lundi 7 décembre 2015

N°98 VS N°146 (brouillon)


N° 98 VS 146

Impression soleil levant; peinte par Monet en 1872 sur les quais du Havre, aujourd’hui aux cimaises du musée Marmottan, est-elle l’oeuvre éponyme du mouvement initié par Monet ?
Se poser la question serait presque indécent, pourtant, est-ce l’apanage des grands tableaux ? en y regardant de plus près, les choses ne sont pas si claires, il existe un doute raisonnable.
Entendons-nous bien, il ne s’agit pas de savoir si nous sommes face à un soleil levant ou couchant, quoique, ni de remettre en cause une attribution à Monet d’un des plus célèbres tableaux du monde ; non notre questionnement porte sur « l’éponymie ».

Quelle que soit la discipline artistique, littérature peinture, musique, sculpture voire cinéma, chaque auteur abordant le mouvement impressionniste cite « un » tableau présenté pour la première fois au mois d’avril 1874 boulevard des Capucines à Paris. 
Comme tout un chacun, il reprend  l’article titré par Louis Leroy le 25 avril 1874 dans Le Charivari : « L'école des impressionnistes ». Le titre a fait mouche, et pour se gausser, le journaliste imagine un dialogue avec un paysagiste l’accompagnant à l’expo : - Ah ! Le voilà, le voilà ! Que représente cette toile ? Voyez au livret.  
  • Impression, soleil levant. 
  • Impression, j'en étais sûr. Je me disais aussi, puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l'impression là-dedans... 
Leroy n’imagine pas la portée de ces quelques mots, ni Monet d’ailleurs. Mis à part le titre, personne ne s’attarde sur la description de la marine. 
Le chemin est encore long pour les « Intransigeants », une poignée d’artistes en rupture avec l’art pompier, avec les instances étatiques. 
Le 11 avril 1894, soit huit ans après la dernière manifestation Impressionniste, Gustave Geffroy, revient sur l’évènement et introduit pour la première fois un élément déterminant dans son Histoire de l’impressionnisme : C’est Monet qui a fourni l'enseigne sans le vouloir en exposant une ébauche (aujourd'hui dans la collection de Bellio) sous le titre d'Impression, un lever de soleil sur l’eau. Quelqu'un prit le mot, le jeta aux nouveaux venus qui l'acceptèrent, comme autrefois, les Jacques, les Gueux acceptèrent les désignations de leurs ennemis.
Cette référence au second propriétaire, le premier est Ernest Hoschedé dont la femme sera la maîtresse puis l’épouse de Monet, pourrait dissiper le brouillard entourant l’oeuvre éponyme. Le tableau en question est catalogué lors de la quatrième exposition Impressionniste en 1879 : N° 146. Effet de brouillard, impression. Appartenant à M. de Bellio.
Ni Geffroy, ni ses suiveurs ne sont très regardant sur le titre. Ce numéro 146, est-il vraiment le N° 98 : Impression, Soleil Levant, présenté en 1874 ?
Deux titres pour une même oeuvre, deux présentations au public à quatre ans d’intervalle. Personne ne tilte. La chose s’explique : qui a vraiment évalué l’impact de cette vue du Havre sur l’histoire des arts ? 
Le titre, d’ailleurs, n’est pas entièrement le fait du peintre :  On me demande [il s’agit d’Edmond Renoir , le frère d’Auguste] le  titre pour le catalogue... je répondis : Mettez « Impression ».
On ne sait qui trouve ce titre trop court et le complète pour  (E. Renoir ?) : Impression Soleil Levant
Pour sa part, Durand-Ruel, celui par lequel le marché de l’art va devenir un business lucratif et parfois risqué, le premier soutien financier de cette bande de rapins, avec les instances étatiques, se souvient dans ses Mémoires : d’un Soleil couchant.  Ernest Chesneau, un journaliste, quoiqu’il en dise, s’arrête devant une : Impression (soleil levant sur la Tamise).
Visiblement les visiteurs de cette manifestation n’ont pas tous vu la même chose, il faudrait donc s’en remettre à ceux qui n’étaient pas présents, à l’instar de Geffroy ? 
On peut comprendre pourquoi les contemporains d’une troisième république naissante n’accordent pas beaucoup d’importance à cette oeuvre  fondatrice, la cécité et surdité de nos contemporains est plus difficilement compréhensibles.
Personne ne percute quand Monet lui-même décrit, en 1898, le N° 98 :   J’avais envoyé une chose faite au Havre, de ma fenêtre, du soleil dans la buée et au premier plan quelques mâts de navires pointant... 
Au premier plan quelques mâts de navires pointant... et non une barque menée à la godille. Un premier plan bouleversant la donne, si l’on accorde quelques crédits aux dires  de son créateur.
Il est possible, évidemment,  d’invoquer un faux témoignage, un souvenir erroné da la part de l’auteur et du  journaliste, Maurice Guillemot, mais l’argumentation vaut aussi pour Geffroy. 
En 1890 ce dernier attribue aux Nymphéas cette correspondance de Monet :  J’ai repris encore des choses impossibles à faire : de l’eau avec de l’herbe qui ondule autour. 
Hors en ces temps Monet est sur autre motif, sur d’autres effets, comme l’atteste son beau-fils J.-P. Hoschedé, membre de la « tribu de Giverny » : Monet, à cette  époque peignit sur l’Epte dont l’eau est vive et transparente un motif présentant mes soeurs en canot, et, dans cette eau, la peinture de Monet montre de nombreuses herbes aquatiques en un perpétuel mouvement ondoyant. 
Certes Geoffroy est un intime, s’il n’est pas des premiers fans, il est loin d’être  le dernier, et comme tous les fans sont esprit critique est parfois pris en défaut. En 1920 le maître de Giverny soulignera encore   quelques petites erreurs dans une étude écrite pour L’art et les Artistes.
Alors quelle tête a-t-il ce fameux tableau  N° 98 avec Au premier plan quelques mâts de navires pointant…
La réponse par l’image  :



Et où se trouve-t-il en ce moment ? 
Après avoir appartenu à la famille Rouart, comme de nombreux tableaux impressionnistes la toile est allée rejoindre les cimaises d’un musée américain : Le Getty Museum de Los Angeles.
Vous pouvez ne pas être convaincu, après tout qui suis-je ? Un auteur de guides hypermédiarts. Un auteur sans notoriété, à la recherche de cette dernière…. ce n’est pas faux. Mais je ne suis pas le premier à remettre en doute l’éponymie du N°146. 
Avant moi, John Rewald, le premier, avait relevé dans son maître  ouvrage The Hystory of Impressionism (4e édition de 1973), cette incohérence entre la description faite par Monet et la toile proposée comme source du mouvement initié par Monet. Il ajoute un autre argument : jamais Monet ne double la présentation d’un tableau lors des expositions dites impressionnistes auxquelles il participe.
Si je ne suis pas le premier, je ne suis pas le seul non plus. On se bouge aussi de l’autre côté de l’Atlantique, où l’Impressionnisme est bien plus prisé que chez nous, pour établir un doute raisonnable sur l’oeuvre accrochée aux murs de Marmottan. 

