jeudi 25 décembre 2008

GPS et E-Books

Paris-Angers aller retour sur l'A11 ça laisse le temps de réfléchir...au pourquoi d'un certain nombre de choses, notamment pourquoi le livrel a tant de mal à s'imposer ? Mais cette question n'est pas la bonne!
La courbe produit, vous savez le chapeau de gendarme ou la courbe en S, est certainement classique. Notre enthousiasme sur le livrel nous fait perdre de vue qu'il n'est pas question de rapprocher un PRS505 d'un Iphone, mais plutôt d'un GPS. Ce produit aujourd'hui à la mode ne l'était pas il y a 10 ans ni même 4, quand je tentais de convaincre Webraska du bien fondé d'un accouplement Guide/GPS. Le taux d'équipement était alors sous les 5 % toutes solutions confondus (téléphone,PDA, matériel dédié embarqué ou non). Et puis il y a eu TOMTOM. Qui sera le TOMTOM du E-Book ? Je n'en sais rien.
Mon sentiment est qu'il faut une rupture avec le papier et son univers, mais le prix reste la variable prépondérante.
Un livrel à moins de 100 euros et des ouvrages hypermédias, c'est l'assurance de faire oublier le livre comme le GPS fait oublier la carte ou le plan.
La question initiale est donc comment fera-t-on oublier le livre au lecteur ?

mardi 23 décembre 2008

Tops et Flops 2008

Dans le domaine qui nous intéresse à savoir les livrels, e-books, readers ou un autre mot sauf liseuse ou liseur (j'ai vu la bande annonce, ça donne envie, quels sont les tops et les flops en France.
Tops : Sony avec l'introduction du PRS505 en France. Apple avec l'Iphone, mais combien de nos compatriotes lisent sur leur téléphone? On est peut être dans l'intoxe. Bookeen avec une stratégie qui finira peut-être par payer (distribution auprès des enseignes click and mortar). Les expériences d'Orange et SFR (dont on ne connaît pas les résultats)et celles des différents acteurs aux moyens plus limités (Feedbook,Publie.net)

Flops : Les Guides MAF (aucune vente pour le PRS505 ou l'Iliad), je suis vraiment pas un génie de la vente ;-(. Le trinôme Fnac, Sony, Hachette, moins de 5000 (plus près de 1 000 ou de 4000 ?) unités en lancement (chiffre les Echos) à ce rythme, mettons 2 000 unités mois on est loin de pouvoir se comparer aux USA (ça doit être notre exception culturelle qui nous freine :-))). Les Echos, après deux lancements l'offre s'est essoufflée (partis trop tôt, matériel inadapté aux journaux et la pub?). L'Education National et son non choix pour un livre scolaire électronique. Irex, un superbe outil toujours en promesse.

Que demander pour 2009 ? L'introduction du Kindle sur Amazon.fr.

vendredi 19 décembre 2008

E-book Foxit bis

Trois réflexions après l'annonce de Foxit.
1) Les "lecteurs" Acrobat ne sont pas tous égaux et leurs performances vont devenir un critère discriminant pour le choix d'un livrel. Pas sûr qu'ADE, par exemple, sorte vainqueur d'un test comparatif.
2)Le choix du tout PDF fait par Foxit est cohérent. Exit epub et XML dont Tim Berners Lee, himself, admettait le manque de souplesse, et comprenait le rejet.
3)Chez Foxit on est malin, mais çà ne suffira peut être pas.

Foxit et les e-books

Liseuses.fr nous informe qu'il existe un nouveau livrel : le eSlick à 230 $. Son hard nous laisse froid (c'est une plate-forme asiatique bien connue), au contraire son soft est des plus intéressant. Le "concepteur" du produit s'appelle Foxit. Le produit phare de cette société est un reader PDF plus performant qu'Acrobat. Leur dernière version pour PC intègre le rich-média. Est-ce celle-ci qui est embarquée sur le eSlick? Il faut l'espérer pour avoir enfin un produit hypermédia capable de lire des e-codex.

