vendredi 30 octobre 2015

Retour de fortune (brouillon).




Monsieur, 
Commencé un courrier par une image n’est sûrement pas convenu, est-ce efficace ? nous le saurons bientôt. Vous avez certainement reconnu le tableau. Alors, pourquoi un bénéficiaire du RSA vous adresse-t-il ce type de courrier ?
Ne  devrais-je pas d’abord vous remercier des efforts consentis par le département pour me sortir de cette situation. Si bien sûr. Merci.
Ai-je envie de vous faire la leçon sur Impression ? non, bien qu’il existe un doute raisonnable sur ce tableau par beaucoup ignoré. Est-ce vraiment l’oeuvre éponyme du mouvement né en 1874 boulevard des Capucines ? Pas sûr. 
Par contre c’est certain,  Moussorgski ne jouait pas sa célèbre composition réorchestrée par Ravel chez Nadar, et pourtant avec un peu d’imagination ou un iPad vous pouvez l’entendre via cette page capturée ci-dessus (il suffit d’appuyer sur la flèche dans la barre horizontale grise).
C’est peut-être cette page  qui a donné à mon référent l’idée de me pousser à vous écrire, à vous proposer de réaliser un guide hypermédia sur l’Impressionnisme dans les Hauts-de-Seine. 
La Normandie s’est offert un Routard, j’ai voulu faire mieux et plus moderne, personne, ou presque, n’en veut, idem pour Paris. Le livre numérique en France n’a pas la côte, à l’image de l’Impressionnisme en son temps.  Faut-il abandonner pour autant ? 
Quid des Hauts-de-Seine ? La liste est des tableaux peints sur les rives alto-séquanaises est impressionnante mais il en est un par lequel tout à commencé [pictogramme précédant des citations de Monet] :  Ma manière [à Ville d’Avray] s’était accusée, mais elle n’avait rien de révolutionnaire, à tout prendre. J’étais loin d’avoir encore adopté le principe de la division des couleurs qui ameuta contre moi tant de gens, mais je commençais à m’y essayer partiellement et je m’exerçais à des effets de lumière et de couleur qui heurtaient les habitudes reçues. 
Ainsi donc l’Impressionnisme serait né dans notre département, ça vaut certainement un développement, qu’en pensez-vous ?
Un développement certes, mais pourquoi ajouter l’hypermédia  à ce qui semble n’être q’une simple histoire de rapins ? 
Eh bien toutes proportions mises à l’écart, sans oublier la doxa, l’Impressionnisme ne serait il pas si on s’y attarde un peu l’équivalent d’une Renaissance à la française ?
On est d’accord Gennevilliers n’est pas Florence, mais la peinture n’a pas le monopole du mouvement. Il existe une musique  Impressionniste, une littérature aussi et une sculpture, voire un cinéma Impressionniste c’est pourquoi une approche hypermédia s’impose. Elle permet de recréer cette atmosphère de fin d’empire, de début des temps modernes.

Mais sans argent et soutien, j’ai bien peur que pour ce cas un peu délicat sortant des clous, mon référent et moi-même soyons impuissants.

mercredi 28 octobre 2015

Impressionnisme et marché de l'art

L'École, c'est-à-dire l'État, garantissait leur valeur [les tableaux produits par l'art pompier, académique], en garantissant, comme pour une monnaie fiduciaire, la valeur de leur titres et des titres qu'ils décernaient. Elle garantissait aussi la valeur de leurs produits, en leur assurant le quasi monopole du seul marché existant, le Salon.....
Bourdieu Pierre et Marie-Claude. Manuscrit inachevé.

