mercredi 30 décembre 2009

Livre électronique VS numérique

A l’instant T le livre électronique s’incarne en un matériel proposé par 2 ou 3 fabricants, à ne pas confondre avec les importateurs et autres assembleurs, dont la principale caractéristique est un écran reposant sur la technologie E-Ink.
Un seul type d’ouvrage, par son poids économique ou sa diffusion est disponible : le livre numérisé. Textes et images, parfois, sont lisibles via un écran dont la taille fluctue aux grés des stratégies commerciales.
Le fond, c’est à dire l’œuvre ne change pas de propriétés. Volumen, codex, incunables, livres de poche ou numérisés, rien n’a vraiment bouleversé l’écriture. La lecture c’est évidemment autre chose, ne serait-ce que par l’augmentation du nombre de lecteurs. Mais pour un auteur l’objet livre reste une prison. Un paradoxe quand l’écriture est un domaine de liberté absolue ou presque. Ces dernières années des expériences intéressantes mais modestes ont été tentées, qui un CD, qui un pop-up, qui un code barre, pour repousser les barrières du papier.
Sony en baptisant son livre électronique « Reader » et non player par exemple, montre, sans le savoir, les limites imparties à l’objet.
J’ai tenté dans le « Manifeste pour une écriture hypermédia », en m’appuyant sur Léonard De Vinci, de montrer comment un technologue, le maître de la Joconde n’a rien d’un inventeur, souhaitait dépasser la technologie « livresque » de son époque, sans succès. Homme de son temps, il ne pouvait envisager de satisfaire un seul sens, celui de la vue (le toucher est de l’affect du lecteur ou de l’aveugle. J’aime toucher les pages de mon livre, ahaah. Moi j’aime toucher les sculptures, et pourtant l’interdit ne m’empêche pas d’apprécier au plus haut degré la Piéta. C’est des conneries).Le rêve de Léonard est réalisé depuis longtemps. Passons à autre chose soyons nous aussi de notre temps.
Aujourd’hui nos idées et nos cultures sont portées par différents médium (papier, écrans, ondes, toiles etc.…). Elles peuvent se croiser mais difficilement fusionner. Si les phrases de Ben sur toile me contredisent en partie, le cinéma et l’opéra ignorent l’écrit, pourtant à l’origine de leur naissance.
Et la querelle du Paragone de n’être pas morte ! Un médium peut s’avérer plus performant pour véhiculer un message, une œuvre pourtant créés à l’origine pour un autre. Exemple triviaux: l’interview de Thierry Baccino au sujet des performances de l’encre électronique. Sur les ondes celle-ci est percutante et lisse sur le papier. Idem pour l’opus de Carrière et Eco, N’espérez pas vous…. Le livre n’est pas le meilleur support pour ce type d’exercice. Un documentaire, un audio livre voir un e-codex auraient mieux fait l’affaire. Ils se sont retrouver prisonniers de leur support, c’est un peu con.
Pour faire voler en éclat ces cloisons qui nous emprisonnent, pour mettre un bémol, si ce n’est un terme, au Paragone, nous pouvons compter sur un nouveau matériau : le numérique.
Celui-ci est susceptible de satisfaire « nos sens culturels » principaux, à savoir : la vue et l’ouï (le toucher, encore lui, le goût (il pose problème si l’on se réfère à la cuisine, aux vins) et l’odorat sont en l’occurrence moins porteurs de culture…).
Nous connaissons tous des créatifs capables d’embrasser plusieurs disciplines avec talent, Cocteau et Pasolini par exemple. Stylos, pinceaux, caméras sont au service de leur création artistique. Et si deux mains ne suffisent pas, quatre, six, huit ou plus peuvent être mise à contribution pour explorer une nouvelle « écriture ».
Notre cerveau programmé pour tel ou tel discipline par notre système éducatif, n’est pas cloisonné heureusement. S’échappe qui veut, mais pour se heurter aux contraintes technologiques et pécuniaires. L’ingénieur, Gutenberg (inventeur d’une forme appauvrie du codex, de l’enluminure) et le financier, ses investisseurs, n’ont pas à rougir de leurs successeurs. Pour exemple un livre de poche de moins en moins lisible, une PSP, un support moderne, très sophistiqué, aux cloisons étanches comme celle d’un sous-marin ;-( .
Seulement HTTP est passé par là avec ses types MIME. MP3 ou 4, JPEG ou MPEG etc….PDF et Flash, Page ou Epub tout concourent vers une convergence des médias sur un médium. Nous avons tous lu sur le Web un article enrichi d’une ou plusieurs séquences multimédia (images, commentaires ou musiques). C’est presque banal. Et en l’état le livre électronique ne sait pas supporter ce type d’article et encore moins un livre numérique, composé de et réalisé par toutes les techniques numériques. L’auteur cherchera alors un autre support.
La musique est riche d’enseignement à ce propos. La seule diffusion personnel d’un morceau enregistré ne suffit plus. Pour le promouvoir on fait appel à l’image, celle du clip (MP3+MP4 par exemple), du scopitone et les spectacles pour un petit nombre de se transformer en machine à cash via la vidéo et le DVD dont le tourne disque ou le gramophone ont fait les frais. Suivez l’argent, ce maître du monde (Carmina Burana).
La presse est un autre modèle. Vecteur en puissance de mutation, elle couche depuis des lustres avec le livre, qui pour un feuilleton, des bonnes pages, des éditions tirées à part. Et le NYT montre la voie depuis quelques mois déjà. Le journaliste web flirte avec le richmedia de plus en plus. Amputé son article de cette richesse il restera sur le Web ou ira voir autre part. Le NYT sur le Reader ou l’Irex n’est qu’un succédané du papier ou du Web. Une misère.
Si mon raisonnement culturel et économique (les chiffres manquent c’est sûr) ne tient pas la route, si les auteurs s’avèrent incapables d’explorer de nouvelles voies nous pouvons sans difficulté nous retourner vers la fonction. L’ouvrage fonctionnel se nourrira d’hypermédia par essence. Au premier rang le guide (il existe une version de mes guides où vidéos, musiques, voix off et interviews sont encapsulés avec le texte. Le commentaire (MP3), par exemple, de Daniel Arasse sur la perspective avec en fond le texte fondateur d’Alberti est une rencontre très intéressante, unique), viennent ensuite les méthodes d’apprentissage de langues, les livres de cuisine avec en parangon le Cook, les biographies dont le sujet un artiste (musicien, cinéaste ou peintre) se trouve aujourd’hui coupé de son œuvre, les livres techniques, médicaux etc...
Et je vois mal alors le marché proposé des lecteurs dédié au couple texte/image, notre livre numérisé, et d’autres pour le livre numérique. Qui peut le plus peut le moins, et s’appuyant sur l’effet d’échelle fait disparaître le plus faible.
Si E-ink pense sauvegarder sa position hégémonique seulement en proposant la couleur pour 2011. Elle se trompe. Si les assembleurs se focalisent sur le texte uniquement, ils seront à l’image des fabricants de téléphone pris de court par un concurrent plus malin, moins borné ou d’une autre culture.
Le livre numérique est la mort du livre électronique.