PS : Avant hier soir sur France 3 un débat après le journal avec les sommités scientifiques de notre pays. Un constat : le décloisonnement des sciences a permis des progrès phénoménaux. Avis aux ingénieurs.

http://www.foxitsoftware.com/ebook/overview.html

jeudi 18 décembre 2008

Des cartes sur le Kindle

Sur Teleread un post au sujet de cartes routières dispos sur le Kindle. Elles sont en vente sur Amazon 1$60, et l'utilisateur semble satisfait. C'est intéressant car la carte est encore plus rétive à la réduction que le livre, et pourtant elle-même n'est-elle pas la réduction de notre univers ? De qui ce moque-t-elle ?
Une belle carte bien déployée sur la table c'est un voyage pas cher. Mais en bagnole c'est galère. Alors faute d'être superbe une carte de la Toscane intelligemment couplée au Guide MAF de Léonard ça serait quand même le pied.

Merci Lorenzo

Lorenzo connaît ma passion pour Dante. Il m'a fait parvenir ce matin l'url d'un article de Libération sur l'adaptation pour un jeu vidéo de l'Enfer en me demandant mon avis.Voici ma réponse : Je n'aime pas les jeux. Concernant le résumé du scénario pourquoi évincer les sodomites, les rois et les papes (le pouvoir temporel et spirituel) voués eux aussi à l'Enfer ? Vous êtes en Enfer chez Dante non pour ce que vous êtes mais pour ce que vous faites au regard de ce qui est bien. C'est plus fin qu'une simple appartenance à une catégorie. Pourquoi exclure le Paradis ou le Purgatoire ? Pas assez gore sûrement. Ces scénarii made in USA sont trop cons, idem pour le cinéma, mais ils donneront peut être l'envie à quelques personnes de lire l'œuvre originale, c'est le côté positif "Davinci Code (le bouquin)". Il faudra que je profite de l'effet Dante pour ma version hypermédia. Ce mail fera l'objet d'un post merci à vous et bonnes fêtes.
Cordialement
MAF
l'article : www.liberation.frculture/0101306122-dante-un-jeu-d-enfer

PS: En y réfléchissant encore 2 jours après, je me demande comment Virgile, Béatrice et Dieu seront traités ? Ils risquent comme pour Troie avec Brad Pitt en jupette, d'oublier "les dieux".

mardi 16 décembre 2008

Quand ADE merde



Qu'ADE ne soit pas la solution idéale pour la lecture des e-books, je m'en doutais un peu.On est effectivement loin d'avoir toutes les fonctionnalités requises, mais qu'il ne sache pas restituer correctement les images je trouve çà très embêtant pour ne pas écrire plus. je me souviens que Lorenzo Soccavo appelait de ses voeux la création d'une start up pour bousculer un peu tout ce beau monde qui se fout un peu notre gueule. Il avait raison. Si un investiseur potentiel lit ces lignes qu'il prenne contact.

jeudi 11 décembre 2008

DRM et les droits de l'homme.

Le DRM est un serpent de mer de la blogosphère (voir les annonces d'Amazon cette semaine) et en cette période d'anniversaire des droits de l'homme personne visiblement ne tente de résoudre cette contradiction de L'article 27 :
1. Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent.
2. Chacun a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l'auteur.

D'un côté je dois pouvoir jouir des arts, de l'autre l'auteur doit être justement rémunéré.Çà semble facile et pourtant ça ne l'est pas.

