniste, c'est une erreur insignifiante tant le peintre lui-même s'est défendu de l'être tout en partageant avec Monet et Renoir les même motifs et des effets similaires notamment à Argenteuil.
Avançons.
Page 51 : Pourquoi est-il intéressant d'étudier l'effet que l'oeuvre produit sur le public, et dont les manifestations sont le rire du public et les discours des porte-parole de l'indignation populaire que sont les critiques...Cette esthétique de l'effet implique une exhortation à la recherche, dans l'oeuvre elle même, des effets de l'oeuvre, des fondements de l'effet de l'oeuvre - une recherche de ce que l'on pourrait appeler la charge symbolique de l'oeuvre.
L'oeuvre en question est Le déjeuner sur l'herbe.  Évidemment on peut reprendre les mêmes mots pour Impression de Monet. Pourquoi les rires, pourquoi l'indignation?
Et pousser l'exercice un peu plus loin avec la première série : Les Meules. 
Et c'est là que ça devient drôle, remplacer dans les lignes de Bourdieu le mot oeuvre (trop impersonnel) par celui d'effets, si cher aux impressionnistes.
On obtient là un galimatias assez rigolo : Pourquoi est-il intéressant d'étudier l'effet que les effets  produisent  sur le public, et dont les manifestations sont le rire du public et les discours des porte-parole de l'indignation populaire que sont les critiques... Cette esthétique de l'effet implique une exhortation à la recherche, dans les effets eux-même, des effets des effets , des fondements de l'effet des effets - une recherche de ce que l'on pourrait appeler la charge symbolique des effets.
Je m'amuse comme je peux.

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