En passant par la FNAC

En passant par la FNAC Boulogne surprise : 4 livrels en démo,  2 PRS600 et 2 OPUS (en rideau). J'ai joué avec les premiers et ohhhh une nouvelle surprise m'attendait. Le passage du mode lecture au mode musique et vice versa est presque bien pour une lecture hypermédia. Le menu "option" et ses fonctions améliorent significativement la navigation d'un mode à l'autre. Avec en prime la touche "historique" permettant une gestion hypertexte basique, nous sommes en approche d'une écriture un peu plus intéressante. Ca donne envie...de voir si le 900 améliore encore les choses. Après lecture du manuel je n'y crois pas trop mais un bonne surprise est toujours possible. Ce pose alors la compatibilité d'une machine à l'autre (PRS505 vers 600 ou 900). Dans le doute pas de modif sur les textes pour le moment, c'est dommage. 

PS: Surprise est peut-être un peu fort, il reste encore du chemin avant une ébauche hypermédia.

dimanche 27 décembre 2009

C'est loin l'Amérique ?

"On Christmas Day, for the first time ever, customers purchased more Kindle books than physical books," Amazon said.
Ce type d'annonce toujours aussi sybilline, relayée par l'AFP quand même, nous plonge dans un monde où le père noël n'a plus sa place. Le livren au pied du sapin c'est impossible, la numérisation met au chômage partiel les rennes et le traîneau au garage. Forrester prévoit six millions de livrels pour 2010 aux US, soit le double de cette année. Pour leur part Federal et UPS auront encore un peu de boulot ;-) Chez nous on y va pépère, faut pas bousculer mémère ;-)

samedi 26 décembre 2009

Parme, Stendhal et le NYT

"FROM a practical point of view, “The Charterhouse of Parma” makes a lousy guidebook....Never mind — if there’s one book you should take with you to visit this city (which anyone who loves Italy, art and food will want to do), it’s “The Charterhouse of Parma,” Stendhal’s masterpiece, less well known than “The Red and the Black” but even more astounding. "
C'est un article comme j'aimerai pouvoir en écrire , en lire plus souvent . Mélange de genres, une "critique" littéraire et un guide. La première est écrite, le  second s'appuie sur l'image. Le journaliste nous donne envie de lire, de voir, de voyager, il est fort le monsieur. 
Mais c'est surtout un article méritant d'être réalisé et non pas seulement écrit, pour un reader pour une tablette. 
N'ayant pas lu la Chartreuse je ne sais pas quel concert fut donné à la Scala lors de la rencontre Mosca/Gina, n'étant pas aller à Parme, pas encore, l'année prochaine je fais un crochet après avoir  lu le roman de Beyle, je ne connais pas le répertoire du Teatro Regio di Parma, mais ça ne doit pas être très compliqué de récréer l'ambiance musicale des lieux, des circonstances. On ajoute à l'oeuvre une couche, pont entre la littérature et la musique. Le pont, cet étrange édifice fascinant, reliant sans les fusionner deux éléments.
Les fresques du Corrège avec un plan large, celui de la photo,  sont "illisibles". Un diaporama ou une vidéo accompagnés d'une voix off, sont indispensables pour "visualiser" et comprendre les transports de l'écrivain, du spécialiste de la peinture italienne (j'ai lu son histoire de la peinture), pour le peintre.   
Ce ne sont que des exemples, il est possible aussi de s'attarder sur la cuisine, le jambon et le fromage ;-).
Vivement demain et les nouveaux dispositifs d'écriture.

mercredi 23 décembre 2009

Une interview de Bezos

Une interview de Bezos sans commentaire ou presque. Il y a une dizaine d'années Time Magazine en avait fait l'homme de l'année, ce n'était pas une erreur.

Je suis juste un peu perplexe, et très intéressé, quant à sa réflexion sur l'écriture : "Is there a next phase where the novel gets reinvented and the new digital medium gives rise to new art forms?

I'm skeptical that the novel will be "re-invented." If you start thinking about a medical textbook or something, then, yes, I think that's ripe for reinvention. You can imagine animations of a beating heart. But I think the novel will thrive in its current form. That doesn't mean that there won't be new narrative inventions as well. There very well may be. In fact, there probably will be. But I don't think they'll displace the novel."

Pourquoi cette question (fichetrement intéressante)? La réponse, pas vraiment claire, un peu normande, est sans doute dictée par une position "technologue". Le Kindle ne sait pas faire pour le moment, et les expériences en cours n'étant pas probantes, j'y crois pas. C'est plus pour Jobs ce genre de truc. 
La question étant posée, il y a prémice. Les journalistes sont sûrement en première ligne pour aborder un nouveau type d'écriture, ça les démangent. Le Net et les types Mime y sont  pour quelque chose. Le romancier succombera aussi, son champ d'investigation élargi, il partira à la découverte de nouveaux horizons pour son lecteur. C'est le propre de l'humain de toujours allez plus loin. Il le sait Bezos.



lundi 21 décembre 2009

Retour d'expérience: réponse de Didactibook

La première réponse est issue d'un mail envoyé pour comprendre pourquoi en tapant Guides MAF dans l'onglet recherche du site, je n'apparaissais pas en première position. Les autres sont en rapport avec le post de ce WE.