Il semblerait que depuis quelques siècles déjà (Brunelleschi se battait déjà pour son droit d'auteur) on se soit arcbouté sur le(s) droit(s) de l'auteur et non sur la (les) valeurs de l'œuvre et de son auteur.
Il serait opportun comme le fait indirectement cette déclaration de faire la part des choses entre l'art, le savoir et le divertissement.
Il y a il me semble un distinguo à faire entre un disque de variété et un disque "classique" (ceci n'exclue pas le jazz ou le rock), un roman de gare et un prix Nobel, un film ou un documentaire. D'un côté nous avons une approche économique et divertissante, de l'autre une approche culturelle qui n'exclue pas l'argent, mais n'en fait pas le ressort principal de la création.
Sur quels critères fait-on ce distinguo. Il faudra pour l'auteur choisir son camp (je fais du fric ou je fais de l’art), ce qui depuis Duchamp est une position reconnue et acceptée, l'acquéreur devra changer de comportement au regard de telles œuvres, du choix de l'auteur.
En fourrant tout dans le même sac, c’est là le drame, l'un des effets pervers du droit d'auteur tel qu'il est administré aujourd'hui, c'est à dire la non prolifération de l'œuvre, s'est étendue aux œuvres culturelles.
L'éditeur décide au nom d'une rationalité économique de priver une frange de la population et les générations à venir du savoir, d'une jouissance à la quelle nous avons droit en contre partie d'une juste rémunération.
Si je veux acquérir un certain nombre d'œuvres épuisées (livres, disques, DVD), elles sont légions, je ne peux pas. C’est aussi un manque à gagner pour l’auteur.
Il se peut que 30 ou 50 ans plus tard on décide d'une réédition, ou d'une réécriture (ce qui est malhonnête, car nous n’avons pas besoin d'une énième biographie de François 1er etc.. qui ne nous apporte rien). Entretemps l'humanité est privée de cette œuvre.
Je râle et je ne dois pas être le premier. Je n'ai pas retrouvé les textes qui circulaient aux temps de Mirabeau, mais les opposants à son opinion devaient déjà sentir le danger d'une rétention du savoir pour motif économique. Ils avaient raison. D'un côté les gros sous, de l'autre le savoir. Les temps modernes ont choisi leur camp et la numérisation remet en cause ce choix.
Il ne s'agit pas de savoir uniquement si je peux recopier une œuvre acquise de bon droit sur plusieurs supports (argument massue avancé par les bloggeurs), mais bien de la rendre pérenne et accessible pour tous ad vitam aeternam en rémunérant son auteur.En quoi la numérisation change-t-elle la donne ? En premier lieu on ne se pose plus la question du nb d'exemplaires à fournir. Un ou un million c'est pareil et paradoxalement la numérisation encourage une protection renforcée de l'auteur, non de ses droits mais de sa juste rémunération, la sienne et non celle de ses descendants qui n’ont comme seule qualité que d’avoir été dans les couilles ou le ventre de l’auteur (l’article 27 les ignore d’ailleurs, mais c'est un autre débat peut-être). Les solutions proposées (DRM) aujourd'hui sont scandaleuses car il est évidemment inacceptable que le changement de matériel entraîne la non disponibilité de l'œuvre (j'ouvre une parenthèse sur la destruction d'une œuvre numérique empruntée à la bibliothèque pour un e-reader au bout de 15 jours. Il doit y avoir une solution plus intelligente non ?).L’œuvre culturelle se doit d’être pérenne, portable et compatible, et ceci implique des choix. En gros « la culture » doit opter pour des solutions techniques non propriétaires. En face l’acquéreur y voit non seulement une satisfaction intellectuelle, j’ai acquis un nouveau savoir, mais aussi une pérennisation de son investissement. Ce nouveau pacte entre auteur/acquéreur n’est possible que si les deux parties sont gagnante/gagnante. Si non nous retombons dans le schéma actuel qui au nom de l’auteur emploie des moyens coercitifs. Ne soyons pas dupe, depuis le début c'est l'argentier, l'éditeur, le producteur qui protège sa boutique. Sans allez très loin, Adobe nous gratifie d'un message d'erreur quand un fichier PDF est lu avec ADE si celui-ci n'a pas été généré avec une version qu'ils jugent assez récente, la 7 par exemple. Et que voit-on sur le site Du Divan une obligation d’avoir ADE pour lire les ouvrages numérisés de Gallimard. Voilà l'état d'esprit des tenants du DRM, même si vous êtes honnête vous êtes puni.Nous n'avons pas encore résolu « la contradiction » de l'article 27, mais nous proposons d'écarter du champ de son application les ouvrages de distractions et divertissements, qui peuvent être soumis aux lois du profit, celles d'hier et donc aux DRM. JK Rowling est exemplaire pour illustrer cette position. Elle écrit pour le fric et ne veut pas entendre parler de numérisation de peur d’en perdre. Elle fait bien son boulot et est au regard de ses critères justement récompensée. Tout le monde semble satisfait.Que ceux qui ne respecte pas ses choix soient confrontés à la justice me semble normal.
Pour les œuvres d'art et du savoir, le DRM est exclu. En contrepartie d’autres voies de distribution, format de fichier, TVA, droit d'exploitation etc… doivent être explorées et mis à la disposition d’un nouveau type d’éditeurs ,de producteurs (ils existent peut être déjà mais n’ont comme outils que ceux qu’offre le Marché). Très franchement ce n’est pas très difficile.
On peut dans ce cadre tendre vers l’état d’esprit de l’article 27 et satisfaire les auteurs et les acquéreurs.

