vendredi 13 mars 2009

Piratage

Sur Fance Inter ce matin j'écoutais le bavardage du commissaire du Salon du livre à propos de l'e-book. Se hâter lentement (S.Eyrolles) pour ne pas vivre les mésaventures du CD, de la vidéo nous confesse-t-il. Le produit culturel est-il victime des pirates ou de la cupidité des acteurs ? Question "cent réponses". Si le pirate n'affiche aucune vergogne à télécharger de la musique et des films, c'est qu'il n'a plus envie d'engraisser les vedettes du star système. Les acteurs et "artistes" de variétés les plus piratés sont les plus riches (j'e l'ai vérifié maintes fois sur Kazaa ou Emule) , on ne va pas pleurer. Et le discours hypocrite des producteurs est à mourrir de rire.
Mais là n'est pas le sujet. Les écrivains sont ils potentiellement une cible pour les pirates ? Pour un King, un Brown, une Rowling et un Levi il y a danger, pour tous les autres je ne le crois pas (sauf peut-être la BD et les Mangas). A part le pirate obsessionnel, l'écrivain et son travail est respecté par le lecteur. Un ouvrage sera peut-être, sûrement, dupliqué pour "être prêté" mais certainement pas dans les proportions des CD et vidéo. Le lecteur, n'est pas un voyeur passif de vidéo, un écouteur passif de musique, il est actif, partenaire. La lecture demande un effort, l'écriture aussi, le lecteur en est conscient et respecte ce travail. A quoi lui servirait de copier 10, 20 ouvrages qu'il ne lira jamais, temps perdu, il finira par se lasser s'il s'est avisé de commencer.
"Se hâter lentement" pour quoi faire ? Mettre en œuvre des systèmes de blocage pour qu'ils soient inefficaces 2 jours après. Stupide. Réfléchir à un modèle économique, hors DRM, pour gagner de l'argent. Soit. Amazon a ouvert la voie, chercher une autre voie c'est perdre du temps, et laisser aux acteurs étrangers le champ libre.
Demain, par exemple, les best-sellers américains ne seront plus proposés par les éditeurs français, car ils seront incapables de répondre aux exigences de leur homologues anglo-saxons. Ils seront traduits, et diffusés par les champions du numérique hors de nos frontières.
Un clic ici ou un clic là-bas peu importe à qui va l'argent pour l'acquéreur, dès l'instant que l'on satisfait son désir.
Si l'on continue à freiner, il n'y aura pas de champion du livre électronique français, seulement des acteurs de seconde zone.

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