vendredi 22 février 2008

Le PRS 505 de Sony premier essai


Vol Air-France 65 en provenance de LA. Françoise habite Irvine sur la côte ouest et transporte dans son sac mon PRS505 assemblé par Sony. Pas encore disponible en Europe, j’ai fait appel à ses services pour me procurer, taux de change oblige, le livrel le moins cher du marché. 270 € avec couverture en similicuir, un chargeur, et une loupiote très mignonne pour lire dans la pénombre (le Cybook est à 390 € pour une même configuration, 120 € c’est beaucoup, en tous ca pour moi.)
Première impression le livrel est sexy, cet avis est partagé par tout le monde. La prise en main est agréable, et la coque en alu, il me semble, fait costaud. Le chargeur n’est pas vraiment utile si vous êtes toujours prêt d’un PC, car le PRS505 se recharge via le port USB, comme les IPod. Mais pourquoi un Livrel et pas un IPod Touch justement pour lire mes Guides ? Eh bien la réponse est liée à l’ergonomie, ce sont mes yeux qui ne s’adaptent pas :
- Aux caractères riquiqui des écrans de moins de 5’’
- Aux imagettes taille timbre poste, représentant une œuvre d’art, un plan etc.
- Aux écrans illisibles quand le soleil donne (C’est du vécu, à Florence cet été avec un HP Travel Companion, tu parles d’un larron)
Et là merci le MIT et sa technologie E-Ink. Quelques soient les conditions de lumière, l’encre électronique vaut celle déposée sur les feuilles de papier de nos bouquins. Nous sommes en noir et blanc, ou plutôt en 8 nuances de gris. C’est impressionnant, une photo JPEG affichée à l’écran vous rappelle les clichés que vous développiez sur papier Ilford grains moyen dans votre cuisine.
Etant un converti de longue date (pas plus d’un an ;-)), j’ai fait un test pour voir si je ne suis pas un singleton parmi les 65 millions d’électrons français. Après avoir adaptées quelques pages sur Léonard et l’Orphée d’Ange Politien, j’ai synchronisé mon PRS via le soft de Sony (c’est comme Itunes en moins smart et c’est un peu bogué, je préfère pour transférer les gros fichiers utiliser l’« explorer » de Windows). Ensuite direction la bibliothèque et les gardiennes du temple. Plutôt sceptiques au départ mais toujours sympas, elles se sont avouées convaincues par la qualité du rendu, enthousiastes même. Seulement malines elles sont, et à la question quid de la couleur j’ai répondu que c’était pour 2008, quid de l’hypermédia j’ai biaisé, quid de la navigation, j’ai coulé ;-).
Le livrel n’est pas un PC ou un Mac, pas encore. Pas de curseur se baladant sur les pages, une barre d’outils, une barre de tâche ou des liens hypertexte. Pas de liaison dynamique donc entre un texte et un morceau de musique, entre une phrase et un concept, entre un mot et un dictionnaire. Il est possible d’écouter le fichier MP3 illustrant un propos, une situation, mais il faut « maniper » un peu et connecter les oreillettes de son lecteur préféré. Il existe pourtant un OS, linux, de la mémoire etc… seulement les ingénieurs ne sont pas des auteurs hypermédia et les éditeurs non plus d’ailleurs, quoique Flammarion peut-être, il paraît. Tant mieux si c’est vrai.
La navigation est donc rendue à sa plus simple expression, j’exagère un peu. Page avant arrière, saisie du n° page si vous le connaissez, accès directe aux signets (vous savez les pages que vous cornez) ou à la dernière page lue, historique des pages lues avec les premiers mots pour aide mémoire, accès aux chapitres via la table des matières. C’est confortable, mais pas vraiment convivial.

Alors pourquoi un livrel (Sony, Bookeen, Iliad ou Jink) ? Pour préserver les arbres, d’accord, mais what else ?
P SVP préservez nos arbres.