Alors quelle importance accorder au « mystère de l’oeuvre éponyme » ? après tout Monet n’en fait pas toute une histoire. À l’aube du vingtième siècle il est sûrement difficile de mesurer l‘ampleur et l’importance d’un mouvement artistique débordant du cadre de la peinture, affolant les enchères et déplaçant des millions de gens  vers les lieux emblématiques de cette nouvelle manière de peindre née.... à Ville d’Avray en 1867. Pourquoi Ville d’Avray et pas le Havre ?  Pourquoi le Havre et pas Argenteuil ou le boulevard des Capucines ?  


N°98 le 15/04/1874

N° 98
le 15/04/
1874

samedi 21 novembre 2015

Prout Marcel lecteur des Guides MAF

Je dois dire que, quand il aimait Monet, vous auriez pu lui dire qu'il y avait près de là un admirable Rembrandt, un sublime Raphaël, il ne se serait pas dérangé, tandis que si vous, aviez pu lui dire la rivière où Monet avait fait telle esquisse, il l'aurait longée tout entière aux heures incommodes où Monet peignait, pour tâcher de retrouver le lieu, pour mieux comprendre ce qu'il y a de réel dans une toile de Monet, ou plutôt peut-être ce qui dans la rivière est si intéressant, si réel que son expression soit un précieux chef-d'oeuvre, pour que l'on saisisse mieux la pensée de Monet en voyant ce qui la motivait et qu'on sente ce qui l'inclinait à l'inspiration, quels étaient les éléments  dont il avait besoin pour trouver le problème.

Jean Santeuil Fragments divers

Voilà tout est dit.

vendredi 13 novembre 2015

Wings, Rodin.... c'est plutôt classique


Travailler en écoutant Let'Em In, plutôt classique, reposant.

dimanche 8 novembre 2015

Un doute raisonnable car documenté



Lequel de ces deux tableaux est l'éponyme du mouvement initié par Monet ? 

Pour la majorité des gens il s'agit de celui du haut. 

Et s'ils se trompaient ?


vendredi 30 octobre 2015

Retour de fortune (brouillon).




Monsieur, 
Commencé un courrier par une image n’est sûrement pas convenu, est-ce efficace ? nous le saurons bientôt. Vous avez certainement reconnu le tableau. Alors, pourquoi un bénéficiaire du RSA vous adresse-t-il ce type de courrier ?
Ne  devrais-je pas d’abord vous remercier des efforts consentis par le département pour me sortir de cette situation. Si bien sûr. Merci.
Ai-je envie de vous faire la leçon sur Impression ? non, bien qu’il existe un doute raisonnable sur ce tableau par beaucoup ignoré. Est-ce vraiment l’oeuvre éponyme du mouvement né en 1874 boulevard des Capucines ? Pas sûr. 
Par contre c’est certain,  Moussorgski ne jouait pas sa célèbre composition réorchestrée par Ravel chez Nadar, et pourtant avec un peu d’imagination ou un iPad vous pouvez l’entendre via cette page capturée ci-dessus (il suffit d’appuyer sur la flèche dans la barre horizontale grise).
C’est peut-être cette page  qui a donné à mon référent l’idée de me pousser à vous écrire, à vous proposer de réaliser un guide hypermédia sur l’Impressionnisme dans les Hauts-de-Seine. 
La Normandie s’est offert un Routard, j’ai voulu faire mieux et plus moderne, personne, ou presque, n’en veut, idem pour Paris. Le livre numérique en France n’a pas la côte, à l’image de l’Impressionnisme en son temps.  Faut-il abandonner pour autant ? 
Quid des Hauts-de-Seine ? La liste est des tableaux peints sur les rives alto-séquanaises est impressionnante mais il en est un par lequel tout à commencé [pictogramme précédant des citations de Monet] :  Ma manière [à Ville d’Avray] s’était accusée, mais elle n’avait rien de révolutionnaire, à tout prendre. J’étais loin d’avoir encore adopté le principe de la division des couleurs qui ameuta contre moi tant de gens, mais je commençais à m’y essayer partiellement et je m’exerçais à des effets de lumière et de couleur qui heurtaient les habitudes reçues. 
Ainsi donc l’Impressionnisme serait né dans notre département, ça vaut certainement un développement, qu’en pensez-vous ?
Un développement certes, mais pourquoi ajouter l’hypermédia  à ce qui semble n’être q’une simple histoire de rapins ? 
Eh bien toutes proportions mises à l’écart, sans oublier la doxa, l’Impressionnisme ne serait il pas si on s’y attarde un peu l’équivalent d’une Renaissance à la française ?
On est d’accord Gennevilliers n’est pas Florence, mais la peinture n’a pas le monopole du mouvement. Il existe une musique  Impressionniste, une littérature aussi et une sculpture, voire un cinéma Impressionniste c’est pourquoi une approche hypermédia s’impose. Elle permet de recréer cette atmosphère de fin d’empire, de début des temps modernes.

Mais sans argent et soutien, j’ai bien peur que pour ce cas un peu délicat sortant des clous, mon référent et moi-même soyons impuissants.

mercredi 28 octobre 2015

Impressionnisme et marché de l'art

L'École, c'est-à-dire l'État, garantissait leur valeur [les tableaux produits par l'art pompier, académique], en garantissant, comme pour une monnaie fiduciaire, la valeur de leur titres et des titres qu'ils décernaient. Elle garantissait aussi la valeur de leurs produits, en leur assurant le quasi monopole du seul marché existant, le Salon.....
Bourdieu Pierre et Marie-Claude. Manuscrit inachevé.