  • Concernant l’onglet “recherche” : Le fait de  privilégier des critères de pertinence comme le titre du livre ou les mots  clés rentrés (comme stress ou voyage) est un choix de notre prestataire  technique qui se base sur une étude démontrant que sur une période de 18  mois, aucun internaute n’a fait de recherches par le nom de l’auteur ou de  l’éditeur mais plutôt sur ses centres d’intérêts. Ainsi, nous avons opté  pour une pertinence optimale sur ces requêtes au détriment du nom de  l’éditeur. D’ailleurs si vous allez voir sur AMAZON, c’est le même  constat... Cela dit pour y palier, nous avons tout de même fait un lien, sur  chaque page du site hormis la page d’accueil, vers les pages éditeurs (dans  le menu de gauche) - Par exemple, votre page se trouve à l’adresse suivante  : http://www.didactibook.com/editeur/11/Guides%20MAF      - Si d’ailleurs à ce titre vous souhaitez nous  soumettre un texte descriptif de votre maison d’édition, n’hésitez  pas.
    • Concernant le système de tatouage numérique :  On appelle cela aussi le marquage numérique. L’idée consistant à ne pas  apposer de contraintes aux consommateurs dans l’utilisation de son livre  (comme le font les DRM classiques par exemple) tout en le responsabilisant  (ses coordonnées sont inscrites sur l’ouvrage au moment de l’achat). Ainsi,  hormis le fait qu’il ait ses coordonnées d’inscrites sur son ouvrage afin  qu’il ne le distribue pas à tout le monde, il peut l’imprimer, faire des  recherches dans le document, des annotations, le lire sur autant de supports  qu’il le souhaite, la conversion dans d’autres formats comme l’epub se fait  sans problème, etc.. C’est un système populaire auprès des  consommateurs.
    • Concernant notre stratégie Internet :  Effectivement, notre métier est de vendre des ebooks sur Internet donc nous  utilisons ce moyen de communication comme il se doit (et je peux vous  assurer que c’est un métier vraiment complet tant les champs de compétences  sont variés :-)) 
    • Concernant notre relation avec l’éditeur ou  l’auteur : Nous considérons en effet l’éditeur et l’auteur comme des  partenaires privilégiés et nous ferons tous ce que nous pouvons afin de  mettre en avant ses titres. C’est aussi une des raisons de notre  positionnement pratique, nous ne voulons pas 60 000 ouvrages sur notre  catalogue mais maximum 5000 bien choisis afin de ne pas diluer les ouvrages  des éditeurs dans la masse. Quand à privilégier EYROLLES, il n’en ait rien,  simplement, nous débutons avec de nombreux ouvrages de chez eux car ils sont  dynamiques dans le numérique et quel leurs ouvrages sont de bonne qualité.  Mais nous sommes en discussion avec de nombreux autres éditeurs afin de  compléter et diversifier l’offre. Nous avons ouvert il y a un mois  seulement, il faut nous laisser un peu de temps...  :-)
    Nous espérons que ces quelques informations vous  donneront une meilleure visibilité sur notre positionnement.
    N’hésitez pas  à nous poser des questions si vous en avez, nous sommes à votre  disposition.

    Bien cordialement,

    Benoit de La  Bourdonnaye
    Didactibook

samedi 19 décembre 2009

Retour d'expérience

Trois plateformes diffusent les Guides MAF :
Didactibook
I-Kiosque
Immatériel
Un contrat juridique est signé avec chacune, sans exclusivité. Sont-ce des diffuseurs, des agrégateurs ou des libraires ? Je n’en sais rien et je m’en fous. Leur stratégie diffère sensiblement à l’égard de l’auteur/éditeur que je suis. Le résultat est équivalent : pour le moment aucun exemplaire vendu ;-(.
Les remises oscillent entre – 35 et – 40 % sur le prix de vente HT. Aucune ne propose une remise de 5 % à l’acquéreur.
Les outils. Le plus complet, côté éditeur, est celui d’Immatériel, il me permet un suivi temps réel de la flat line des ventes ;-).

Traitement des fichiers
Elles acceptent toutes un fichier PDF sans limite de taille à priori.
Toscane, France et Romagne et Marches sont formatés pour des écrans 6’’ type E-Slick ou PRS 505.
Didactibook ajoute un tatouage numérique dont je ne connais pas le principe.
I-Kiosque les retravaille pour sa solution FlipBook Mac et PC et son DRM.
Immatériel ajoute l’adresse e-mail du client en filigrane.

La vente
Chaque plate-forme est aussi une boutique en propre ou en marque blanche. Immatériel travaille avec Dialogues, le libraire Brestois, A la page et Rue du Commerce (c’est le même groupe). Aucune ne propose la vente au « chapitre ». C’est dommage. Je ne sais pas si celle-ci peut séduire mais il va bien falloir essayer un jour. Le gratuit n’a pas fait la démonstration de son efficacité à mon sens. En 2010 la grande majorité des sites proposant des e-books libres deviendront aussi des boutiques avec un tiroir caisse à remplir. C’est plus sain. Le modèle reposant sur des subventions, de la pub ou de l’appel aux dons s’essoufflent. Dans cet ordre d’idée la nouvelle version de Romagne et Marches sera payante, ou jumelée avec un autre titre.

La promotion
Didactibook joue la carte du marketing du Net à fond. Un positionnement stratégique unique pour le moment, des ouvrages pratiques donc pas de roman, supporté par une com intégrée. Premier effet les Guides MAF sont plus souvent répertoriés par les alertes quotidiennes de Google. L’éditeur semble être considéré comme un partenaire, avec un léger favoritisme pour Eyrolles, solution logicielle oblige sûrement.
I-Kiosque répertorie les ouvrages sur Gallica, c’est à mon sens leur point fort. La com est pratiquement inexistante hors du site. Elle propose un extrait sous Flipbook de chaque ouvrage et l’interface est assez réussie. Ils jouent seuls, avec une vision du marché qui leur est propre.
Immatériel est assez étonnante, sans rien nous dire et sans effort pécuniaire de notre part elle multiplie les points de ventes. Elle agit en représentant des éditeurs.

La vitrine
On ne rentre pas chez nos 3 prestataires comme chez Amazon ou Itunes. Il faut trouver l’adresse, humer l’atmosphère, transférez notre confiance. Les freins au commerce sont nombreux, ils le sont encore plus pour une nouvelle activité. C’est qui ceux là ?
3 ou 2 colonnes pour la division de la Home page. Une présentation axée meilleures ventes ou nouveautés, éditeurs ou ouvrages, les vitrines ne sont pas vraiment accueillantes, sexy. C’est un blème. Vendre un livre numérique est un pari à haut risque, bien plus que de vendre un livre électronique. On est dans le domaine du bit, qui n’est pas immatériel, de A jusqu’à Z. Le piratage avait préparé le public du MP3, là non. Il n’y a pas de transition entre l’offre de Gutenberg et celle des Guides MAF.
Alors 2010, année des premières ventes ?

vendredi 18 décembre 2009

Que faire ?

