lundi 18 avril 2011

Pour un nouveau modèle de diffusion

A1 micro-site auteur
C1 micro-site collection
E1 site éditeur


L'époque est anxiogène paraît-il (A Gallimard).
Par pour tous, en Amérique du nord la vente des livres numériques progresse et vient à dépasser celle des poches sur papier. Ca va vite.
On en connaît les principaux acteurs et personne ne semble s'offusquer d'une telle concentration.
Pour combien de temps ?
Si ce nouveau modèle perdure, l'éditeur sera perdant.
Il ne maîtrise toujours pas le lecteur.
C'est pourtant l'un des avantages de la vente sur le net.
En supprimant les intermédiaires, on établit un dialogue directe avec l'acheteur final, et au passage on baisse les prix en augmentant les marges.
La vente directe éditeur/lecteur est dans l'absolu l'idéal, encore faut-il en avoir les moyens, tant humains que pécuniaire. Encore faut-il en avoir envie.
Le site d'un éditeur ou les micro-sites d'auteurs sont pour le lecteur/prospect la meilleur source d'informations sur l'écrivain et ses ouvrages, la collection et ses nouveautés.
Toutes les infos reprises qui par la FNAC ou Amazon sont issues de chez l'éditeur.
Les Grossi (critique chez Epagine) sont rares, et quand sur le net le libraire vous conseille tel ou tel ouvrage, doutez. Fermons la parenthèse.
Une fois sur place, pourquoi laisser filer le prospect ??
C'est le B.A BA du commerce, conclure la vente avant qu'il ne sorte.
Hors aujourd'hui en quittant le site de l'éditeur pour celui d'un libraire, il peut être capté par un autre ouvrage, un autre éditeur. Il y a danger.
Fort de sa marque le site libraire, aujourd'hui, se substitue en partie, mais en partie seulement à l'éditeur, il ne vend pas un ouvrage, le lecteur le lui achète. Subtile nuance produite par le travail amont de l'éditeur. Encore.

Hors il tout à fait imaginable de faire de l'éditeur le seul interlocuteur visible du lectorat.
"Une passerelle" vers les caisses d'Immateriel, Epagine, ou Izibook (des acteurs technologiques, libraires par accident si j'ai bien compris) est invisible et "indolore".
Ces gens possèdent l'infrastructure et les compétences technologiques, même si des couacs existent, pour conclure l'acte d'achat.

C'est Kindle me direz-vous. Oui et non.

Oui : Chez Amazon les intermédiaires entre le lecteur et l'éditeur sont effectivement réduits, oui vous pouvez rediriger votre prospect vers la table de vente Kindle, mais vous faites aussi la promotion d'Amazon, et avant de passer à la caisse "votre client" peut être rediriger vers d'autres offres concurrentes. C'est pas bon ça.

Non : Car Kindle ne vous laisse pas connaître le prospect que vous lui avez envoyé, non car pour Amazon tous les ouvrages se valent, non car il est impossible par exemple de contraindre Amazon de créer un bundle, ou des opérations de promotions si son système ne l'accepte pas.
Non car pour atteindre son objectif, vendre le plus d'ouvrages possibles, il faut le plus gros catalogue possible et plus le catalogue s'étoffe, plus le bruit augmente et plus vos ouvrages s'éloignent de la vitrine, de la table, pour regagner des étagères de plus en plus difficiles d'accès.
Kindle est un passage obligé pour lancer le livre numérique, il est recommandé de s'en éloigner pour ne pas subir.

Nos plate-formes cités ci-dessus suivent la même stratégie. Et les couacs de se multiplier car chaque éditeur est spécifique. Je demande depuis des mois une zone hypermédia, une éditrice se plaint sur le blog de Dialogues du catalogage, et un lecteur sur mien d'avoir été pris pour cobaye. Qui peut résoudre ce type de problèmes ? L'éditeur.

Et quand Amazon débarquera "en France" nos libraires par accident pourront-ils suivre, si guerre des prix il y a ?

Non, je le crains.

Il existe donc un espace de rencontre entre les plateformes de distribution, leurs compétences et technologies et l'éditeur, les éditeurs. A condition d'inverser le processus aujourd'hui existant.
De fournisseur de livres, ils deviennent fournisseurs de services technologiques. Leur rémunération reste identique, une commission sur la vente des livres.
La différence majeur est la rupture du concept, du format libraire, sorte de filtre lissant le livre, pour un concept éditeur. Celui-ci étant aussi divers qu'il existe d'éditeurs.

Dans ce cadre le libraire numérique est out. J'en suis désolé mais ils n'ont pas joué le jeu, et dans deux ou trois mois il sera trop tard.

Cette réflexion n'est pas encore aboutie, j'en suis conscient. Il serait néanmoins intéressant, mais je n' y crois guère, d'avoir d'autres réflexions avant de voir disparaître un certain nombre d'acteurs qui ont eu le courage de se lancer dans l'aventure.




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