En étant exclu du sytème ou en s'en excluant les Manet, Monet et autres trublions de l'art du 19e siècle initièrent avec l'aide de "marchands de couleurs" de nouvelles bases du marché de l'art.
Chacun essaya, pour vivre, pour peindre ou satisfaire son ego de vendre sa production hors du système.
Le marché refoulait cette production et cette dernière  ne pouvait  se satisfaire d'une vente directe à quelques collectionneurs.
Il fallu attendre Durand-Ruel "héritier" du marchand de Prato pour que les lignes bougent.... hors de France. Le capital, le crédit, c'est risqué, et un sens des affaires hors du commun serviront  à monopoliser et stocker les oeuvres peintes par ces nouveaux artistes en rupture avec l'académisme et héritiers de l'école de Barbizon.
Cette nouvelle approche fit des émules, des aventuriers des temps modernes, des nouveaux  requins. Ils sont légion à cette époque, qui dans l'immobilier, la grande distribution, les chemins de fer, la banque, etc..
Ça semble simple résumé ainsi, mais le prix à payer est parfois exorbitant.
Pour l'Impressionnisme on a des crève-la-faim, des dépressifs, des faillis, une phare, des petits-maîtres et des sans-grades, toute une cohorte de femmes et d'enfants victimes d'une passion.
Au final les USA achèteront en masse, l'Allemagne aussi aime bien, et les stocks s'écouleront.
L'État continuera d'acheter, de refuser d'acheter aussi, mais le privé s'arrogera la part du lion dorénavant, des fortunes vont se bâtir.


  

lundi 26 octobre 2015

Bourdieu, Manet et ses effets

Le Manet de Bourdieu n'est pas un classique de l'histoire de l'art, mais son approche est intéressante, l'oeil neuf apportant forcément un regard neuf sur la chose.
Si d'emblée il rejette un Manet Impressionniste, c'est une erreur insignifiante tant le peintre lui-même s'est défendu de l'être tout en partageant avec Monet et Renoir les même motifs et des effets similaires notamment à Argenteuil.
Avançons.
Page 51 : Pourquoi est-il intéressant d'étudier l'effet que l'oeuvre produit sur le public, et dont les manifestations sont le rire du public et les discours des porte-parole de l'indignation populaire que sont les critiques...Cette esthétique de l'effet implique une exhortation à la recherche, dans l'oeuvre elle même, des effets de l'oeuvre, des fondements de l'effet de l'oeuvre - une recherche de ce que l'on pourrait appeler la charge symbolique de l'oeuvre.
L'oeuvre en question est Le déjeuner sur l'herbe.  Évidemment on peut reprendre les mêmes mots pour Impression de Monet. Pourquoi les rires, pourquoi l'indignation?
Et pousser l'exercice un peu plus loin avec la première série : Les Meules. 
Et c'est là que ça devient drôle, remplacer dans les lignes de Bourdieu le mot oeuvre (trop impersonnel) par celui d'effets, si cher aux impressionnistes.
On obtient là un galimatias assez rigolo : Pourquoi est-il intéressant d'étudier l'effet que les effets  produisent  sur le public, et dont les manifestations sont le rire du public et les discours des porte-parole de l'indignation populaire que sont les critiques... Cette esthétique de l'effet implique une exhortation à la recherche, dans les effets eux-même, des effets des effets , des fondements de l'effet des effets - une recherche de ce que l'on pourrait appeler la charge symbolique des effets.
Je m'amuse comme je peux.

mercredi 14 octobre 2015

Quand Freud ou Michel-Ange se gourent, ou pas. Suite.

En premier lieu excusez-moi. Les textes fournis actuellement sont plutôt mal foutus. Depuis le décès de mon épouse j'ai un mal fou à écrire, à être cohérent, c'est comme ça et je ne sais pas combien de temps encore cela va durer.
J'ai donc corrigé certaines choses sur le billet d'hier et je poursuis tant bien que mal cette réflexion sur l'un des chef-d'oeuvres de  Buonarotti.
Cette sculpture est destinée au tombeau du pape Jules II.
Très vite : Giuliano della Rovere est un aristocrate Italien  tempétueux, animé d'une haine envers son prédécesseur Alexandre VI, on oublie la parenthèse Pie III, et belliqueux ;  ses desseins politiques sont  de reconquérir les territoires de l'Église (voir la fameuse donation Constantin) et de redonner à Rome son primat culturel.
Une ambition démesurée dont la sépulture sera le témoignage... et un poison pour le sculpteur.
Le programme iconographique du tombeau n'est pas choisi au hasard, le Moïse rayonnant c'est Jules II triomphant. Le Moïse en pétard serait un épisode anachronique.
Pour terminer le boulot Moïse doit dresser la Tente et mettre  les Tables à l'abri dans l'Arche d'Alliance : Moïse fit donc tout ce que lui avait ordonné Yahvé. Ainsi fit-il (40.16 et avant).   La mission du fils de la maison de Lévi touche à son terme, il doit se séparer des Tables, d'où ce geste équivoque de la main droite du prophète.
Je ne sais pas pourquoi Freud s'est laissé embarquer dans cette interprétation erronée, à mon avis, je présume que d'autres avant moi se sont penchés sur la question. À vrai dire je n'ai rien lu sur le sujet,  ou alors j'ai oublié. La stature du mec est tellement imposante, difficile de s'y frotter sans s'y bruler les ailes( cf Onfray).
Quand au Moïse de Saint-Pierre-aux-Liens j'y reviendrais un jour, à Rome.  


mardi 13 octobre 2015

Quand Freud ou Michel-Ange se gourent, ou pas.

J'ai repris hier soir la lecture de l'Exode : Quand Moïse descendit du mont Sinaï, Moïse avait en sa main les deux tables du Témoignage ...
N'étant encore jamais allé à Rome je ne me suis pas réellement penché  sur le Moïse de Michel-Ange, mais comme amateur de Freud j'ai lu son article  (1914) sur cette célèbre sculpture et son interprétation.
Le psychanalyste analyse la fameuse scène des tables brisées par Moïse quand son peuple abandonne Yahvé pour un veau d'or : Lors donc qu'il approcha du camp et qu'il aperçut le veau et les danses, la colère de Moïse s'enflamma, il jeta les tables de ses mains et les brisa au pied de la montagne.(32.19).
Y a de quoi être en pétard ;-)