En étant exclu du sytème ou en s'en excluant les Manet, Monet et autres trublions de l'art du 19e siècle initièrent avec l'aide de "marchands de couleurs" de nouvelles bases du marché de l'art.
Chacun essaya, pour vivre, pour peindre ou satisfaire son ego de vendre sa production hors du système.
Le marché refoulait cette production et cette dernière  ne pouvait  se satisfaire d'une vente directe à quelques collectionneurs.
Il fallu attendre Durand-Ruel "héritier" du marchand de Prato pour que les lignes bougent.... hors de France. Le capital, le crédit, c'est risqué, et un sens des affaires hors du commun serviront  à monopoliser et stocker les oeuvres peintes par ces nouveaux artistes en rupture avec l'académisme et héritiers de l'école de Barbizon.
Cette nouvelle approche fit des émules, des aventuriers des temps modernes, des nouveaux  requins. Ils sont légion à cette époque, qui dans l'immobilier, la grande distribution, les chemins de fer, la banque, etc..
Ça semble simple résumé ainsi, mais le prix à payer est parfois exorbitant.
Pour l'Impressionnisme on a des crève-la-faim, des dépressifs, des faillis, une phare, des petits-maîtres et des sans-grades, toute une cohorte de femmes et d'enfants victimes d'une passion.
Au final les USA achèteront en masse, l'Allemagne aussi aime bien, et les stocks s'écouleront.
L'État continuera d'acheter, de refuser d'acheter aussi, mais le privé s'arrogera la part du lion dorénavant, des fortunes vont se bâtir.


  

lundi 26 octobre 2015

Bourdieu, Manet et ses effets

Le Manet de Bourdieu n'est pas un classique de l'histoire de l'art, mais son approche est intéressante, l'oeil neuf apportant forcément un regard neuf sur la chose.
Si d'emblée il rejette un Manet Impressionniste, c'est une erreur insignifiante tant le peintre lui-même s'est défendu de l'être tout en partageant avec Monet et Renoir les même motifs et des effets similaires notamment à Argenteuil.
Avançons.
Page 51 : Pourquoi est-il intéressant d'étudier l'effet que l'oeuvre produit sur le public, et dont les manifestations sont le rire du public et les discours des porte-parole de l'indignation populaire que sont les critiques...Cette esthétique de l'effet implique une exhortation à la recherche, dans l'oeuvre elle même, des effets de l'oeuvre, des fondements de l'effet de l'oeuvre - une recherche de ce que l'on pourrait appeler la charge symbolique de l'oeuvre.
L'oeuvre en question est Le déjeuner sur l'herbe.  Évidemment on peut reprendre les mêmes mots pour Impression de Monet. Pourquoi les rires, pourquoi l'indignation?
Et pousser l'exercice un peu plus loin avec la première série : Les Meules. 
Et c'est là que ça devient drôle, remplacer dans les lignes de Bourdieu le mot oeuvre (trop impersonnel) par celui d'effets, si cher aux impressionnistes.
On obtient là un galimatias assez rigolo : Pourquoi est-il intéressant d'étudier l'effet que les effets  produisent  sur le public, et dont les manifestations sont le rire du public et les discours des porte-parole de l'indignation populaire que sont les critiques... Cette esthétique de l'effet implique une exhortation à la recherche, dans les effets eux-même, des effets des effets , des fondements de l'effet des effets - une recherche de ce que l'on pourrait appeler la charge symbolique des effets.
Je m'amuse comme je peux.

mercredi 14 octobre 2015

Quand Freud ou Michel-Ange se gourent, ou pas. Suite.

En premier lieu excusez-moi. Les textes fournis actuellement sont plutôt mal foutus. Depuis le décès de mon épouse j'ai un mal fou à écrire, à être cohérent, c'est comme ça et je ne sais pas combien de temps encore cela va durer.
J'ai donc corrigé certaines choses sur le billet d'hier et je poursuis tant bien que mal cette réflexion sur l'un des chef-d'oeuvres de  Buonarotti.
Cette sculpture est destinée au tombeau du pape Jules II.
Très vite : Giuliano della Rovere est un aristocrate Italien  tempétueux, animé d'une haine envers son prédécesseur Alexandre VI, on oublie la parenthèse Pie III, et belliqueux ;  ses desseins politiques sont  de reconquérir les territoires de l'Église (voir la fameuse donation Constantin) et de redonner à Rome son primat culturel.
Une ambition démesurée dont la sépulture sera le témoignage... et un poison pour le sculpteur.
Le programme iconographique du tombeau n'est pas choisi au hasard, le Moïse rayonnant c'est Jules II triomphant. Le Moïse en pétard serait un épisode anachronique.
Pour terminer le boulot Moïse doit dresser la Tente et mettre  les Tables à l'abri dans l'Arche d'Alliance : Moïse fit donc tout ce que lui avait ordonné Yahvé. Ainsi fit-il (40.16 et avant).   La mission du fils de la maison de Lévi touche à son terme, il doit se séparer des Tables, d'où ce geste équivoque de la main droite du prophète.
Je ne sais pas pourquoi Freud s'est laissé embarquer dans cette interprétation erronée, à mon avis, je présume que d'autres avant moi se sont penchés sur la question. À vrai dire je n'ai rien lu sur le sujet,  ou alors j'ai oublié. La stature du mec est tellement imposante, difficile de s'y frotter sans s'y bruler les ailes( cf Onfray).
Quand au Moïse de Saint-Pierre-aux-Liens j'y reviendrais un jour, à Rome.  


