jeudi 25 février 2010

M.E.N

J'ai lu l'interview de Marc-Edourd Nabe et l'anti-édition. Je ne connais ni le monsieur ni ses romans, une lacune sans doute, mais là n'est pas la question. "Banni" de la chaîne du livre, l'auteur fait le choix de l'indépendance avec de fortes convictions et un esprit entrepreunarial.
Au détour des questions réponses j'ai relevé trois trucs intéressants : 

1) Distribuer moins pour gagner plus : "vous arrivez aujourd’hui à créer un système où 10 000 pour vous, c’est l’équivalent de 100 000 pour les autres. Et ça, c’est un point de bascule." 

2) F. G. : Donc, ce n’est pas parti d’Internet. Internet ne suffit pas encore à réussir ce genre de lancement.

L. S. : Le Diable Vauvert, qui a mis gratuitement à disposition un Douglas Coupland, a eu seulement 250 téléchargements.

M.-É. N. : C’est un bon contre-exemple."

Exemple d'un lancement raté chez Epagine ? Pas sûr. Je ne connais pas les objectifs de l'éditeur mais il doit savoir que rivaliser avec les médias traditionnels pour le lancement d'un ouvrage tient plus de l'expérience, du pari,  que du marketing. Il faut oser, tenter, tester, analyser  et recommencer.  Personne ne rêve, sauf moi, d'un carton pour un livre numérique sur notre sol. Même M-E N préfère la jouer classique, c'est à dire papier, et pourtant il ose. Je ne connais pas les chiffres du téléchargement de Romagne et Marches on verra, mais une chose est sûre hors du système décrié dans l'interview, c'est une piste.

3) "M.-É. N. : Donc on revient au label. Le système vous redonne un label. Vous me confortez dans ce que je trouve ignoble : c’est encore le nombre de livres vendus qui fait la cote de l’auteur et donc de ses descendants. Et je suis contre. Pour moi aussi, chaque copie compte, mais quand vous en vendez 3 000, ça a une plus grande valeur, du moins pour moi, que d’en vendre 50 000 dans le système de Jean-Marc Roberts. C’est salissant de récupérer une cote uniquement en fonction du nombre d’exemplaires vendus. "

La cote c'est le talon d'Achille de l'écrivain ;-) Il veut être lu (par qui pendant qu'on y est ?), mais pas trop pour ne pas être galvauder. C'est une prétention difficile, impossible  à satisfaire. L'incohérence pointe le bout de son nez.
3 000 dans mon système, c'est mieux que 50 000 dans le système de l'autre, le problème c'est le système. C'est amusant de voir M-E N multiplier les points de vente, boucher, boulanger, mercière  etc. Son circuit est comme tous les circuits, son système comme tous les systèmes. Il se peut même qu'il soit hors la loi avec ses refus de ventes aux libraires.

C'est  le modèle papier qui veut ça.



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