La première question venant à l'esprit de tout inculte que nous sommes  en voyant l'oeuvre du maître de la pierre vive est : Pourquoi Moïse porte-t-il des cornes ?
L'explication est donnée plus loin (34.29) : Quand Moïse descendit du Mont Sinaï (pour la seconde fois), Moïse avait en sa main les deux tables du témoignage (les nouvelles tables), tandis qu'il descendait de la montagne, et Moïse ne savait pas que la peau de son visage rayonnait d'avoir parlé avec Lui.
Hors dans le texte original le rayonnement du visage est exprimé par le verbe qâran "pousser une corne" et à été traduit ainsi dans la Vulgate ignorahat quod cornuta esse faciès sua, d'où cette représentation occidental de Moïse coiffé de cornes.
C'est maintenant que le bât blesse, le visage de Moïse ne rayonne pas lors de sa première descente du Sinaï (32.19), il n'est pas cornu à cet instant mais en pétard et Freud aurait dû relever cette incohérence.
Alors toute sa belle théorie se casse-t-elle la gueule en achoppant sur une paire de cornes ? ou bien Michel-Ange s'est-il laissé allé à la simplicité ? Ce n'est pas son genre.
Sigmund est un peu coutumier du fait. Dans son ouvrage sur Léonard de Vinci (1910), Un souvenir d'enfance de ...., il s'appuie aussi sur une erreur de traduction d'un mot pour échafauder une superbe théorie à propos d'un songe de  Léonard. Nibbio est traduit par vautour dans un texte lui servant de matériel  et non milan (cf LDV en Toscane par exemple).
C'est gênant, non ?



samedi 10 octobre 2015

Les premières pièces du dossier ;-)

Deux captures d'écrans d'un Guides MAF avec les deux tableaux,  les premières explications du pourquoi.
Pourquoi  celui reconnu comme l'éponyme du mouvement Impressionniste ne l'est sûrement pas avec une copie de l'article de Maurice Guillemot paru dans la Revue Illustrée le 15/03/1898 par où tout commence.
Este-ce si important ?
Parlons gros sous. 
Imaginons une vente du tableau aujourd'hui en mains privées, en fait il appartient au Getty Muséum, mais imaginons, avec comme argument massue du commissaire priseur : Mesdames, Messieurs ce tableau est à l'origine de tout.... ou sans cet argument.
Imaginons aussi la tête du président du Musée Marmottan-Monet : Changement de programme boss "votre oeuvre" est à l'origine de rien.
Imaginons tous les parutions  qui depuis des années et des décennies nous induisent en erreur, comment corriger celle-ci ?
Sur Wikipédia, facile, à condition que le grand tribunal de l'inquisition wikipédienne y consente.
Pour les livres papiers c'est un peu plus délicat, certains y verront l'opportunité d'une nouvelle édition, d'autres un truc emmerdant remisant l'ouvrage sur les rayons des soldeurs.
Pour les Guides MAF, facile, il ne faut pas plus que 24 heures, car moi aussi j'ai cru que, jusqu'à....








Lequel de ces deux tableaux est-il l'éponyme du célèbre mouvement né à ‪#‎Paris‬, au ‪#‎Havre‬, à Ville d'array, à Argenteuil ? Il existe un doute raisonnable, sur le tableau accroché à Marmottan,  émis par l'école américaine et peu relayé en France.



samedi 3 octobre 2015

Mais pas tous....

Ville D'avray 1867, un lieu, une date et la naissance de l'Impressionnisme. Vous avez le droit de ne pas être d'accord mais il va falloir sérieusement argumenter.
2015, annus horibilis, une rencontre quand même.
La librairie Mille Feuilles sur les terres de Corot ;  une femme libre de faire,  un livre hypermédia et une approche hors du commun.
L'e-book hypermédia est une niche, et encore. Son auteur est plutôt traité comme un chien, normal, comme un clown, pourquoi pas, je m'en tape aujourd'hui., mais parfois une exception.
La libraire  met à la disposition du clown ses outils :  un local, ses tables et ses rayons, son sourire et son savoir mais ça ne suffit pas.
Elle les connaît les  Dagovéraniens, drôle de nom n'est-ce pas ?
Pour les initier à une histoire peu connue, celle d'une approche qui va marquer l'histoire de l'art, il faut se creuser un peu la tête, attirer l'attention et  brosser dans le sens du poil : Ville d'Avray the place to be, aujourd'hui comme hier.
Vasari, le père de l'histoire de l'art, disait qu'il existait dans l'air de Florence quelque chose expliquant le pourquoi d'une créativité exceptionnelle, c'est peut-être vrai aussi pour cette petite ville qui laisse dire et faire, laisse passer le temps et les bagnoles vers l'ouest.
Les côtes du parc de Saint-Cloud ont une vertu, quand à vélo vous êtes, elles vous dégagent l'esprit de vos tourments, pour un temps, et l'espace ainsi libéré peut se meubler d'idées nouvelles : faire un chapitre spécial, une édition spéciale,  non mieux une édition exclusive, une nouvelle couverture et là tout s'enchaine.
Les Femmes au jardin, une nouvelle manière de peindre, le chemin des Closeaux, Kuniyoshi, la connasse de la RMN qui ne veut pas vous référencer, l'Ukyio-e, le Petit Palais.
Mille Feuilles  proposera donc une édition exclusive de Paris naissance de l'Impressionnisme et l'idée de germer : Une édition exclusive pour chaque point de vente ayant les couilles.
C'est facile avec le numérique, il faut juste avoir une connaissance spécifique aux lieux, du contenu, le reste c'est du glisser poser, du découper, coller, du upload et un peu de temps.















Quand les libraires s'en branlent... mais pas tous

Conversation hier avec la directrice d'une grosse librairie parisienne. Son refus de prendre, pour l'instant, Paris Motifs et Effets Impressionnistes, est dicté par des règles. Epub3 n'étant pas supporté par sa plate-forme de diffusion numérique, rejet d'une solution alternative. Je veux bien comprendre même si...., mais là où ça dérape c'est quand elle utilise une comparaison pour justifier son refus : On a des règles, pas de compte d'auteur non plus !
Compte d'auteur, c'est l'auto-édité du papier, le mec qui fait le succès d'Amazon par exemple. Le compte d'auteur c'est Proust et Du côté de chez Swan. Marcel se pointe lui propose son ouvrage, c'est niet, hallucinant.
Alors quand dans le métro je suis revenu entre moi et moi sur cette conversation une petite voix m'a dit : le contenu ils s'en foutent, le lecteur ils s'en branlent (notez le glissement du elle (la directrice) aux ils (les libraires), ils vendent du papier c'est tout...La taille sûrement, un loyer, des salariés, un stock...il faut débiter.

dimanche 13 septembre 2015

Être de son temps

 Il y a deux cents ans j’aurais peint des Suzanne au bain ; et je peins des femmes au tub. 
DEGAS



Vous pouvez toujours écrire, ou tenter d'écrire, comme Homère, Dante ou Shakespeare, vous pouvez aussi vous creuser la tête et épouser votre siècle.

jeudi 10 septembre 2015

Givrent Motifs et Effets Impressionnistes


Des questions ?