mardi 13 octobre 2015

Quand Freud ou Michel-Ange se gourent, ou pas.

J'ai repris hier soir la lecture de l'Exode : Quand Moïse descendit du mont Sinaï, Moïse avait en sa main les deux tables du Témoignage ...
N'étant encore jamais allé à Rome je ne me suis pas réellement penché  sur le Moïse de Michel-Ange, mais comme amateur de Freud j'ai lu son article  (1914) sur cette célèbre sculpture et son interprétation.
Le psychanalyste analyse la fameuse scène des tables brisées par Moïse quand son peuple abandonne Yahvé pour un veau d'or : Lors donc qu'il approcha du camp et qu'il aperçut le veau et les danses, la colère de Moïse s'enflamma, il jeta les tables de ses mains et les brisa au pied de la montagne.(32.19).
Y a de quoi être en pétard ;-)



La première question venant à l'esprit de tout inculte que nous sommes  en voyant l'oeuvre du maître de la pierre vive est : Pourquoi Moïse porte-t-il des cornes ?
L'explication est donnée plus loin (34.29) : Quand Moïse descendit du Mont Sinaï (pour la seconde fois), Moïse avait en sa main les deux tables du témoignage (les nouvelles tables), tandis qu'il descendait de la montagne, et Moïse ne savait pas que la peau de son visage rayonnait d'avoir parlé avec Lui.
Hors dans le texte original le rayonnement du visage est exprimé par le verbe qâran "pousser une corne" et à été traduit ainsi dans la Vulgate ignorahat quod cornuta esse faciès sua, d'où cette représentation occidental de Moïse coiffé de cornes.
C'est maintenant que le bât blesse, le visage de Moïse ne rayonne pas lors de sa première descente du Sinaï (32.19), il n'est pas cornu à cet instant mais en pétard et Freud aurait dû relever cette incohérence.
Alors toute sa belle théorie se casse-t-elle la gueule en achoppant sur une paire de cornes ? ou bien Michel-Ange s'est-il laissé allé à la simplicité ? Ce n'est pas son genre.
Sigmund est un peu coutumier du fait. Dans son ouvrage sur Léonard de Vinci (1910), Un souvenir d'enfance de ...., il s'appuie aussi sur une erreur de traduction d'un mot pour échafauder une superbe théorie à propos d'un songe de  Léonard. Nibbio est traduit par vautour dans un texte lui servant de matériel  et non milan (cf LDV en Toscane par exemple).
C'est gênant, non ?



samedi 10 octobre 2015

Les premières pièces du dossier ;-)

Deux captures d'écrans d'un Guides MAF avec les deux tableaux,  les premières explications du pourquoi.
Pourquoi  celui reconnu comme l'éponyme du mouvement Impressionniste ne l'est sûrement pas avec une copie de l'article de Maurice Guillemot paru dans la Revue Illustrée le 15/03/1898 par où tout commence.
Este-ce si important ?
Parlons gros sous. 
Imaginons une vente du tableau aujourd'hui en mains privées, en fait il appartient au Getty Muséum, mais imaginons, avec comme argument massue du commissaire priseur : Mesdames, Messieurs ce tableau est à l'origine de tout.... ou sans cet argument.
Imaginons aussi la tête du président du Musée Marmottan-Monet : Changement de programme boss "votre oeuvre" est à l'origine de rien.
Imaginons tous les parutions  qui depuis des années et des décennies nous induisent en erreur, comment corriger celle-ci ?
Sur Wikipédia, facile, à condition que le grand tribunal de l'inquisition wikipédienne y consente.
Pour les livres papiers c'est un peu plus délicat, certains y verront l'opportunité d'une nouvelle édition, d'autres un truc emmerdant remisant l'ouvrage sur les rayons des soldeurs.
Pour les Guides MAF, facile, il ne faut pas plus que 24 heures, car moi aussi j'ai cru que, jusqu'à....








