mardi 6 décembre 2016

Changer le rapport de force par la numérisation du livre

Un article presque intéressant dans le Figaro de ce jour sur la musique numérique et cette phrase : "en piratant le consommateur a inversé le rapport de force."
Elle peut s'écrire autrement : en adoptant le fichier numérique le consommateur renverse le rapport de force.
Cette évolution n'a pas eu lieu en France au sujet du livre, le lectorat n'a pas entrevue cette possibilité d'inversion du rapport de force. Le prix du livre est toujours scandaleusement élevé. On va me répondre que l'édition doit gagner de l'argent, d'accord mais elle le peut en vendant plus de livres moins chers aussi... vaste débat soit dont je ne peux être le héraut.
Et que dire du prêt en bibliothèque ? Je n'ai pas vraiment suivi le dossier mais les choses ne semblent pas très simples et je ne suis pas sûr de voir l'usager en sortir vainqueur.
En fait si il existe une vraie chance de changer le rapport de force pourquoi le lecteur ne l'a-t-il pas saisie ?

vendredi 2 décembre 2016

Monet et la recherche du temps perdu.

Voyez ce tableau-là, qui dès le premier abord a attiré votre attention, celui-la seul est parfaitement réussi, peut-être parce que le paysage alors donnait tout ce qu'il était capable de donner. Et les autres ? - Il y en a quelques-uns vraiment qui ne sont pas mal mais ils n'acquièrent toute leur valeur que par la comparaison et la succession de la série entière. 

Les paroles de Monet soulignent cette ineptie de la vente par unité d'une série. Le gus possédant un exemplaire  des Cathédrales, Chtchoukine par exemple, des Peupliers ou de Londres a été floué. Il n'est pas à même d'en apprécier la "valeur" esthétique, expressive, impressionniste. Il peut épater la galerie mais s'il est vraiment connaisseur il sait avoir commis une erreur. 
Une seule toile est une captation, sans avant ni après, elle est paumée dans la durée, celle de Bergson ou de Proust. 
Si Monet n'est pas l'inventeur de l'Impressionnisme, Turner peut à juste titre en revendiquer la primauté, le maître de Giverny  en est le continuateur et le finisseur. Il porte le mouvement jusqu'à son terme faisant de l'instant d'avant, un temps perdu, un temps retrouvé par la série.

mardi 29 novembre 2016

Léonard s'en va en guerre




Léonard pacifiste ? Oubliez !Suivons le au siège de Pise, en Romagne, dans les Marches et le Frioul, en Toscane.S’il ne prend pas les armes, il en dessine.S’il ne prend pas les armes, il accompagne ceux dont le métier est de les prendre. S’il ne prend pas les armes, il est au service de  : Florence, Venise, la papauté et son bras armé, César Borgia. S’il ne prend pas les armes il se vend  parfois au plus offrant : la France de Charles VIII.

dimanche 27 novembre 2016

Monet et les vaches pour modèle ?



Des vaches ;-) La meilleur pochette du Pink Floyd ? Atom Heart Mother sans conteste.
Le modèle préféré d'Eugène Boudin ? La vache si j'en crois le nombre considérable d'études laissées. Et quand vous êtes saouler d'en voir autant, au musée du Havre par exemple, une question vous taraude : Pourquoi Monet n'en n'a-t-il pas peint plus ?
Une seule de mémoire, dans une cours de ferme. L'idée n'est pas saugrenue car la question se pose en novembre 92. T. Robinson lui présente un de ses tableaux et le maître de Giverny avoue bien aimé les vaches et le bébé ; et d'ajouter : J'essaierais les vaches - peut-être l'été prochain, sérieusement.
On est dans l'anecdote mais il existe dans le journal de Robinson des réflexions bien plus sérieuses et précieuses. Elles sont reprises par "l'école américaine" de l'impressionnisme mais très rarement ( je pourrais écrire : jamais mais n 'ayant pas la prétention d'avoir tout lu) par "l'école française". Cette "négligence", ostracisme ?, est vraie aussi pour les oeuvres parties à l'étranger. Mis à part les monographies ou un catalogue d'exposition, qui vous coûtent les yeux de la tête, on va au plus simple pour les illustrations des biographies, des abécédaires, des XXX pour les nuls. Toujours les mêmes tableaux, les même études, celles dont on dispose en France. C'est navrant.

jeudi 24 novembre 2016

Bourgeois Stupides

Echanges entre Monet et Robinson (un peintre impressionniste américain quasiment inconnu en France) à propos du non fini , le même que l'on reprochait à Michel-Ange (rien ne change). 
Le second à propos des gens stupides lui disant : vous allez terminer cela, vous ne pouvez pas laisser ça comme ça. 
Mais pourquoi pas ? répond Monet. 
Le commentaire de Robinson : qui est juge sinon l'auteur pour savoir quand s'arrêter ?
Ces bourgeois stupides, car il ne peut s'agir que d'eux, ont horreur de se creuser la tête devant un oeuvre d'art, c'est incongru de leur demander de faire abstraction de, de continuer de. Incapables de saisir cette chance de.
C'est assez drôle car le peintre de Giverny adoptera une partie de leur code en vieillissant.


lundi 21 novembre 2016

Comment vous dire ? A propos de Monet

Comment vous dire ? Si vous allez à Giverny, dans les musées parisiens etc. Il y a pour vous accompagner les lettres de Monet, les articles des uns et des autres, des pour et des contre et puis il y a le Journal de Théodore Robinson. Américain, à l’instar de ses confrères de la colonie givernoise il pouvait être honni, mais non, Monet l’apprécie et se confie à lui souvent .... Ses confessions sont rares, voire inexistantes, sous la plume des historiens d'art français. C'est dommage. En même temps si vous faites partie de mes lecteurs