samedi 25 décembre 2010

Ma mère

Les mères se font toujours du soucis pour leur progéniture, ont a beau essayer de les réconforter elles n'en démordent pas.
La mienne m'a offert un iPad, quand il est sorti, et pour Noël je lui ai montré la bête et en avant première la nouvelle version de la Toscane de Léonard en ePub.
Ma mère elle a lu toute sa vie, ou presque, Ciné Revue, un magazine belge, je crois, disparu,ça je suis sûr. Elle devait être la seule dans tout le Val de Loire.
Et moi petit je faisais comme elle, et comme elle achetait Nous Deux, je regardais aussi les jolies dames embrasser les jolis messieurs ou pleurer.
Nous Deux sur iPad, j'en rêve.
Ma mère elle connaissait les westerns choucroute, dont j'ignorais l'existence et l'acteur breton incarnant l'indien le plus célèbre d'Allemagne, Pierre Brice (voir le doc sur Arte).
J'y comprends rien aux Allemands, comment ils font ?
Ma mère elle est comme tout le monde elle aime bien Léonard ou Michel-Ange mais sans plus alors on en parle pas.
Dans le genre homo-sexuels elle préfère Rock Hudson (sur Arte aussi), et en plus mon père détestait. Alors pour l'emmerder elle pouvait en parler fréquemment surtout avec sa mère.
Elle est comme toutes les mères ma mère.
Mais quand la tablette entre les mains elle a eu, eh bien les phrases du Vinci elle a lu longtemps et la vidéo d'un milan sur une musique de Sumera elle a vue et écoutée, sans lunette (cochin 18) ni prothèse auditive (HP mono à fond). C'est quand même magique.
Un oiseau sacré le milan, pour l'Egyptien, celui incarné par Yul Brynner par exemple, comme pour Léonard. Léonard l'Egyptien, après Mozart ?
Wittkower a écrit quelque chose là-dessus mais il a oublié le milan. Freud a flairé quelque chose aussi, mais avec un vautour, une bourde (il en parle Onfray ?) dommage. Faut relire Schapiro ou Arasse pour voir s'ils ont été plus perspicaces. Si non il faudra s'y pencher.
Mais une fois posée, la tablette, elle m'a regardé, ma mère, dans les yeux et m'a demandé : "Mais qui lit ça ?"
Je pouvais lui répondre : Les lecteurs de Ciné Revue, ou de Nous Deux, mais j'ai pas osé.
J'ai rêvé un instant de voir le père Noël débarquer pour une méga diversion, sans cette intervention je me savais foutu.
Je n'ai jamais rien transformé en or, je n'ai jamais eu la bosse du commerce, je n'ai jamais été un petit génie du marketing.
Pour la baratiner et lui faire croire en un avenir radieux pour le livre numérique français fallait au moins Rock, Yul et Pierre réunis en une seule personne, c'est à dire moi, car le gros con avec son traineau ne se pointerait pas.
Mission impossible.


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