vendredi 1 mai 2015

Medardo ROSSO sculpteur Impressionniste



La lumière étant l' essence me me de notre existence réelle, une oeuvre d'art qui ne tient compte de la lumière n'a pas le droit d'exister. Sans lumière, unité et ampleur font défaut - l'oeuvre est condamnée au petit, au misérable, mal conçue, s'appuyant nécessairement sur la matière.
Rien en ce monde ne peut être séparé de son environnement, et notre vision - nos impressions, si vous préférez ce terme - ne peuvent être que le résultat des valeurs et des relations mutuelles données par la lumière, et doivent avoir la tonalité dominante que l'on saisit en un regard.
II y a un autre point dont on n'a jamais parle et qui, pourtant, est d'une très grande importance: au premier moment d'un regard spontanément porte a un objet naturel, nous éprouvons un déplacement de tonalités, un élargissement de la chose devant nos yeux, devant notre esprit - un effet qui change après ce premier moment. La raison en est qu'après ce premier éclair nos yeux, notre esprit reviennent a leurs habitudes de paresse et donc détruisent ce premier moment de vie authentique, de vision complète, durant lequel nous éprouvons une transposition des valeurs qui, bien que matériellement au premier plan, semblent refoulées, et vice-versa. Mais bien que tout cela soit nettement marque au premier instant, il est néanmoins vrai que cela reste visible ensuite à tout moment.

La couleur de la sculpture

La vérité visuelle réelle de toute chose qui rencontre notre regard dans la nature ne peut nous frapper pleinement que dans ce bref instant où la vision nous saisit, comme une surprise - c'est-a-dire avant que notre intellect, notre connaissance de la forme matérielle des objets, aient eu le temps d'entrer en jeu et de contrecarrer et détruire cette première impression. La vérité de la première impression, chargée qu'elle est de poésie, suggestive, n'est-elle pas infiniment plus signifiante que l'autre vérité fondée sur l'accumulation d'une connaissance de faits bruts ? L'art est un langage émotionnel ; et la précision mathématique ne se prête pas à l'expression de nos émotions.
Nous avons donc devant nous une perspective de couleur complètement différente de l'autre perspective traditionnelle et platement matérielle ; et je proclame que nous ne devons pas suivre, nous n'en avons aucun besoin, la méthode des célébrités répertoriées qui ont mesure, et continuent à mesurer, le premier et le second plan, et suivent les réalités matérielles de la forme.
II n'y a plus besoin de tourner autour d'une oeuvre en argile, ou en bois, ou en bronze, ou en marbre que de  tourner autour d'une peinture sur toile; et conçue ainsi, une sculpture sera infiniment suggestive, intimement vivante, homogène et magnifique....

Extrait : La Sculpture Impressionniste

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