mardi 9 décembre 2008

Une application tierce pour PRS505...à condition de

Je trouvais l'idée intéressante, pouvoir personnaliser un peu mon PRS505.
http://code.google.com/p/prscustomizer/downloads/list
Seulement je n'ai pas pu tester correctement, je pensais qu'il suffisait d'être brancher via l'USB, mais c'est un peu plus compliqué, il faut une carte SD et j'en ai plus je l'ai laissée dans une PSP offerte à un neveu.
Si pour vous ça fonctionne faites moi signe.

lundi 8 décembre 2008

Le JDD et l'E-Book

Ça doit être un truc de journaliste , citer J-L Borges et sa Bibliothèque de Babel pour parler des e-readers (l'article de Carlos Gomez pour le JDD)
Ça doit être un truc français de dire : C'est bien mais je n'achète pas (le commentaire d'un lecteur de l'article en référence).
J'ai vécu la même chose avec les Apple II importé par Sonotec, avant qu'Apple France ne soit créée par Gassé.
Ça doit être un truc du marketing, et pas d'entrepreneur, de ne pas vouloir casser la baraque en proposant un véritable hiatus entre le papier et le numérique. C'est à dire de proposer des e-books ou livrels et non des e-codex.
Ç'est plus facile c'est sûr de faire une communication "quantitative" plutôt que "qualitative" sur le e-reader : 200 bouquins en mémoire, 100 classiques gratos, 7 jours d'autonomie etc.. VS Vous avez un cerveau servez-vous en ! Réapprenez à lire, voire et écouter, rêver et voyager.
Le slogan est sûrement nul à chier mais au moins quand on dira : votre truc c'est trop cher!
On pourra toujours demander à combien notre interlocuteur évalue son cerveau.
C'est plus facile de faire un comparatif (un article de Shiny Shiny) sur les seules spécifités techniques, sans explorer les usages et comportements.
Exemple le lecteur MP3 du PRS 505 est une catastrophe (gestion de la play list, temps de réponse lecture pause, ergonomie des fonctions ) c'est comment sur le Cybook ?
Je télécharge un PDF sur Gallica, il est restitué comment sur les différents e-readers ?
Evidemment ça demande du temps et de l'argent mais si on veut faire avancer le e-codex il faut arrêter de bricoler de se faire plaisir.
Le PRS et autres supports du même type ne sont aps des ardoises magiques, des jeux, ce sont des outils culturels. Leur concurrent s'appellent le livre, c'est pas rien.

