dimanche 8 février 2015

La Côte d'Albâtre en oubli des Impressionnistes.



Saint-Aubin sur mer au sud de Dieppe.  La petite station balnéaire n’a rien d’affriolant.
C’est un spot pour le kite surf paraît-il ; les marin-pêcheurs offrent un excellent poisson, si tôt le matin vous allez sur la jetée encore sous la garde d’un blockhaus. Enlaidir un paysage,  rien de plus facile. Vous plantez un camping et ses incontournables mobiles homes, un immense parking quasi désert toute l’année, une friterie abandonnée, un château sans style et des cabines de bains sans âmes. 
Le charme de cette station réside dans sa désolation, c’est un paradoxe difficilement acceptable. 
On n’est pas très loin des hauts lieux de l’Impressionnisme. Au Nord Pourville, Varengeville, Dieppe, Berneval et les motifs de Monet, Pissarro et Renoir. Excusez du peu. Une génération d’artistes comparables aux Florentins de la Renaissance. Je ne suis pas sûr que l’on en soit complètement conscients.  Camille n’est pas Français mais Degas et Berthe le sont, et tout ce beau monde de rivaliser avec Léonard et Michel-Ange, Botticelli et les Lippi.
Evidemment aucune ville musée sur le littorale de la côte d’Albâtre n’est à la hauteur de Florence, de Pise ou Sienne. Le Havre peut-être un jour, quand le béton sera devenu un matériau noble.
La main de l’homme est plutôt restée stérile face à la nature, en ces endroits. Eriger un ou plusieurs monuments pour  se frotter aux falaises, à la mer : difficile, pari perdu d’avance pour l’architecture. il faut allé en terre.
La peinture et la poésie ont trouvé là une source d’inspiration inépuisable… et aujourd’hui tout le monde s’en fout. 
Nos compatriotes s’ingénient à oublier  le beau, pour vénérer le laid, le vulgaire, laissant aux touristes étrangers le soin de prolonger le souvenir des hommes illustres. 
Les yankees ont non seulement raflé la mise aux temps de leur vivant mais ils continuent de les honorer en se déplaçant sur les lieux mêmes où le génie des uns et des autres s’est épanoui.
Berneval et Saint-Martin en Campagne laissent mourir le souvenir de Pissarro et Renoir. 
Dieppe est fière seulement de ses harengs et cerfs-volants. Bientôt le Pollet écrira seul l’histoire de la ville, c’est la revanche des gueux. C’est loin d’être injuste. 
Pourville et Varengeville se sont endormies. Seule l’église garde intact l’impression de Claude Oscar. La bourgeoisie édifie de belles maisons et s’assoupit.
Au Sud de Saint-Aubin, Étretat préfère Leblanc et Offenbach  à Monet et Corot. J’aime bien Lupin, j’aime bien Orphé aux Enfers mais c’est par trop accessible, trop flatteur pour envoyer le peintres aux limbes.

Le Havre, comme Rouen, est peut-être plus encline a conserver une trace des temps ou Auguste Perret venait au monde. Ce dernier tiens le haut du pavé. Ce n’est pas immérité, mais pourquoi un musée Malraux et non un musée de l’Impressionnisme ou Monet ?

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