140 téléchargements pour Marc Lévy et sa "Première nuit" sur Fnac.com en quinze jours. C'est pas terrible au regard du  support médiatique déployé (source le Nouvel Obs) .
Quels sont les  freins, inertie disait Dahan dans une interview, empêchant le livre numérique de décoller?
A force de regarder ailleurs, de se projeter à demain, on oublie la triste réalité de notre marché.
On préfère ne pas se poser les bonnes questions, mentir sur les chiffres ou positiver à mort sur des résultats qui ne sont pas les nôtres, survendre des machines et des concepts merdiques, dézinguer le champion: Amazon. La France va louper ce marché, c'est sûr. Il est trop tard, on est trop cons!

Enhanced vous avez dit Enhanced

Ce n'est pas une première. Le porte-parole de Macmillan, un éditeur de poids, annonce pour Q1 des versions enrichies de certains ouvrages. La lecture de cet écho dans le  WSJ suggère une réponse tactique de l'éditeur face aux prix bas pratiqué par Amazon, mais aucunement une approche hypermédia pour les livrels du 21ème siècle. Sans  importance, le reste suivra, les idées et les projets naîtront dans l'imaginationdes des auteurs regardant qui une interview, qui une vidéo. Reste à savoir comment cet enrichissement sera "diffusé". Sur les livres électroniques type e-ink c'est impossible. Q1 apportera une réponse.

PS: Personne n'a voulu sur notre continent relevé l'offre Kindle de Fictionwise, appartenant à B&N. C'est pourtant un élément important de la distribution du livre. La concurrence prend acte du succès du commerçant de Seattle et l'accompagne. Format propriétaire ou pas, ils s'en foutent, l'important c'est le pognon. 

jeudi 17 décembre 2009

La copie c'est peut-être pas si mal.

En regardant Looking Glass, le musicien de New York nous livre cette confidence (je vous la fait courte et vous invite vivement à regarder ce documentaire) : « pour apprendre l’orchestration j’ai copié Mahler …. Les peintres vont au musée pour copier les œuvres des grands maîtres, c’est pareil pour la musique. C’est une très bonne façon d’apprendre.. » l’écriture musicale.
Et pour l’écriture tout court ? Pas celle enseignée à l’école, mais celle dont aimerait être le détenteur pour transporter les foules. Copier Dante le divin pour devenir humain comme Balzac ?

Kindle et son concurrent en vente sous la même enseigne

On en dit du bien, faut tester. Pour ceux que ça amuse l'Iriver est en vente sur le site d'Amazon France via un partenaire 254 €.

mercredi 16 décembre 2009

TVA E-books, l'Espagne en tête.

Baisse de la TVA sur les e-books pour l'Espagne. Il serait surprenant de ne pas voir cette démarche franchir les Pyrénnées. Source El Pais.

Je suis un peu en retard mais l'annonce est importante. Quand cette fameuse taxe sera identique à celle de l'offre papier, à l'instar des restaurateurs, deux options: 1) Si le livre est numérique à 100 %, c'est à dire sans un "avatar papier", on ne change rien et on s'en met un peu plus dans les poches. La signature de la pétition Gallimard n'est pas uniquement orientée lecteur? L'auteur peut aussi gagner plus,  non ? 
2) Si les deux versions exisent, là ça craint. Ayant un repère, le public peut comparer. Il faut évidemment faire un geste. Promettre des emplois. Comme le disait Mr Chirac les promesses n'engagent que ceux qui y croit.
Baisser un peu le prix de vente, mais pas de 15 % c'est bien de trop , car il faut financer la démarque sur le livre numérique, le piratage.

Ce qui serait sympa aussi, c'est de voir un mec avec des couilles, pas moi le tribunal de commerce me les a coupées, vendre un "reader" à 5,5% en fusionnant contenu et contenant. Après tout Eco nous dit qu'un obélisque est une sorte de livre, alors un livrel estampillé, c'est un exemple, la Bible, c'est imaginable. 

2010

Si le livre numérique était la mort du livre électronique ?
L'hypermédia s'accomode plutôt mal, pas du tout d'ailleurs, de la technologie E-ink, et l'hypermédia ce n'est pas seulement les Guides MAF ou Nick Cave, c'est aussi la presse. 
Si demain HP, Apple et Microsoft sortent un support plus approprié pour un contenu enrichi, que va-t-il se passer ? 
J'y réfléchi, j'en discute avec Lorenzo et on vous livre nos réflexions avant le CES de Las Vegas et son concert d'annonces. 

mardi 15 décembre 2009

Rôle de l'auteur devant le point, la tablette d'écriture.

"Et que fera le point

que fera la tablette d'écriture

si là-haut, le pilier du ciel

est ébranlé ?" Fragments d'un Jugement dernier composé au 10ème siècle. 


N'espérez pas vous débarrassez des livres #2 et fin

Ensuite vient le long passage sur l’imbécillité, la stupidité, la crétinerie. On est, je suis, plutôt mal à l’aise. La connerie étant la chose la mieux partagée en ce monde, j’ai ma dose, j’en suis conscient et je m’en accommode. Excepté quand, lisant, je me sens proche de tous les crétins de la terre décrits au fil des pages. Pour un peu ils pouvaient ajouter à la liste des imbéciles ceux qui se penchant sur les grands de l’espèce humaine pensent s’en approcher mais s’en éloignent en fait. Mézigue en quelque sorte ;-)

Revenons à notre grille de lecture et la vanity press décortiquée par Eco. Cette pratique, existe-t-elle en France ? Je n’en sais rien mais elle nous permet d’aborder la publication à compte d’auteur. Vanité de l’écrivain impubliable, vanité et cupidité d’un éditeur dont la motivation se résume à l’argent. C’est le Corbeau et le Renard. Une chose est sûre, quoique, l’entourloupe sur le Net ou livrel sera plus difficile à mettre en œuvre. Nos auteurs n’y ont pas pensé. Pourtant Carrière a publié à compte d’auteur, pourtant il essuie des refus, mais la possibilité offerte par le numérique et le Net, à double titre, ne les a pas effleurés. Pourtant ils évoquent souvent avec amertume cet auteur inconnu et son chef-d’œuvre lu par son seul créateur, ou ceux cités par Aristote dans la Poétique dont le travail est perdu. Pourtant le Net n’est pas absent de leur débat, mais la problématique de l’auto-édition leur passe au-dessus de la tête.