vendredi 5 décembre 2008

E-BOOK Des chiffres, un peu

MAJ le 6/12/2008

Via Actualitté et le Wall Street Journal nous avons quelques chiffres sur la vente des e-readers de Sony : 300 00 unités depuis octobre 2006. En mars 2008 les chiffres étaient de 100 000 an. Soit un doublement, 200 000 unité an, pour le PRS505, c'est bien mais Amazon fait bcp mieux avec 250 000 unité an.
Un ponte de la société niponne estime que la connexion sans fil, qui différencie les deux machines (le PRS 700 ayant un clavier virtuel maintenant) n'est pas si utile.
Eh bien on peut en déduire que chez Sony le cloisonnement est toujours de rigueur.
Si le téléchargement d'un ouvrage via un PC, pour les MAC on s'en fout n'est-ce pas , n'est pas vraiment une contrainte, difficile par contre d'accéder par ce mode aux titres de presse et aux fils d'actualité.
OYE OYE LE PRS EST ET NE SERA QU'UN LECTEUR DE LIVRES.... QU'ON SE LE DISE. Et le service marketing vise le nomade qui reste près de son PC ;-))
KOTKOT avance d'autres chiffres: 850 PRS505 en stock à la FNAC début novembre, avec 1 vente par jour pour une FNAC de province. Bookeen fait mieux sûrement, l'exclusivité a ses limites.
Du côté du contenu livresque US on atteindrait les 100 000 ouvrages à la fin de l'année sur le site de SONY, c'est pas mal. C'est même plutôt une bonne nouvelle.
Chez nous là où pas grand chose se passe, La Fnac nous propose un peu moins de 3 000 ouvrages et Le Divan, la grande réponse de Gallimard à Hachette, 32.
On a le vertige.
Heureusement il y a Gallica. Mais en fait tout ça on s'en fout, ou presque.
Sans concurrence le marché hexagonal ne pourra décoller.
Bookeen doit être sous capitalisé, Nemoptic se fout du livre électronique et 4 D Concept ne vise pas le BtoC.
Il faut donc attendre 2009, voir si Amazon débarque sur notre territoire et si les opérateurs téléphonique (Orange, SFR, Bouygues ???) se lanceront sur le marché. Si non tout cela restera bien confidentiel et ce n’est pas bon pour mes ventes :-(

Quant à l'émoi suscité par la Nitendo DS ou l'Iphone, c'est n'importe quoi.
On bafoue nos yeux, notre intellect et l’œuvre d’un auteur.
Tout est bon pour faire du fric. Jean Ferrat avait refusé lors de la sortie d’une compile à la con promue à coup de millions de voir ses chansons « mélangées » avec celles d’autres « artistes ». Il a raison on ne doit pas faire n’importe quoi, juste pour de l’argent.
La Bible sur l’Iphone c’est à vous dégoûter. Quel plaisir sur la Pléiade, quelle galère en format poche sur 2 colonnes.

PS : Le mec de chez Stanza m'a demandé si j'étais à Paris, j'ai dit oui et prêt à le rencontrer, depuis plus de nouvelle. Bizarre (je ne suis pas incohérent avec les lignes ci-dessus je n’ai pas l’intention de porter mes guides sur l’Iphone, mais Stanza ira forcément sur d’autres supports)

jeudi 4 décembre 2008

Au diable la veuve et l'orpheline

Au diable la veuve et l'orpheline, je ne suis pas Zorro. Et pour une meilleure "ergonomie" sur le PRS505 j'ai, page par page, supprimer cette option par défaut, dans Word, qui générait un voir deux sauts de lignes en fin de page. Ce blanc était trop important à mon avis, presque 10 % du nombre de lignes avec un Garamond 14 en normal et 15 en italique. Pourquoi 15 en italique ? C'est moins fatigant il me semble. Tout ça c'est vraiment bcp de travail.

