dimanche 24 janvier 2010

Jouer sur 2 tableaux

Intéressante cette dernière partie de l'interview de Marie-Pierre Sangouard directrice livre de la FNAC : "Une récente étude de GFK montre que les lecteurs veulent payer entre 30 et 50% moins cher que la version papier. Il est urgent de trouver des bonnes pratiques pour développer ce marché. Et éviter ainsi une crise majeure comme aux Etats-Unis où l'écart de prix d'une nouveauté entre les versions numériques et papiers est tel que le prix papier perd de son attractivité".

Jouer sur 2 tableaux est chose difficile voir impossible. A l'évidence c'est le souhait de la plus grande librairie de France. Le livre numérique est inéluctable mais on ne lui sacrifiera pas le papier, pas pour l'instant. S'il fallait choisir... on connaît la réponse. La bonne pratique,  on demande à l'Etat de baisser le taux de TVA du nouveau né pour créer un écart de prix entre les 2 versions d'un même ouvrage, et si le consommateur adhère on ne touche plus à rien. 15 % c'est suffisant, 20 % un grand maximum. Les calculs des consommateurs ne sont pas les nôtres. Elle n'a pas tort, mais il faudrait alors jouer la transparence, expliquer,  argumenter.

C'est un choix économique mais aussi culturel. Les responsables des librairies, des éditions, des bibliothèques sont nourris au papier, c'est viscérale. Les néo-convertis ne sont pas à l'abri. Une version papier de son livre pour l'un , un contrat papier pour la vente en ligne des livren, avec un temps de réaction qui dépasse l'entendement pour E-Pagine ;-(, pour les autres, ou une brochure pour la promo du bien. Ce n'est pas paradoxale, c'est le reflet de nos valeurs.

Pour leur part les leaders du livre numérique sont nourris au silicium. Il s'imposeront au papier comme hier ils se sont imposés à la gomme et au crayon. Pour eux le livre est un bien numérisable, commercialisable, à l'instar de la musique hier, et si  il y a du pognon à faire, on y va, quitte à détruire des pans entiers de l'économie.  C'est dans l'air du temps, impossible de les arrêter.  Ils vont vite et ne s'encombrent ni du passé, ni de nos désirs.
Soyez contents brave gens, je vous vends un Kindle en anglais avec un clavier qwerty, des frais de connexions et de logistiques exhorbitants. Si vous êtes assez cons pour vous laissez séduire tant mieux. Si non il vous faudra attendre mon bon vouloir ou aller voir autre part, j'aime pas trop mais c'est moi qui décide pour vous ce qui est bien.

En fait les uns et les autres n'en n'ont rien à foutre du livre, de son contenu. Leur truc à eux c'est le pognon.

Moi je sais vendre du papier, et moi du sable. C'est dommage on ne peut pas s'entendre car la vie serait plus simple. 

PS: Je ne suis pas très satisfait de ce post, mais je suis pas capable de faire mieux aujourd'hui.

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