Scribd possède peut-être la prose d’un « corbelet », perle de notre siècle commençant. A l’abri du renard notre technologie portera-t-elle l’œuvre à la notoriété, puis à l’immortalité ? C’est possible, il faut pour cela une mobilisation du lectorat. Ecrit après écrit, strate par strate, le chef-d’œuvre en devenir nourrit une littérature, une critique et une réflexion. Rien d’insurmontable pour le Net, mais l’outil existe-il ? Il est peut-être à imaginer.

Une chose est sûre, sans vanité pas d’écrivain. Normal, l’immatérialité de l’œuvre et la force qui nous pousse à être lu sont logées à la même enseigne : notre crâne.

Page 297 la question qui tue : « qu’est-ce qu’un livre ? » Suivent 2 ou 3 pages assez brillantes, il faut donc les lire, et une définition de U.E qui m’amuse beaucoup : « Si vous avez un obélisque sur lequel plusieurs signes racontent l’histoire de l’Egypte, vous détenez quelque chose qui ressemble à un livre. » Je suis à fond derrière vous Umberto, j’en ai marre de tous ces cons attachant tant d’importance au support qu’ils en négligent les signes, le contenu. Le toucher, l’odeur, le bruit, la vue, la reliure, la matérialité, des conneries.

Pour conclure. Ouvrage à lire ? Non !

A écouter oui ! L’impromptu n’est pas dialogue. L’audio livre serait plus approprié à mon sens, à mon ouïe (après la page 153 j’ai laissé tomber Schubert ;-) pour ce type d'exercice. 

Je vais maintenant attaquer le Vertige de la liste.

samedi 12 décembre 2009

Orange et le livre numérique

2010 année de lancement, " je ne peux pas vous le dire mais on fera comme d'habitude un produit formidable et blabla et blabla..." Voir la vidéo à partir de la 8 ème minute pour ne pas savoir grand chose ;-) Mais bon ils y travaillent ....enfin j'espère. Ah oui il parle, le patron d'Orange Vallée, d'associer les éditeurs et les auteurs. Alors là il faut que je prenne un RDV.

vendredi 11 décembre 2009

Alex prometteur ?

La vidéo est loin d'être une preuve de l'excellence d'un produit, mais en attendant de tenir celui-ci en main il est loisible de se faire une idée. Celle sur l'Alex donne deux ou trois pistes vraiment intéressantes. Cette idée d'un transfert d'un contenu web sur l'écran E-ink est l'une d'elle. Evidemment j'aimerai voir l'inverse un lien d'une "page e-ink" vers un url avec par exemple un fichier MP3 ou MP4 lu sur l'écran type "Ipod". A creuser


N'espérez pas vous débarrassez des livres #1

Comme tout un chacun j’avais réagi à chaud sur l’extrait proposé par la critique quand est sorti le livre « coécrit » par Carrière, Eco et Tonnac. Et puis j’ai attendu. Attendu des articles plus longs, plus critiques ou plus cons mais rien. Pourquoi ? Une fois le dossier de presse couper/coller, plus personne pour s'y coller? 
Une seule alternative le lire pour en tirer plus, c'est un objectif intéressant. En attendant sa réception en bibliothèque, parce que 18€50 j’ai pas, je jetais un coup d’œil dans les classements du Nouvel Obs/Virgin. Une entrée à la 17ème place dans la liste Essais en novembre, et puis oust. Mauvais signe me dis-je ! 
Mais en ce jour, je peux enfin en commencer la lecture, balayer les incertitudes.
Le but de l’exercice est d’évaluer la distance nous séparant de ces gens, incarnation moderne du livre ancien, sur l’avenir du livrel, du e-reader. Ce n’est ni le titre du livre ni son objet, mais tout simplement le sujet pour nous intéressant. Inutile de passer du temps sur l’avenir du livre papier, pour eux il ne disparaîtra pas, de leur vivant ça c’est sûr car ils commencent à n’être plus tout jeunes. Je partage leur opinion sur la non pertinence de cette question d’ailleurs.
Pour résoudre notre problème il faut en premier lieu tenter de cerner nos gus au regard des choses lues de la page 1 à 153 (pour le moment). Pas de Wikipédia, pas de bio, seulement l’analyse des propos tenus durant cet impromptu, un peu comme au bistrot, mais avec en fond sonore ceux de Schubert sur Deezer.
First, ces mecs-là se connaissent, s’apprécient, partagent un même fond culturel, avec spécialité Italie médiévale pour l’un et Iran/Asie pour l’autre, une même passion pour le livre. Ils en écrivent, en vivent, et collectionnent les incunables. Ils n’aiment pas le nouveaux riches, apprécient modérément l’informatique, faut comprendre ils bossent sous Windows, et fréquentent le gratin du monde culturel. Sans être d’une autre planète, ils sont d’une autre « matrix », d’un autre monde. Celui des libraires avec sonnette par exemple, grands bijoutiers du vélin, des antiquaires de renom. Pour un peu on ne serait pas surpris de voir Mitterrand, François, débarquer, il viendra peut-être plus tard.
Si en préface Tonnac ne voue pas aux gémonies « l’e-book », Eco met tout de suite les pieds dans le plat. La lecture sur ordinateur, à l’écran est pénible et « la présence de l'électricité [est indispensable] et [un livre numérique] ne peut pas être lu dans une baignoire, même pas couché sur le côté dans un lit. Le livre se présente donc comme un outil plus flexible. »
Euh (c’est un euhhhh de déférence), monsieur Eco :
1) La technologie E-Ink nous permet de nous rapprocher de la qualité papier. On y est pas encore mais …
2) Une entreprise coréenne ,LG je crois, a mis au point un panneau solaire pour alimenter ce type d’écran.
3) Jeff Bezos lit avec son Kindle dans sa baignoire, il le met dans un sac plastique, mais il ne nous dit pas ce qu’il fait au lit. C’est une lacune pour sûr.