Litz à propos du Tannhaüser et MAF à propos d'autre chose

De même qu’à un instant où, ne se contentant plus du sentiment répandu dans leur tableaux par les maîtres de la première école, on demanda à la peinture la réalité du dessin, de la couleur et de la perspective, aujourd’hui on exige de l’opéra un ensemble de qualités de plus en plus complet, et la charpente de son livret attire d’avantage l’attention….De même en un temps où la technologie offre des nouveaux espaces de créativité, l’écrivain pourra se saisir de la musique, de la voix et des images animées ou non pour partager avec son lecteur son univers protéiforme. 

dimanche 6 septembre 2015

Monet, Hokusai, Yoshitora, Sainte-Adresse.

Hier soir pas grand monde à Sainte-Adresse. Un super paquebot sort du port du Havre, quelle direction ? Les US, bof. Le Japon ? Plus cool. Ça cadre mieux avec la fameuse terrasse de Monet, avec Hokusai, avec Yoshitora.


Motifs et Effets Impressionnistes en Pays Normands


vendredi 28 août 2015

Medardo Rosso et l'Impressionnisme


Grand Palais Salon d'Automne 1904, où placé les oeuvres de Medardo Rosso ( La bouchée de pain à l'image)?
Dans les salles Cézanne et  Renoir.
On peut ensuite discuter de savoir si les deux peintres sont Impressionnistes, mais Rosso est bien lié au mouvement auquel appartiennent un temps les deux artistes phares, avec Monet et Degas, de l'époque.

samedi 1 août 2015

Les trains de Monet ne conduisent qu'en banlieue.

Il existe des phrases dont aurait aimé être l'auteur. Celle du titre de ce billet fut écrite par Jacques Gagliardi.
Elle date de 1987.
C'est une évidence la banlieue de Monet, n'est plus, mais celle de Gagliardi non plus. Et que dire de celle de Caillebotte ? Le fief de Dupont Aignan semble être un havre de paix quand a traverser cette abomination de la modernité qui va du carrefour Pompadour à Yerres.
Déjà Renoir râlait conte le Paris Haussmannien, au cordeau, blanc, bourgeois. En rentrant chez eux les naufragés des RER sont quittes pour le bruit, la saleté, le gris, le moche.
Un artiste contemporain s'intéresse-t-il à ces verrues de notre  République comme  Monet s'intéressait aux paysages de l'Empire ? Quelqu'un est-il prêt à débourser  100 € pour un bidonville, des clochards sous  un pont, des prostitués sur un boulevard ?
Le motif n'est peut-être pas séduisant mais en peinture non seulement tout reste à faire, mais la magie opère souvent et le laid .....

jeudi 23 juillet 2015

Léonard VS Michel-Ange


L’anecdote est célèbre, un biographe anonyme du Vinci  nous la conte : Un jour que Léonard, accompagné de G. de Gavina, passait auprès du banc des Spini, à côté de l'église Santa Trinita, quelques notables y étaient réunis et discutaient sur un passage du Dante. Apercevant Léonard, ils le prièrent d'approcher et de leur en donner l'explication. Au même moment, Michel-Ange [dont l’érudite connaissance du poète est proverbiale] vint à passer ; on l'appela et Léonard dit :  Michel- Ange va vous l'expliquer . Michel-Ange crut qu'il voulait se moquer de lui et répondit : Explique-le toi-même, toi qui as fait le modèle d'un cheval et, incapable de le fondre, as laissé honteusement ton ouvrage. Cela dit, il tourna le dos et s'éloigna en ajoutant pour l’offenser : Et qui t'étais confié par ces capons de Milanais.
Pourquoi une telle réaction du jeune sculpteur dont le David va bientôt lui conféré un statut équivalent au peintre de la Cène ?

Ignorance ? En partie.  Léonard ne part pas pour Milan de gaité de coeur.  La responsabilité de Laurent le Magnifique dans cet exil vers une puissance alliée ou ennemie, selon les circonstances, reste à évaluer. L’artiste, le mot existe n’existe pas à l’époque, est un pion dans un jeu diplomatique complexe. Quand il s’agit de décorer les murs de la chapelle Sixtine, la cité du lys dépêche ses meilleurs peintres, Botticelli en tête. Le Vinci chez les capons milanais, c’est aussi un ambassadeur de choix, comme Verrocchio, son mentor, à Venise. 
Si Léonard n’entreprend pas la fonte de son groupe équestre monumental à la gloire des Sforza, on ne peut le lui reprocher. Le bronze alloué prend le chemin d’une fonderie de canons pour équiper les armées des Este.  Ferrare et le reste de l’Italie  proies des plus grandes puissances européennes s’arment.

Jalousie ? Peut-être. Un physique séduisant, un port élégant  voire altier, une mise soignée, une conversation agréable, voici un portrait du Vinci aux antipodes du jeune-homme au nez brisé, à l’hygiène rebutante, négligé et peu amène au premier abord.
Michel-Ange aspire à la gloire dont Florence nimbe le Vinci. Pas  encore « divin », l’impétuosité habite Buonarroti, puissant moteur laissant de côté le discernement.

Souffrance ? Oui.  Le bonheur semble inaccessible à l’auteur des Rime. Orphelin, son père le brutalise. Les coups, les humiliations, le viol règnent aussi au sein de l’atelier d’un Ghirlandaio, d’un Verrocchio (celui du Vinci). L’épanouissement de l’apprenti, on s’en fout. S’il trouve refuge auprès de   Laurent de Médicis,  de Bertoldo dans le jardin de San Marco, ces havres de paix et de félicité se ferment quand à la mort du Magnifique, Pierre, le fils aîné, prend les rênes du principat. 
Quelque mois plus tard et quelque soit le camp choisi, la période savonarolienne s’avère délicate, difficile à vivre. Son épilogue, sûrement pas celle souhaitée par Michel-Ange, laisse des traces, des meurtrissures. 
Il faut attendre la nomination du gonfalonier à vie Soderini , à vie, pour retrouver une certaine quiétude, une oreille attentive, un oeil sensible au talent du jeune  sculpteur.  La tyrannie d’un More ne souffre pas d’une comparaison avec les régimes successifs florentins. 

