mercredi 10 novembre 2010

Musique et littérature numériques, même combat ? Non

Souvent sous la plume des uns et des autres une antienne : Le livre ne veut pas subir un sort identique à la musique.
La menace plane sur le livre ?
Oui si l'on évoque le piratage plus facile en mode numérique, oui si l'on aborde le modèle de distribution, le négoce du livre numérique.
Non pour le saut créatif eu égard sa transformation.
La musique numérique existe depuis longtemps, depuis le CD. Pour la vendre on nous a vanté, "venté", une qualité supérieure au vinyle, remise en cause parfois. Nos oreilles étaient sourdes à ce changement sauf à disposer d'un équipement adéquat.
Seulement la Neuvième de Ludwig est restée la Neuvième en numérique ou pas, seul Karajan peut la métamorphosée, la bonne musique reste bonne et la daube de la daube.
L'électrification de la guitare fut un apport autrement plus important.
La disparition des disquaires n'est pas liée au CD, à la numérisation, mais au changement d'un modèle de distribution initié par les grandes enseignes avec le soutient des producteurs. Le MP3 n'a rien changé à l'affaire, celle-ci était déjà pliée depuis longtemps.
Pour le livre les choses sont autres. Nous sommes devant une nouveauté.
La numérisation permet aux auteurs de s'exprimer autrement, comme le musicien a pu le faire quand sa guitare, son violon ou son orgue se sont radicalement transformés.
C'est l'apport majeur de la numérisation. Dans 10 ou 20 ans à l'heure d'une rétrospective, le poids de cette innovation sera nettement plus lourd pour l'humanité que celui de la disparition ou mutation du libraire.
Nous sommes comme le peintre à l'aube de la Renaissance choisissant de continuer à peindre à tempéra ou d'abandonner cette technique pour l'huile.
L'oeuvre n'est plus la même après.
La numérisation du livre est une transformation de sa nature.
L'affect pour le papier on s'en fout, la mutation ou disparition du libraire on s'en fout, il a les moyens d'accompagner ses lecteurs durant cette révolution, tablette ou e-paper like on s'en fout.
Au lieu de regarder du côté de la musique, il est préférable de s'inspirer du cinéma. Le réalisateur à su s'accaparer la technologie pour offrir autre-chose, et le public suit.

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