U-E « De deux choses l'une : ou bien le livre demeurera le support de la lecture, ou bien il existera quelque chose qui ressemblera à ce que le livre n'a jamais cessé d'être, même avant l'invention de l'imprimerie. Les variations autour de l'objet livre n'en ont pas modifié la fonction, ni la syntaxe, depuis plus de cinq cents ans. Le livre est comme la cuiller, le marteau, la roue ou le ciseau. Une fois que vous les avez inventés, vous ne pouvez pas faire mieux. Vous ne pouvez pas faire une cuillère qui soit mieux qu'une cuillère. Des designers tentent d'améliorer par exemple le tire-bouchon, avec des succès très mitigés, et la plupart d'ailleurs ne fonctionnent pas. Philippe Starck a essayé d'innover du côté des presse-citrons, mais le sien (pour sauvegarder une certaine pureté esthétique) laisse passer les pépins. Le livre a fait ses preuves et on ne voit pas comment, pour le même usage, nous pourrions faire mieux que le livre. Peut-être évoluera-t-il dans ses composantes, peut-être ses pages ne seront-elles plus en papier. Mais il demeurera ce qu'il est. »
Le livre « c’est comme la roue », et bien il se trouve que la roue a bien évolué depuis ma première charrette. De passive elle est devenue motrice et terriblement moderne si j’en crois les ingénieurs de Michelin. Et pour vous répondre plus précisément je vais détourner les propos de votre compère, eh oui j’ose. Il est écrit page 48 : « Chaque nouvelle technique exige une longue initiation à un nouveau langage, d'autant plus longue que notre esprit est formaté par l'utilisation des langages qui ont précédé la naissance de ce nouveau venu. A partir des années 1903-1905 se forme un nouveau langage du cinéma qu'il faut absolument connaître. »
J’adore. Nos esprits sont formatés soit. Le mien mais aussi le vôtre. Pour présomption ce refus, ou manque de réflexion, d’un nouveau langage pour l’écriture. Vous n’êtes pas seul, je m’exclus car mon formatage diffère (cloisonné, hard sector, je ne suis plus), les fabricants de livrels et autres diffuseurs sont à votre image. Le livre hypermédia, babille. Mais dans un an ou deux ou dix, son langage aura intégré un nouveau vocabulaire, une nouvelle syntaxe, de nouveaux parlants. Se posera alors peut-être la question de savoir si les auteurs perpétuent l’usage du livre à savoir diffuser une connaissance (ma définition est sûrement restrictive), ce que je crois. Il me semble que nous sommes là au cœur de notre problème.
La projection du livre futur ne s’est pas imposée à nos intervenants. A cet égard leur approche quantitative est révélatrice, Carrière reprend texto la pub de Sony : « une bibliothèque de 160 livres » et Eco y voit un bel outil pour une doc technique de milliers de pages. Dans une interview   sur une chaîne parlementaire le premier se disait désolé de n’avoir pas eu un reader de disponible au temps où il travaillait sur le Mahabharata (16 volumes) avec Brooks. On pourrait aujourd’hui revenir sur l’œuvre et y adjoindre la musique (collection Realworld) composée pour celle-ci. Voir si mots (ceux du scénario ou des dialogues) et musique font sens à l’instar du film.
En étant sensibles aux nombres de gigas, ils appuient très fortement là où ça fait mal : la pérennité du stockage. Par digression il est légitime d‘évoquer la question du : comment un ouvrage numérique pourra-t-il encore être lu dans 20, 100 ou 500 ans ? Par extension on peut aussi s’inquiéter de la durée de vie des livrels.  
Fin de partie pour ce jour. Bonsoir.

jeudi 10 décembre 2009

Pas panique pour le Nook, les housses sont supers ;-)

Visiblement le testeur vedette du NYT est déçu par le reader de chez B&N (doux euphémisme)

A force de vouloir faire mieux et plus vite le libraire s'est laissé embringuer dans une dangereuse spirale ou la forme l'emporte sur le fond, c'est dommage.

Les housses sont supers, et les PLV aussi, signes indiscutables d'un bon reader...à venir.

mardi 8 décembre 2009

Chiffres à Boulogne-Billancourt

Des chiffres sur les bibliothèques de Boulogne-Billancourt : 125 024 emprunteurs pour 26 459 inscrits, 648 479 prêts (dont des vidéos des disques etc, on mélange tout ça fait plus riche, quelle connerie) dont 645 prêts de  e-book, soit 1 pour 1 000. Pour rappel la médiathèque s'est dotée d'une dizaine de PRS, dispo pour le public depuis septembre. Si un jour j'en sais plus, je vous fait signe.

Positionnement

Où classer Léonard et Michel-Ange, en culture ou en voyages ? Question posée par Benoit de La Bourdonnaye de chez Didactibook. Bof,  j'en sais rien ils sont inclassables. 
La librairie néo-calédonienne vend les Guides MAF.
C'est allé vite et j'avoue trouver marrante l'idée d'être distribué aux antipodes. Mis à part un léger décalage horaire, Nouméa ou Marseille c'est pareil, c'est la magie du Net.
Un positionnement spécifique (diffusion de livres pratiques uniquement)  peut-il leur permettre de "s'insulariser" et faire venir à eux les badauds des bords de Seine ? Je n'en sais rien. J'abordais le même sujet ce matin avec Loïc Roussel de chez FeedBooks. Lui s'en fout un peu, avec seulement 1,7 % du trafic venant de France, ses prospects sont sur les bords de l'Hudson, du Colorado. 
Franchement de la Bourdonnaye et son associée ont du culot, j'espère aussi du temps. Car en jouant à 100 % la carte du Net c'est certainement plus difficile. Sans relais parisiens ou hexagonaux dans la presse, l'édition ou la micro-blogosphère du livre électronique ils seront quand même bien seuls dans leur île du bout du monde.    

lundi 7 décembre 2009

Quid de Zoomi ?

En 2008 Zoomii faisait l'unanimité. Cette vitrine emportait le chaland dans l'univers du livre de manière satisfaisante. Quand aujourd'hui je navigue dans les différentes librairies proposant les Guides MAF, je regrette Zoomii (visiblement elle n'existe plus, lancée trop tôt sans doute).
C'est vraiment pas emballant, la boutique électronique. Je ne comprends pas pourquoi les développeurs ne s'inspirent pas de Top Sites sur Safari (la version Mac) par exemple. Va falloir se creuser un peu la tête pour appater le client. 