Eh bien avant de partir en vacances vous pouvez télécharger les best-sellers de l’été (capacité de base 160 pavés environ), et votre valise ne prendra pas un gramme de plus que les 300 du reader. Et si parmi les ouvrages acquis vous emportez les Guides MAF dédiés à Léonard ou Michel-Ange, sachez qu’il existe une version spécifique pour le PRS505. En fait nous sommes en PDF avec une pagination spécifique pour un écran 120 x 90 mm (plus petit qu’un livre de poche), partagé par nombre de fabricants. Mais il y a le PDF et Pdf. Celui de chez Adobe, amaigri pour la circonstance, et les Pdf like, compatibles, et ce n’est pas forcément la même chose.
Fermons là notre parenthèse technique. Imaginons que vous soyez à Milan, à Florence, Rome, Paris, Bacchereto ou Caprese, vous sortez votre livrel de votre sac à dos ou à main, pour accéder aux commentaires de Goethe, aux poèmes « du Divin », aux lumières d’André Chastel ou Daniel Arasse, sans oublier les motets ou basses dance de Henrich Isaac ou Josquin Desprez, et çà nous sommes les seuls au monde à vous l’offrir. Ecouter Nuper Rosarum Flores et comprendre aux pieds de Sainte Marie des Fleurs comment Guillaume Dufay construit son motet en s’inspirant de l’architecture de Brunelleschi, qui dit mieux. Personne, enfin j’espère. Les Guides MAF c’est un saut dans l’ambiance des 15ème et 16ème siècles (commentaire d’une passagère du Thalys Bruxelles-Paris)
Evidemment les images sont plus petites que sur votre Mac (n’oubliez pas on vous fourni toutes les versions), évidemment il a fallu adapter la typographie en absence de la couleur, et évidemment le prix est resté identique car. Car si on parle gros sous on peut se fâcher.

J’admets volontiers que vous ne soyez pas prêts à sacrifier 300 € pour 3 guides, sauf miracleJ. Pour un retour sur « votre » investissement, nous sommes dans le quantitatif pur et dur, ce n’est pas forcément le PRS505 qu’il faut choisir, sauf si l’entreprise nippone entend enfin les appels de la FNAC (France Inter en 09/07) et si elle adopte comme prévu depuis un an le nouveau « lecteur » d’Adobe : ADE.
Il est peut être plus sage de se tourner vers une offre jumelée pour lire chaque jour votre quotidien, (Les Echos/Iliad ou Ganaxa, le Kindle d’Amazon/Le Monde), des ouvrages techniques publiés par M21 (Bookeen) ou les grands classiques de la littérature anglaise ou française, libres de droit (je n’ai pas encore testé la Guerre des Gaules, mais bientôt). Freud, Proudhon ou Marx sont aussi dispos gratuitement et bien d’autres encore. Je vous donnerai les adresses. Si vous êtes allergique au DRM, et je vous comprends, l’offre MobiPocket, de loin la plus importante, n’est pas vraiment séduisante, sans parler d’une lisibilité très en dessous du Postscript d’Acrobat.

Est-il urgent d’attendre ? Attendre quoi ? Le retour de Stieg Larsson et de son journaliste ayant changé son IBook pour un e-book ?

2 commentaires:

PPL a dit…

Bonjour,
j'envisage l'achat d'un PRS-505. Mais des questions persistent...

- Le contraste est-il suffisant pour lire sans fatigue 1 heure ou deux ?

- les romans les plus vendus à l'heure actuelle sont-ils disponibles sur ce support?

- l'appareil lit-il des fichiers .doc ou .html?

Merci par avance pour votre réponse.

Pierre

Marc-André Fournier a dit…

@ppl
Pour le contraste aucun problème.
Pour la fatigue non plus.

Si les nouveaux romans sont proposés en mode PDF ou BBeB oui, mais il y en a peu en langue française. Voir les sites spécialisés FeedBook, Numilog etc..

Fichier doc: non. RTF : oui
Fichier HTML: non. Il vous faut les transformer en PDF, nombreux outils dispos sur le net pour cela.

Lorenzo Soccavo qui a testé pratiquement tous les readers pense que le PRS505 est le meilleur. Et puis il y a les Guides MAF sur Vinci et bientôt Michel-Ange, c'est un must ;-))
Voilà j'espère avoir répondu à vos questions.