samedi 23 mai 2015

Perspective : les regrets de Rodin

À propos des Cathédrales Gothiques : "Je les possède toutes photographiées dans ma mémoire, ce qui n'est pas très commode à reproduire. Quelques notes et dessins sont mes seules représentations graphiques ; mais comme je n'ai jamais appris la perspective, mes dessins flottent souvent. Cette lacune me gêne souvent dans ma création architecturale car la perspective est une science utile, même si les paysagiste parfois la néglige."
 





mercredi 20 mai 2015

Certains d'entre vous l'ont peut-être déjà lu ?

Stendhal et son syndrome. 
Le transport dont H Beyle fait l’objet n’est pas dû à la beauté de la ville, à la visite d’un musée en plein air. Cette approche est juste une transposition triviale appliquée à des chochottes trimbalés de car en trattoria, sous un soleil de plomb, de marchand de glaces en musées bondés, saoulés par des commentaires insipides et dont le cerveau, sevré  de télé,  sature.
Quand il se rend à Santa Croce ses premières émotions sont pour les gloires du passé. Machiavel, Michel-Ange, Galilé, il y ajoute inconsciemment Boccace et Dante. Le bonapartiste connaît ses classiques. Il a lu Le prince, Vasari, les poésies du sculpteur du David, les commentaires sur l’art du suiveur de Copernic, Lomazzo, L’Enfer et le Paradis sans oublié le Purgatoire, tout et tous il a tout lu et plus encore car il achète deux guides en descendant du fiacre. En cet instant où cénotaphes et tombeaux s’adressent à lui et à lui seul sa mémoire déborde d’images et d’émotions, de mots de phrases et de vers.  A ce moment il cristallise des mois et des années de lectures, de visites, de réflexions et d’écritures. 
Il gère, il en a vu d’autres, mais pas pour longtemps.  Son émoi va être à nouveau mis à mal quand  aux Sibylles du Volterano il va être confronté. La qualité artistique de la fresque n’est en rien responsable de la montée en puissance du phénomène. De Cumes ou de Delphes, des Appenins ou de Perse aucune d’entre-elles n’a perdu de son aura, de sa puissance. Elles s’adressent encore à nous pour peu que l’on tende l’oreille et Stendhal ne peut être sourd à leurs discours, même sibyllins. Son esprit est alors en proie au ravissement.  Conscient, il transfigure l’objet de sa passion, l’art, en lui attribuant de nouvelles perfections. Il est dans un état où d’une croûte il peut voir un chef-d’oeuvre. C’est sa propre définition de la cristallisation. Il l’applique inconsciemment aux fresques du Volterano, consciemment au poème de Foscolo dont il se saisit pour tenter d’évacuer le mal par le mal à la sortie de l’église. La poésie, source d’émotions ultimes, est le remède pour effacer les douleurs et fièvres dont il est l’objet. Ça fonctionne ! Pas d’hospitalisation, pas de spleen, le sur lendemain on le voit à San Lorezo, au Palais Pitti, devant les fresques de Masacio. 
Drôle de type quand même. Dans une poche de son veston il se ballade avec un poème, viatique à tous les maux de la terre, à l’image du mémorial de Pascal.
Qui d’entre-nous, dans son smartphone, a fait de même ? C’est pourtant visiblement indispensable ;-)



dimanche 17 mai 2015

Giverny, Sienne, Rouen

Toutes les œuvres ne supportent pas le musé, une exposition.
Giverny : Degas est-il Impressionniste ? La question ne se pose même pas, par contre il serait plus pertinent de savoir s'il est un sculpteur ayant pratiquer la peinture , ou  un peintre  s'adonnant  à la sculpture ?
Dans tous les cas ses œuvres ne souffrent pas d'être exposées dans ce superbe musée de cette charmante ville. 

Rouen : Sienne aux origines de la Renaissance. C'est là où le bât blesse. Fresques détachées de leurs murs originels, tableaux de dévotion, diptyque ou triptyque d'autel, ces œuvres sont superbes mais sans âmes, la scénographie ne comble pas l'absence du lieu, de l'ambiance. 
Et que dire du fac-similé de la salle du Bon et Mauvais Gouvernement du palazzo Pubblico de Sienne ?

C'est évidemment un débat sans fin comme l'art sait en susciter.

mardi 12 mai 2015

La Sculpture Impressionniste de Medardo Rosso

Parfois la douleur s'efface quelque temps pour laisser s'insinuer entre elle et vous quelques instants de  sérénité.
C'est arrivé en fin d'après-midi  avec un travail à mettre à jour sur Medardo Rosso.
Pourtant une des ses toutes premières oeuvres : Le dernier baiser pourrait raviver le souvenir d'une atroce période mais une bonne fée veille et bloque le processus pour vous permettre d'aller plus loin.