Peur ? Pourquoi pas. Une concurrence rude sévit les bords de l’Arne. Brunelleschi, le sait mieux que personne. Evincé par Ghiberti pour les portes du Baptistère, le concepteur du Dôme de Santa Maria del Fiore en est quitte pour changer de métier et  un long séjour à Rome pour retrouver confiance en lui. 
Le  retour de l’auteur de la Vierge aux rochers dans le nid du maître de la pierre vive fait planer une menace. Un candidat incontournable s’érige pour les concours à venir sous la férule de la Seigneurie, des arts majeurs, les commandes de l’Église, des ordres religieux. La  cupidité naissante du natif de Caprese risque d’en pâtir .  

Le mépris ? À explorer.
Si une fibre patriotique habite M-A on ne peut en dire autant, quoique, pour Léonard. Aussi, quand les armées de César Borgia, menacent les murs de Florence, le patriote peut à juste droit s’ offusquer des services rendus par l’ingénieur au Prince de Machiavel. Cette « trahison » reste conforme aux règles de l’époque.  La fidélité des alliances, les positions intransigeantes et immuables : des valeurs sans valeur. 
L’artiste est un bouchon voguant aux gré des courants, des opportunités. Michel-Ange en fera lui-même l’expérience un peu plus tard.
Dans le Paragone, Léonard revendique pour le peintre un statut supérieur à celui des autres plasticiens, musiciens et autres écrivains. La sculpture rabaissée au niveau des arts mécaniques, les plus vils, irrite Michelangelo, ne prisant guère pour sa part la peinture... pour le moment. La mauvaise foi dans ce débat n’arrange rien et  le plus jeune n’attend qu’une occasion pour administrer une leçon au vieux « lion- leon ». 
La Seigneurie répondra à son désir, le motif : une bataille, la technique : la fresque, discipline  suprême de la peinture.



jeudi 16 juillet 2015

Normandie Impressionniste

Pendant notre séjour à Jeanne Garnier, un établissement de soins palliatifs, j'avais répondu à l'appel à projets du Festival Normandie Impressionniste 2016. Le sujet en étant Le Portrait, je trouvais intéressant de dresser ceux des premiers collectionneurs impressionnistes, des noms jetés en pâture dans les biographies des peintres sans que l'on sache vraiment qui ils sont ces Choquet, Rouart, De Belio, Faure, Hoschedé, Murer etc...
J'attachais une certaine importance au projet au regard des circonstances, et puis la mort a remis les pendules à l'heure.
Je pensais vraiment qu'il était plus intelligent de financer un livre numérique hypermédia sur ces hommes loués par Renoir et Monet que d'allouer encore une fois une somme, loin d'être modique, au Routard dont le PDG est millionnaire.
Je me suis trompé.
Après la première réunion  du comité scientifique j'a bien compris que ses membres n'avaient rien compris. J'ai proposé de me déplacer pour montrer. On m'a répondu par la négative, il fallait juste répondre aux questions posées. Je me suis exécuté et la seconde réunion m'a gratifié de son label. J'ignorais l'existence du comité financier.
Celui-ci s'est tenu le 8 juillet et son verdict est tombé hier soir : Madame, Monsieur,
 Nous avons le plaisir de vous informer que l’Assemblée Générale du 8 Juillet 2015, a entériné la décision d’accorder à votre projet " PORTRAITS D’UN COLLECTIONNEUR IMPRESSIONNISTE ", le label ‘Normandie Impressionniste’, sans financement.
Un projet de convention vous sera adressé ultérieurement.
Dans l’attente du plaisir d’un prochain contact.
Bien cordialement.
Pour faire simple, on accorde un label à un projet qui n'existera pas, car son financement ne sera pas. C'est un peu ubuesque;-)
En des temps normaux cet échec m'aurait affecté, aujourd'hui  je le considère juste comme un échec, le mot juste fait toute la différence. Après ce billet je passerai à autre chose, en fait je continuerai mon travail sur Giverny, et les Impressionnistes au fil de l'eau, sans entrave, sans délai, sans pression.
Le plus navrant dans cette histoire ?
Ne pas rendre hommage à ce gens ayant permis à l'Impressionnisme d'écrire une des plus belles pages de notre culture.

samedi 20 juin 2015

Il n'est pas nécessaire d'être croyant, je ne le suis pas,  pour s'attarder quelques minutes sur cet extrait de l'encyclique du pape François : "À cela [le bordel ambiant] s’ajoutent les dynamiques des moyens de communication sociale et du monde digital, qui, en devenant omniprésentes, ne favorisent pas le développement d’une capacité de vivre avec sagesse, de penser en profondeur, d’aimer avec générosité. Les grands sages du passé, dans ce contexte, auraient couru le risque de voir s’éteindre leur sagesse au milieu du bruit de l’information qui devient divertissement. Cela exige de nous un effort pour que ces moyens de communication se traduisent par un nouveau développement culturel de l’humanité, et non par une détérioration de sa richesse la plus profonde. La vraie sagesse, fruit de la réflexion, du dialogue et de la rencontre généreuse entre les personnes, ne s’obtient pas par une pure accumulation de données qui finissent par saturer et obnubiler, comme une espèce de pollution mentale. En même temps, les relations réelles avec les autres tendent à être substituées, avec tous les défis que cela implique, par un type de communication transitant par Internet. Cela permet de sélectionner ou d’éliminer les relations selon notre libre arbitre, et il naît ainsi un nouveau type d’émotions artificielles, qui ont plus à voir avec des dispositifs et des écrans qu’avec les personnes et la nature. Les moyens actuels nous permettent de communiquer et de partager des connaissances et des sentiments. Cependant, ils nous empêchent aussi parfois d’entrer en contact direct avec la détresse, l’inquiétude, la joie de l’autre et avec la complexité de son expérience personnelle. C’est pourquoi nous ne devrions pas nous étonner qu’avec l’offre écrasante de ces produits se développe une profonde et mélancolique insatisfaction dans les relations interpersonnelles, ou un isolement dommageable."
Quel rapport avec Léonard, Michel-Ange ou les Impressionnistes, les Guides MAF direz-vous ?