Où l'on parle de l'écriture


Un article du Guardian où l'on parle de l'écriture pour éloigner le spectre (à définir)  que font planer les Kindle et autres Nook sur l'édition, en général. Pour mon propos pas la peine d'aller jusqu'au bout de la démonstration. Un moment, elle se prend longuement dans les fils de la toile pour une conclusion dont je ne partage pas toutes les hypothèses.

Attardons-nous si vous le voulez bien sur cette phrase dévoilant une relation physique d'un auteur avec sa machine à écrire, avec son texte : "I need the sound of the keys, the keys of a manual typewriter. The hammers striking the page. I like to see the words, the sentences, as they take shape. It's an aesthetic issue: when I work I have a sculptor's sense of the shape of the words I'm making" une fusion semblable, mais non identique,  souvent exprimée par les lecteurs avec les livres. Pour une fusion identique il faut imaginer le processus inverse, tel les télextes d'hier. Barbant. Pour une fois on s'intéresse au procéssus d'écriture, mais partialement et c'est dommage. L'ouvrage  numérique n'empêche pas l'auteur d'utiliser sa machine, ou son stylo pour créer une oeuvre c'est son problème. Il peut même exiger sur le premier écran E-Ink de  son roman la mention : " écrit avec une Remington 1921". D'autres se chargeront des "basses besognes", c'est bon pour l'emploi.
Cet été à Carrare je regardais des sculpteurs travailler avec un outil pneumatique, Michel-Ange en aurait fait autant, j'en suis sûr. Il aurait adopté la scie à diamant et  le camion, la grue et les câbles d'acier, abandonné les boeufs et les cordes de chanvre. Pourquoi ? Pour aller plus vite et terminer des chantiers qui lui tenait à coeur. Pour épargner la vie des carriers écrasés par les blocs de marbre, il s'en est fallu d'un rien pour lui-même. La nature de ses oeuvres en aurait-elle été altérée ? Peut-être mais on ne le saura jamais. Seulement une chose est sûre quand il travaillait sur telle ou telle sculpture il savait déjà où elle prendrait place et avec quelle lumière. Hors quand une statue est déplacée, je pense aux Esclaves du Louvre, on altère l'oeuvre et pourtant personne ne s'en offusque (quelques uns à peine le regrette).Idem pour notre écrivain, s' il ne se pose pas aujourd'hui la question du support, son esprit intègre depuis longtemps le format livre, demain il devra, c'est effectivement une ombre sur l'écran, un élément du spectre, tenir compte de, des écrans. Il doit intervenir, se réapproprier le contenu (billet d'hier), le fond, mais aussi la forme. Il pourra pour des raisons de rendu, de rythme de lecture, de qualité, refuser de voir son travail porté sur un support électronique c'est légitime. A contrario s'il accepte il doit y réfléchir dès la conception, car il peut y avoir altération de l'oeuvre. C'est facile à concevoir pour un livre avec images et tableaux, c'est plus complexe pour un essai ou un roman, mais il y a menace.

dimanche 6 décembre 2009

Scribd stats

Outre le nombre de lectures, près de 1 000 ce jour (je suis d'accord ça ne veut pas dire grand chose), le nombre de téléchargements (55 c'est déjà plus intéressant) et des mecs qui collent leur tronche sur votre page perso le site nous fournit des infos marrantes. Elles me rappellent une comparaison faite entre Victor Hugo, Shakespeare et le nombre de mots utilisés par chacun. L'anglais battait le frenchie à plat de couture.

Si vous jetez un oeil sachez que:
Le nombre de pages n'est pas significatif, Léonardo est au format 6''.
Le nombre de mots n'est pas intéressant sauf s'il s'agissait du nb de mots différents.
Le nombre de caractères est le seul qui soit fiable je crois, le nb de lignes est quasiment équivalent, je comprends pas.

La suite, le nb de lettres par mot. Leur base étant essentiellement anglaise c'est marrant cette quasi égalité. Plus de mots par ligne mais moins de  mots par page c'est pas cohérent. Je pense que ce sont les images qui foutent le bordel dans leurs stats, et pourquoi ?

Pour une raison : Appelons-la "Primat du blabla quantifié".
Smashwords nous l'explique assez bien, 70 % des ouvrages ne sont que du texte, donc les 30 % restant on s'en bat les ...vous savez quoi. Scribd accepte tout mais n'en tient pas compte, ils travaillent en mode "image".
Feedbook c'est pareil, le rendu est impeccable mais si vous n'avez pas écrit un roman: exit.
Les assembleurs de livrels ? Même combat, on singe le livre et le livre c'est avant tout un roman.
Cette approche analogique, un comble, est une impasse. C'est l'essence même de ce type de raisonnement, ses limites sont celles du modèle. 
Vous sortez du modèle, vous avez toutes les chances de surprendre le marché et vos concurrents.

 

Recadrage

"Sorry, CONTENT is what Project Gutenberg provides but not FORMAT, FORM, FORMALITY, etc."

Le contenu encore et encore, toujours....Le fondateur du projet Gutenberg, Michael Hart, résume parfaitement l'objet premier et unique  d'un e-book, d'un livre numérique. Nous avions hier avec Baccino des outils formidables pour juger de la qualité d'un support, d'un livre électronique. Hart + Baccino c'est une grille de lecture béton, le reste c'est du marketing, du pipo.
Quand à la housse et au carton d'emballage arrêtez les mecs.
On ne va toute de même pas rejeter tel ou tel titre au prétexte d'un format, d'un support ?  
  Je veux lire la Bible et les Apocryphes, Dante et Baudelaire, Chastel et Arasse, Rowling et Waltari, Vinci et Michel-Ange. Les poèmes de ce dernier sont disponibles uniquement en papier eh bien j'achète, et bravo les Belles Lettres pour votre édition. Elle est accessible et c'est l'essentiel. Si elle ne l'est plus, là se pose la question d'une réédition ou d'une diffusion numérique, ou de la bibliothèque (un super outil les biblios, mieux que n'importe quel reader), mais pas du format. Je n’exige pas une version XXX d’un ouvrage. Au nom de quoi pourrais-je le faire ? Le contenu ne m'appartient pas. 
Tel lauréat d’un concours truqué n’est pas numérisé ! La belle affaire. La première question est : Ce roman est-il bon ou pas ? Un changement de support ne changera rien, la daube reste de la daube, et une daube moins chère aussi.
  PDF, E-pub,PRC ou WEB je m'en tape sauf si ils nuisent au contenu, au travail de l'auteur, à sa perception de l'ouvrage (hypermédia et papier, une antinomie, une non faisabilité, par exemple).
Si M Levy diffuse en son nom ses romans numériques c'est peut-être aussi pour se réapproprier le contenu et pas seulement pour faire du fric.
Arrêtons de nous offusquez sur les formats propriétaires, les DRM et autres inventions de l'industrie logiciels. Ce n'est pas de la censure, ce n’est pas synonyme d’Index. C’est seulement une histoire de gros sous, du business. Et du business tout le monde veut en faire.
Si vous êtes tellement en pétard contre telle ou telle plate-forme, mouillez votre chemise. Irex et d'autres vous donnent la possibilité d'écrire des programmes pour combattre les méchants. 