Aller plus loin c'est encore se frotter au malheur mais rien n'y fait, tout glisse, l'hôpital (Lariboisière), le Malade ou l'Enfant Malade ne peuvent vous faire plus mal, pourtant ils sont touchants. L'art ce soir a pris le pas et c'est tant mieux, il restera l'Enfant qui rit.




dimanche 10 mai 2015

Le FHA de Fontainebleau.

Préparation du Festival de l'Histoire de l'Art à Fontainebleau.
Le coeur n'y est pas vraiment mais c'est le seul salon où je me sens bien, à ma place ou presque.




mercredi 6 mai 2015

La Concierge

Il m'arrive parfois de faire des remplacements : je suis concierge au 36 rue Lafitte.
Les vedettes de l'immeuble sont Fouquet une confiserie créée en 1852, et la société, très controversée, organisatrice du Festival d'Angoulême.
Je ne sais par quel caprice j'ai décidé de faire de Nazarée leur égale.
Pour y parvenir je m'appuie sur les impressionnistes et leurs marchands de tableaux, d'ailleurs à l'époque la rue était nommée la rue des Tableaux.
Si votre esprit circonscrit l'impressionnisme à la peinture seulement, c'est dommage. La sculpture est aussi impressionniste et Medardo Rosso le revendique haut et fort, contre Rodin, classique et vendu aux instances étatiques mais c'est un autre débat. Hors dans la production du sculpteur turinois il existe la  poitrines, la concierge. 
Rosso est le sculpteur des gens de peu, il sculpte le buste de Rouart aussi, mais il n'est pas à son meilleur devant le bourgeois, sot truc c'est le peuple, à partager ou non.


vendredi 1 mai 2015

Medardo ROSSO sculpteur Impressionniste



La lumière étant l' essence me me de notre existence réelle, une oeuvre d'art qui ne tient compte de la lumière n'a pas le droit d'exister. Sans lumière, unité et ampleur font défaut - l'oeuvre est condamnée au petit, au misérable, mal conçue, s'appuyant nécessairement sur la matière.
Rien en ce monde ne peut être séparé de son environnement, et notre vision - nos impressions, si vous préférez ce terme - ne peuvent être que le résultat des valeurs et des relations mutuelles données par la lumière, et doivent avoir la tonalité dominante que l'on saisit en un regard.
II y a un autre point dont on n'a jamais parle et qui, pourtant, est d'une très grande importance: au premier moment d'un regard spontanément porte a un objet naturel, nous éprouvons un déplacement de tonalités, un élargissement de la chose devant nos yeux, devant notre esprit - un effet qui change après ce premier moment. La raison en est qu'après ce premier éclair nos yeux, notre esprit reviennent a leurs habitudes de paresse et donc détruisent ce premier moment de vie authentique, de vision complète, durant lequel nous éprouvons une transposition des valeurs qui, bien que matériellement au premier plan, semblent refoulées, et vice-versa. Mais bien que tout cela soit nettement marque au premier instant, il est néanmoins vrai que cela reste visible ensuite à tout moment.

La couleur de la sculpture

La vérité visuelle réelle de toute chose qui rencontre notre regard dans la nature ne peut nous frapper pleinement que dans ce bref instant où la vision nous saisit, comme une surprise - c'est-a-dire avant que notre intellect, notre connaissance de la forme matérielle des objets, aient eu le temps d'entrer en jeu et de contrecarrer et détruire cette première impression. La vérité de la première impression, chargée qu'elle est de poésie, suggestive, n'est-elle pas infiniment plus signifiante que l'autre vérité fondée sur l'accumulation d'une connaissance de faits bruts ? L'art est un langage émotionnel ; et la précision mathématique ne se prête pas à l'expression de nos émotions.
Nous avons donc devant nous une perspective de couleur complètement différente de l'autre perspective traditionnelle et platement matérielle ; et je proclame que nous ne devons pas suivre, nous n'en avons aucun besoin, la méthode des célébrités répertoriées qui ont mesure, et continuent à mesurer, le premier et le second plan, et suivent les réalités matérielles de la forme.
II n'y a plus besoin de tourner autour d'une oeuvre en argile, ou en bois, ou en bronze, ou en marbre que de  tourner autour d'une peinture sur toile; et conçue ainsi, une sculpture sera infiniment suggestive, intimement vivante, homogène et magnifique....

Extrait : La Sculpture Impressionniste