lundi 1 décembre 2008

E-book et Bibliothèque de Babel

Revenons sur cette hypothèse du Figaro : Le PRS505 bibliothèque de Babel. Conformément au bon sens bibliothécaire, pendant la crise j’emprunte. Direction la B_B_B du Point du jour, et séance de lecture de La bibliothèque de Babel de Borges (la B_B_B). La nouvelle de l’auteur argentin a été écrite en 1941, c’est à dire avant-hier. Une histoire à dormir debout, d’ailleurs il existe un cabinet à cet usage, matrice de réflexions qui germent si non à chaque ligne du moins à chaque paragraphe. Il y a de quoi écrire des pages, mais arrêtons nous sur une phrase pour une réflexion à chaud : « Ils étaient habités par le délire de conquérir les livres chimériques de l’Hexagone (un espace de stockage à l’infini dupliqué) cramoisi : livres de format réduit (comme ceux d’Aldus ?) tout-puissants, illustrés et magiques. » Le but ultime de la création littéraire, but ultime d’une bibliothèque.
Petite précision chaque livre est composable avec 25 caractères au plus, dont 22 lettres, un point, une virgule et un espace.
Si toutes les idées du monde, thèses et antithèses, sont exprimables avec cet alphabet, il manque pour les illustrer ou les reformuler par un raccourci, l’infinité du point. Celle-ci donne naissance à la ligne, au dessin et par extension vincienne à la lettre, et à la note.
Si la base proposée n’est pas la bonne, l’homme moderne, l’ingénieur, animé du même délire (ivresse ?) nous en propose une autre le 0 et le 1.
Ce n’est pas magique mais l’un des items, à savoir un format réduit, est effectivement atteint. Nos salles hexagonales cramoisies ont pris un coup de jeune. Elles ce sont transformées en ferme de micro-ordinateurs, espace fini susceptible d’emmagasiner toute production passée, présente et à venir (Google-Livres), notre ouvrage n’est plus qu’un « grain de sable » sur une puce de silicium du PRS 505. Le reader n’est pas la bibliothèque mais « une étagère pluggable et unpluggable » au format de poche. Il peut être effectivement demain, dans 10 ans, dans un siècle, un espace de stockage surdimensionné au regard de la production des cerveaux humains. Mais son ergonomie et sa convivialité seront toujours dépendantes de notre cerveau, œil et doigts qui ne devraient pas vraiment variés d’ici là.
L’illustration, sonore ou imagée ne pose plus problème, l’hypermédia résout l’item second. Il reste des progrès à faire certes, mais l’ingénieur sait répondre aux aspirations des auteurs à condition qu’il soit à leur écoute.
Ces sauts quantitatifs et qualitatifs sont-ils suffisants pour atteindre à la toute-puissance ? Evidemment non, cette dernière est du ressort du Verbe ou de l’atome (il faut choisir son camp). Elle est la primitive création et l’ultime destruction, le reste n’est qu’ersatz.
La lettre est impuissante à restituer ne serait-ce que l’univers de la pensée de son auteur, la force de sa parole. L’interprétation du lecteur est un filtre incontrôlable qui appauvrit plus qu’il n’enrichit ses mots (Un livre sans lecteur est-il plus puissant qu’un livre lu ? Puissance en puissance ?) Notre troisième item est inaccessible.
Le dernier à savoir la magie est imposture. Elle nous éloigne de la vérité, triste performance livresque, qu’il est préférable de cacher et laisser au cinéma à la photo.
Fol espoir donc que cette bibliothèque Borgésienne par la seule « existence » de l’Hexagone cramoisi. Sa particule élémentaire, le livre, se heurte au seul item de création pure, la toute-puissance. La création littéraire n’étant que l’un de ses satellites, conçu par l’idée, guidée par l’apprentissage. Et l’on voit bien que l’E-book malgré ses béquilles technologiques ne nous permet d’atteindre que 2 des 4 items requis. Il ne peut en aucun cas devenir la chimère de Borges, l’ingénieur plie devant l’écrivain de Mar del Plata.