 


samedi 5 décembre 2009

Livre hebdo, Baccino et l'hypermédia

Combien de fois vous ai-je bassiner avec l'hypermédia? Eh bien j'en remets une couche avec l'interview de Baccino dans Livre Hebdo : " S'habituera-t-on sans problème à ces nouveaux supports?
Il va falloir prendre des habitudes, créer de nouvelles stratégies de lecture... mais je crois que les gens s'adapteront. Je fais souvent la comparaison avec le cinéma au début du XX ème siècle: les films étaient muets et en noir et blanc. Aujourd'hui, alors que le cinéma s'est considérablement enrichi avec la couleur, le son, les effets spéciaux, on a plus de difficulté à regarder ces films non enrichis. Pour le livre électronique, ce sera la même chose : nous aurons de plus en plus de mal à nous passer de cette nouvelle richesse".

Fallait-il attendre Baccino et fin 2009 pour en être persuadé ? En fait le livre numérique hypermédia c'est la vision de Léonard au-delà des techniques de son temps. Pour y voir plus clair je vous renvoie sur mon article datant de 2007. 
Je vais même vous faire sourir, sans la Joconde Brigitte Bardot n'existerait pas.

vendredi 4 décembre 2009

Stradivarius

Si j'ai bien compris l'article  de l'article sur le secret du Stradivarius ....de secret il n'y a point. Le maître de Crémone faisait de l'excellence une marque de fabrique, point. Cette approche nous ébahit, fait de l'objet une exception. Reflet de notre propre médiocrité acceptant des dispositifs inaboutis, ne tenant compte ni de nos sens ni de notre ergonomie, Sony et ses dalles tactiles par exemple, des moteurs de rendus, epub notamment, incapables de se frotter à leur modèle : l’édition papier. Je n’ai pas envie ni les moyens de me lancer dans un long développement des insuccès du livre numérique, trop tôt pour tirer des conclusions d'ailleurs. Nous pouvons justes relever des erreurs, freins puissants à la diffusion d’une technologie dont l’ambition est de jouer dans la cour de Gutenberg. Il doit rigoler le teuton.  

Mickey entre dans la danse


Pour en savoir plus lire l'article du NYT avec en prime la date de sortie du QUE, l'indispensable , qu'écris-je, l'incontournable pronom relatif, la marque de fabrique en somme de M Levy ;-).  

jeudi 3 décembre 2009

Le livre


"Des corps sans âmes nous fournissent , par leurs sentences, les préceptes qui nous aideront à bien mourir" LDV

mercredi 2 décembre 2009

Quand les barrières tomberont (c'est aussi une question)

La définition du livre numérique voulue par le législateur, Lorenzo ou machin et bidule pose problème. Elle est le reflet du cloisonnement qui nous habite depuis je ne sais pas quand, je pencherai par facilité pour 1452 (à développer évidemment). La responsabilité des différentes corporations, celles d’hier comme d’aujourd’hui, n’est pas à écarter. J’ai signé la pétition initiée par A Gallimard, mais si on remplaçait « livre numérique » par « ouvrage numérique » en y associant les musiciens, les vidéastes et autres artistes je n’en serais que plus ravi. Le vers de Baudelaire « les parfums, les couleurs et les sons se répondent » nous invite à penser la culture sans barrière, sans cloison en toute liberté créatrice, et la numérisation nous y aide grandement, nous y pousse. 
Il suffit de penser au Dies irae pour voir, écouter et lire une création artistique extraordinaire. Je me répète : Littérature, arts plastiques (et ses dérivés) et musicaux, toutes les disciplines se sont nourries de ces deux mots, et connement nous en acceptons la séparation. Pensez-vous réellement que Michel-Ange en peignant la sibylle de Cum au plafond de la Sixtine n’avait pas en tête les mots et la musique d’autres artistes inspirés comme lui par l’antiquité grecque ? Ce que notre cerveau fait naturellement, associer les stimuli de nos sens, la technologie le défaisait. C’est aujourd’hui du passé ou presque. Restés prisonniers de cette conception de la création, des arts, c’est refuser à notre cerveau un nouvel espace imaginaire.

mardi 1 décembre 2009

Border line

Gamin je suis allé en vacances au camping de la plage des Blancs Sablons. Pourquoi là ? Je n'ai pas la réponse. Une chose est presque sûre, mon père n'avait pas idée de  m'amener au plus près des USA. Cette "position" géographique revendiquée par les brestois m'a toujours fait sourir.
Est-ce le vent de la côte est qui souffle à la librairie Dialogues de proposer les Guides MAF? Non évidemment.
C'est Immatériel qui fait son boulot, plutôt bien (merci).
Bizarre ce circuit de distribution Editeur/Agrégateur/Librairie auquel je ne crois pas. Mais il faut se rendre à l'évidence pour le moment c'est celui qui semble mobiliser le plus d'énergie, le plus de bonne volonté. 
C'est la distribution numérique, en multipliant les points de vente, on multiplie la visibilité etc. C'est une transposition du monde réel, dont le net pourrait s'affranchir, mais il faut vendre en directe, ce que je ne fais pas au contraire d'autres qui jouent sur tous les tableaux et jurent vouloir sauver les libraires.
C'est donc l'agrégateur et le libraire qui assument le faire savoir sans être très gourmands. la marge de Dialogues sur les Guides MAF n'est pas équivalente à celle d'un livre.  Ceci explique sûrement la disparition de leur catalogue des ouvrages gratuits. Pas envie de s'emmerder pour ne rien gagner sûrement. Une autre particularité : Après une requête la vitrine propose ouvrages numériques et livres sans "a priori", seul un bandeau "e-book" fait le distingo.  C'est pas bête.

Une pétition pour

A lire et à signer si vous en avez envie.