mardi 16 juin 2015

La Creuse et Monet

L'A20 est gratuite, surprise. Sur la route de Fresseline les nuages sont lourds et les voitures peu nombreuses. La Creuse a subjugué Monet pendant 3 mois, le temps d'une campagne sur les bords de cette rivière au charme certain. Jaune elle ne l'intéresse pas, verte il obtient plusieurs motifs. Pour marquer le passage du peintre chez Rollinat, un poète oublié,  la ville s'est offert un office de tourisme où transite 4 000 âmes par an. Giverny  en voit 600 000.
Pour sortir de l'oubli Fresseline  et ses alentours, Crozant décide de promouvoir l'un des premiers impressionnistes Guillaumin. On  crée l'école de Crozant en s'inspirant de  celles de Fontainebleau ou Pont-Aven, en espérant y joindre le peintre des Nymphéas.
Bon courage.
Il n'empêche cet endroit vaut le détour si on aime la solitude et la sérénité, quand à la sauvagerie Monet exagère un peu.




lundi 1 juin 2015

Fontainebleau, Barbizon

Salon du Livre du Festival de l'Histoire de l'Art
La première fois, il y a 3 ans pour moi, les éditeurs étaient plutôt agressifs à mon égard, le livre numérique était synonyme de mort du papier dans leur esprit. 
L'année dernière, on m'a foutu la paix, une paix royale, impériale devrais-dire.
Cette année on est venu vers moi avec un projet, et des certitudes quand au démarrage d'une écriture hypermédia, pas seulement d'un transfert du papier vers l'écran mais d'une approche non possible, ou tout du moins très compliquée, sur papier. Étonnant. 
Quant au public, il découvre qu'il peut lire sur son iPad autre chose et est agréablement surpris (bon il n'y en a pas des masses des curieux mais plus que les années précédentes... pas très difficile pensez-vous et vous avez raison ).
Seul hic, mis à part les ventes, pour le moment quand je présente un guide c'est sur la forme que porte le débat et non sur le fond et ça m'énerve quand même un peu.
Pour me calmer visite du Boudoir Turc avec le conservateur (brillant le mec, on ose à peine l'interrompre pour savoir la dimension du lit émoticône wink ) et un détour par Barbizon Village (vaut le détour surtout si vous poussez jusqu'à la forêt), déserté, mais encore habité par les peintres, ceux de l'École.

Pour en savoir plus 

samedi 23 mai 2015

Perspective : les regrets de Rodin

À propos des Cathédrales Gothiques : "Je les possède toutes photographiées dans ma mémoire, ce qui n'est pas très commode à reproduire. Quelques notes et dessins sont mes seules représentations graphiques ; mais comme je n'ai jamais appris la perspective, mes dessins flottent souvent. Cette lacune me gêne souvent dans ma création architecturale car la perspective est une science utile, même si les paysagiste parfois la néglige."
 





mercredi 20 mai 2015

Certains d'entre vous l'ont peut-être déjà lu ?

Stendhal et son syndrome. 
Le transport dont H Beyle fait l’objet n’est pas dû à la beauté de la ville, à la visite d’un musée en plein air. Cette approche est juste une transposition triviale appliquée à des chochottes trimbalés de car en trattoria, sous un soleil de plomb, de marchand de glaces en musées bondés, saoulés par des commentaires insipides et dont le cerveau, sevré  de télé,  sature.
Quand il se rend à Santa Croce ses premières émotions sont pour les gloires du passé. Machiavel, Michel-Ange, Galilé, il y ajoute inconsciemment Boccace et Dante. Le bonapartiste connaît ses classiques. Il a lu Le prince, Vasari, les poésies du sculpteur du David, les commentaires sur l’art du suiveur de Copernic, Lomazzo, L’Enfer et le Paradis sans oublié le Purgatoire, tout et tous il a tout lu et plus encore car il achète deux guides en descendant du fiacre. En cet instant où cénotaphes et tombeaux s’adressent à lui et à lui seul sa mémoire déborde d’images et d’émotions, de mots de phrases et de vers.  A ce moment il cristallise des mois et des années de lectures, de visites, de réflexions et d’écritures. 
Il gère, il en a vu d’autres, mais pas pour longtemps.  Son émoi va être à nouveau mis à mal quand  aux Sibylles du Volterano il va être confronté. La qualité artistique de la fresque n’est en rien responsable de la montée en puissance du phénomène. De Cumes ou de Delphes, des Appenins ou de Perse aucune d’entre-elles n’a perdu de son aura, de sa puissance. Elles s’adressent encore à nous pour peu que l’on tende l’oreille et Stendhal ne peut être sourd à leurs discours, même sibyllins. Son esprit est alors en proie au ravissement.  Conscient, il transfigure l’objet de sa passion, l’art, en lui attribuant de nouvelles perfections. Il est dans un état où d’une croûte il peut voir un chef-d’oeuvre. C’est sa propre définition de la cristallisation. Il l’applique inconsciemment aux fresques du Volterano, consciemment au poème de Foscolo dont il se saisit pour tenter d’évacuer le mal par le mal à la sortie de l’église. La poésie, source d’émotions ultimes, est le remède pour effacer les douleurs et fièvres dont il est l’objet. Ça fonctionne ! Pas d’hospitalisation, pas de spleen, le sur lendemain on le voit à San Lorezo, au Palais Pitti, devant les fresques de Masacio. 
Drôle de type quand même. Dans une poche de son veston il se ballade avec un poème, viatique à tous les maux de la terre, à l’image du mémorial de Pascal.
Qui d’entre-nous, dans son smartphone, a fait de même ? C’est pourtant visiblement indispensable ;-)



dimanche 17 mai 2015

Giverny, Sienne, Rouen

Toutes les œuvres ne supportent pas le musé, une exposition.
Giverny : Degas est-il Impressionniste ? La question ne se pose même pas, par contre il serait plus pertinent de savoir s'il est un sculpteur ayant pratiquer la peinture , ou  un peintre  s'adonnant  à la sculpture ?
Dans tous les cas ses œuvres ne souffrent pas d'être exposées dans ce superbe musée de cette charmante ville. 

Rouen : Sienne aux origines de la Renaissance. C'est là où le bât blesse. Fresques détachées de leurs murs originels, tableaux de dévotion, diptyque ou triptyque d'autel, ces œuvres sont superbes mais sans âmes, la scénographie ne comble pas l'absence du lieu, de l'ambiance. 
Et que dire du fac-similé de la salle du Bon et Mauvais Gouvernement du palazzo Pubblico de Sienne ?