Lequel de ces deux tableaux est-il l'éponyme du célèbre mouvement né à ‪#‎Paris‬, au ‪#‎Havre‬, à Ville d'array, à Argenteuil ? Il existe un doute raisonnable, sur le tableau accroché à Marmottan,  émis par l'école américaine et peu relayé en France.



samedi 3 octobre 2015

Mais pas tous....

Ville D'avray 1867, un lieu, une date et la naissance de l'Impressionnisme. Vous avez le droit de ne pas être d'accord mais il va falloir sérieusement argumenter.
2015, annus horibilis, une rencontre quand même.
La librairie Mille Feuilles sur les terres de Corot ;  une femme libre de faire,  un livre hypermédia et une approche hors du commun.
L'e-book hypermédia est une niche, et encore. Son auteur est plutôt traité comme un chien, normal, comme un clown, pourquoi pas, je m'en tape aujourd'hui., mais parfois une exception.
La libraire  met à la disposition du clown ses outils :  un local, ses tables et ses rayons, son sourire et son savoir mais ça ne suffit pas.
Elle les connaît les  Dagovéraniens, drôle de nom n'est-ce pas ?
Pour les initier à une histoire peu connue, celle d'une approche qui va marquer l'histoire de l'art, il faut se creuser un peu la tête, attirer l'attention et  brosser dans le sens du poil : Ville d'Avray the place to be, aujourd'hui comme hier.
Vasari, le père de l'histoire de l'art, disait qu'il existait dans l'air de Florence quelque chose expliquant le pourquoi d'une créativité exceptionnelle, c'est peut-être vrai aussi pour cette petite ville qui laisse dire et faire, laisse passer le temps et les bagnoles vers l'ouest.
Les côtes du parc de Saint-Cloud ont une vertu, quand à vélo vous êtes, elles vous dégagent l'esprit de vos tourments, pour un temps, et l'espace ainsi libéré peut se meubler d'idées nouvelles : faire un chapitre spécial, une édition spéciale,  non mieux une édition exclusive, une nouvelle couverture et là tout s'enchaine.
Les Femmes au jardin, une nouvelle manière de peindre, le chemin des Closeaux, Kuniyoshi, la connasse de la RMN qui ne veut pas vous référencer, l'Ukyio-e, le Petit Palais.
Mille Feuilles  proposera donc une édition exclusive de Paris naissance de l'Impressionnisme et l'idée de germer : Une édition exclusive pour chaque point de vente ayant les couilles.
C'est facile avec le numérique, il faut juste avoir une connaissance spécifique aux lieux, du contenu, le reste c'est du glisser poser, du découper, coller, du upload et un peu de temps.















Quand les libraires s'en branlent... mais pas tous

Conversation hier avec la directrice d'une grosse librairie parisienne. Son refus de prendre, pour l'instant, Paris Motifs et Effets Impressionnistes, est dicté par des règles. Epub3 n'étant pas supporté par sa plate-forme de diffusion numérique, rejet d'une solution alternative. Je veux bien comprendre même si...., mais là où ça dérape c'est quand elle utilise une comparaison pour justifier son refus : On a des règles, pas de compte d'auteur non plus !
Compte d'auteur, c'est l'auto-édité du papier, le mec qui fait le succès d'Amazon par exemple. Le compte d'auteur c'est Proust et Du côté de chez Swan. Marcel se pointe lui propose son ouvrage, c'est niet, hallucinant.
Alors quand dans le métro je suis revenu entre moi et moi sur cette conversation une petite voix m'a dit : le contenu ils s'en foutent, le lecteur ils s'en branlent (notez le glissement du elle (la directrice) aux ils (les libraires), ils vendent du papier c'est tout...La taille sûrement, un loyer, des salariés, un stock...il faut débiter.