samedi 15 août 2009

Mozart hypermédia...pourquoi ?

La réponse va de soit en lisant ce passage : "Ils sont inégaux (des quatuors écrits sous l'influence de Haydn), c'est vrai, mais deux sont parfaits : le premier (en fa K. 168) et le dernier (en ré mineur K. 173). Ecoutons le premier mouvement de celui-ci. Il commence par une belle mélodie qui est un res­souvenir nostalgique de l'Italie. Mais voici que s'élève un petit motif thématique. Il n'a pas de mélodicité ; c'est un vecteur rythmique, qui est haché, saccadé, têtu. Il va s'at­taquer à la belle mélodie comme s'il voulait la détruire. C'est une sorte de caquètement de poule et il est acharné, méchant, cruel. La mélodie reparaît, essaie de survivre ; mais rien n'y fait : elle se lacère, elle s'effiloche et dispa­raît. Le motif thématique, victorieux, reste seul en lice.

Deux remarques. D'abord le langage thématique entre ici en conflit non pas avec le contrepoint, mais avec la mélodicité d'un chant. Deuxièmement, Mozart ressent beaucoup plus fortement que Haydn la possibilité de véhé­mence du langage thématique. Nous sentons ici déjà le démonisme romantique. Mais Mozart ne pouvait pas s'en­gouffrer dans cette ouverture linguistique. Nous sommes, avec ce quatuor, à la mi-septembre. En décembre il achève un Quintette à cordes (K. 174) qu'il a commencé au prin­temps et il y adjoint un finale. Ecoutons ce finale. Nous y constatons d'abord que le langage thématique y règne sans partage, et sans plus se heurter à rien. Ensuite écoutons bien le thème moteur : il n'est autre que le caquètement qui nous a paru si méchant dans le Quatuor."

L'auteur , J-V Hocquard est un spécialiste de Wolfgang Amadeus, il connaît certainement ses œuvres par cœur, il les interprètent dans sa tête. Il en va autrement pour nous. Les mots sont impuissants à restituer cette musique et je suis quasiment incapable de répondre à cette invitation. Ce type d'ouvrage est "du vol." Écrit en 1996 il aurait dut être accompagné d'un CD.

Alors que faire en 2009 ?

Au mieux je dispose d'un balladeur et je télécharge les morceaux chez Apple ou Amazon, mais le fil de ma lecture est interrompu. Pas terrible et çà pour chaque morceau proposé, pour chaque fragment de partition décortiqué au long des 250 pages de l'ouvrage. Galère et cher.

L'autre solution vous la devinez.... des MP3 sur un livrel.

Si la question des droits d'auteurs ne se pose pas, celle des droits voisins oui. Sauf si vous vous contentez des 30 secondes légales, à discuter il s'agit en fait d'un temps court, si vous dégotez des 33 tours mono, (ce n'est pas si grave de toute façon MP3 c'est pas terrible) ou passez des accords avec des labels en mal de pub.

Des ouvrages de ce type il en existe des milliers. Y a du boulot.

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