jeudi 8 septembre 2011

La peur du numérique.

Que reproche-t-on au livre numérique/électronique ?

Des on-dits, simplement (cf Les Affranchis du 7/09 sur France Inter, par exemple) alimentés par la peur.

1) Destructions d'emplois et disparition des libraires : Les libraires en France ne sont pas poussés au dépôt de bilan par le livre numérique, mais par une baisse du lectorat, une augmentation des loyers, des frais de salaires. avec 1 ou 2 % de CA, paraît-il, on ne fout pas en l'air une profession , qui plus est peut vendre du numérique si elle le souhaite en conservant une marge honorable (30 %).
Chez l'éditeur c'est sûr des postes vont sauter, combien je n'en sais rien.

2) Lire sur un écran est un supplice: La majorité des gens avançant cet argument n'a pas lu sur une tablette ou un Kindle un livre numérique. C'est le royaume de l'assertion.

3) Le prix : Ne rentrons pas dans le débat de la valeur d'un livre, mais franchement les opinions sont a prendre avec des pincettes, car il s'agit d'opinions justement. 8€99 pour la Toscane de Léonard, d'aucuns ne trouvent pas cela cher, et d'autres hors de prix car dépassant une barrière imaginaire du prix d'un fichier (5 €).
Le problème est la comparaison avec le papier.
Sans repère l'acte d'achat fait appel à d'autres ressorts. Si une version papier est vendue 20€, 10€ pour la version numérique semble être acceptable.

4) Mauvaise qualité de la version numérique, fautes et mise en page. Oui c'est vrai, notamment sur le gratuit. Mais que dire par exemple de la dernière version des Lettres de Michel-Ange éditées par les Belles Lettres justement, en bilingue à 70 euros (sur papier il s'entend). Laissons de côté le mensonge sur une première disponibilité en langue française, il existe une édition de 1923, pour s'attarder sur la quatrième de couverture par exemple avec 4 fautes d'orthographe pour un quinzaine de lignes. Le reste étant à l'avenant évidemment.
Numérique ou papier , la façon de travailler est la même. Un correcteur ça coûte. 4 corrections au lancement de la Pléiade, aujourd'hui 2. Le numérique n'a rien à voir.
La mise en page est plus problématique. Si je choisis un format, un type de caractères etc.. pour une lecture et une mise en page des images et vidéos, la liberté laissée au lecteur de changer cela casse tout. Et encore une fois je le répète une mise en page avec Epub reste un exercice délicat, les chose vont mieux, la gestion des tableaux par exemple, mais c'est encore galère.

Pour vaincre cette peur , il faut expliquer et continuer de faire des efforts, surtout ne pas se gausser de cette peur. Elle est légitime.

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