C'est évidemment un débat sans fin comme l'art sait en susciter.

mardi 12 mai 2015

La Sculpture Impressionniste de Medardo Rosso

Parfois la douleur s'efface quelque temps pour laisser s'insinuer entre elle et vous quelques instants de  sérénité.
C'est arrivé en fin d'après-midi  avec un travail à mettre à jour sur Medardo Rosso.
Pourtant une des ses toutes premières oeuvres : Le dernier baiser pourrait raviver le souvenir d'une atroce période mais une bonne fée veille et bloque le processus pour vous permettre d'aller plus loin.


Aller plus loin c'est encore se frotter au malheur mais rien n'y fait, tout glisse, l'hôpital (Lariboisière), le Malade ou l'Enfant Malade ne peuvent vous faire plus mal, pourtant ils sont touchants. L'art ce soir a pris le pas et c'est tant mieux, il restera l'Enfant qui rit.




dimanche 10 mai 2015

Le FHA de Fontainebleau.

Préparation du Festival de l'Histoire de l'Art à Fontainebleau.
Le coeur n'y est pas vraiment mais c'est le seul salon où je me sens bien, à ma place ou presque.




mercredi 6 mai 2015

La Concierge

Il m'arrive parfois de faire des remplacements : je suis concierge au 36 rue Lafitte.
Les vedettes de l'immeuble sont Fouquet une confiserie créée en 1852, et la société, très controversée, organisatrice du Festival d'Angoulême.
Je ne sais par quel caprice j'ai décidé de faire de Nazarée leur égale.
Pour y parvenir je m'appuie sur les impressionnistes et leurs marchands de tableaux, d'ailleurs à l'époque la rue était nommée la rue des Tableaux.
Si votre esprit circonscrit l'impressionnisme à la peinture seulement, c'est dommage. La sculpture est aussi impressionniste et Medardo Rosso le revendique haut et fort, contre Rodin, classique et vendu aux instances étatiques mais c'est un autre débat. Hors dans la production du sculpteur turinois il existe la  poitrines, la concierge. 
Rosso est le sculpteur des gens de peu, il sculpte le buste de Rouart aussi, mais il n'est pas à son meilleur devant le bourgeois, sot truc c'est le peuple, à partager ou non.


vendredi 1 mai 2015

Medardo ROSSO sculpteur Impressionniste



La lumière étant l' essence me me de notre existence réelle, une oeuvre d'art qui ne tient compte de la lumière n'a pas le droit d'exister. Sans lumière, unité et ampleur font défaut - l'oeuvre est condamnée au petit, au misérable, mal conçue, s'appuyant nécessairement sur la matière.
Rien en ce monde ne peut être séparé de son environnement, et notre vision - nos impressions, si vous préférez ce terme - ne peuvent être que le résultat des valeurs et des relations mutuelles données par la lumière, et doivent avoir la tonalité dominante que l'on saisit en un regard.
II y a un autre point dont on n'a jamais parle et qui, pourtant, est d'une très grande importance: au premier moment d'un regard spontanément porte a un objet naturel, nous éprouvons un déplacement de tonalités, un élargissement de la chose devant nos yeux, devant notre esprit - un effet qui change après ce premier moment. La raison en est qu'après ce premier éclair nos yeux, notre esprit reviennent a leurs habitudes de paresse et donc détruisent ce premier moment de vie authentique, de vision complète, durant lequel nous éprouvons une transposition des valeurs qui, bien que matériellement au premier plan, semblent refoulées, et vice-versa. Mais bien que tout cela soit nettement marque au premier instant, il est néanmoins vrai que cela reste visible ensuite à tout moment.

La couleur de la sculpture

La vérité visuelle réelle de toute chose qui rencontre notre regard dans la nature ne peut nous frapper pleinement que dans ce bref instant où la vision nous saisit, comme une surprise - c'est-a-dire avant que notre intellect, notre connaissance de la forme matérielle des objets, aient eu le temps d'entrer en jeu et de contrecarrer et détruire cette première impression. La vérité de la première impression, chargée qu'elle est de poésie, suggestive, n'est-elle pas infiniment plus signifiante que l'autre vérité fondée sur l'accumulation d'une connaissance de faits bruts ? L'art est un langage émotionnel ; et la précision mathématique ne se prête pas à l'expression de nos émotions.
Nous avons donc devant nous une perspective de couleur complètement différente de l'autre perspective traditionnelle et platement matérielle ; et je proclame que nous ne devons pas suivre, nous n'en avons aucun besoin, la méthode des célébrités répertoriées qui ont mesure, et continuent à mesurer, le premier et le second plan, et suivent les réalités matérielles de la forme.
II n'y a plus besoin de tourner autour d'une oeuvre en argile, ou en bois, ou en bronze, ou en marbre que de  tourner autour d'une peinture sur toile; et conçue ainsi, une sculpture sera infiniment suggestive, intimement vivante, homogène et magnifique....

Extrait : La Sculpture Impressionniste

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lundi 27 avril 2015

MILANO & LEONARDO


C'est quand même le meilleur endroit pour approcher Léonard.

samedi 25 avril 2015

Van Gogh, Vollard, la rue Laffitte


Il y a ceux qui savent :  peu nombreux ; il y a ceux qui aimeraient savoir : un peu plus nombreux ;  et il y a ceux qui s'en foutent : trop nombreux.

mardi 14 avril 2015

samedi 4 avril 2015

Saint Jean Baptiste jeune par Michel-Ange ?

L'ebook possède une vertu, il peut être mis à jour facilement.
Une découverte ou une redécouverte et zou votre ouvrage publié quelque mois est en manque. Le lectorat n'en sait rien, mais vous oui et ça vous tenaille. Vous savez où il est indispensable d'insérer cette nouvelle, et tous les jours une petite voix vous dit : il faut faire la chose. C'est obsédant, et pour s'en défaire il faut effectivement se replonger dans l'univers de Michel-Ange, vérifier les dates, les noms,  écrire quelques lignes, scanner une image et publier une nouvelle version.

mercredi 1 avril 2015

Mirbeau, Le journal d'Une Femme de Chambre

Il y a ceux qui parlerons du film sans l'avoir vu, ceux qui l'auront vu, ceux qui auront vu les précédentes versions (des vieux), ceux qui auront lu le roman et vu ou pas le film et ceux qui sauront que Mirabeau a beaucoup fait pour faire connaître les Impressionnistes. Et puis il y a ceux qui ne vont rien comprendre à ce que j'évoque.