lundi 1 février 2016

Marcel ‪#‎Proust‬ lecteur des Guides MAF ? : "Je dois dire que, quand il aimait Monet, vous auriez pu lui dire qu'il y avait près de là un admirable Rembrandt, un sublime Raphaël, il ne se serait pas dérangé, tandis que si vous, aviez pu lui dire la rivière où Monet avait fait telle esquisse, il l'aurait longée tout entière aux heures incommodes où Monet peignait, pour tâcher de retrouver le lieu, pour mieux comprendre ce qu'il y a de réel dans une toile de Monet, ou plutôt peut-être ce qui dans la rivière est si intéressant, si réel que son expression soit un précieux chef-d'oeuvre, pour que l'on saisisse mieux la pensée de Monet en voyant ce qui la motivait et qu'on sente ce qui l'inclinait à l'inspiration, quels étaient les éléments dont il avait besoin pour trouver le problème."
Jean Santeuil Fragments divers.

Pour saisir la pensée de Monet et des autres il faut donc aller sur le motif. Si l'on regarde les lieux choisis on note un parallèle avec les affiches vantant les stations balnéaires desservies par les Chemins de Fer de l'Ouest.
Ce n'est pas la seule explication, Monet a passé son enfance au Havre par exemple, Renoir était invité par son "mécène" à Wargemont  près de Berneval, et les uns et les autres échangeaient leurs point de vues , mais c'est quand même troublant.

video

lundi 7 décembre 2015

N°98 VS N°146 (brouillon)


N° 98

Impression soleil levant; peinte par Monet en 1872 sur les quais du Havre, aujourd’hui aux cimaises du musée Marmottan, est-elle l’oeuvre éponyme du mouvement initié par Monet ?
Se poser la question serait presque indécent, pourtant, est-ce l’apanage des grands tableaux ? en y regardant de plus près, les choses ne sont pas si claires, il existe un doute raisonnable.
Entendons-nous bien, il ne s’agit pas de savoir si nous sommes face à un soleil levant ou couchant, quoique, ni de remettre en cause une attribution à Monet d’un des plus célèbres tableaux du monde ; non notre questionnement porte sur « l’éponymie ».

Quelle que soit la discipline artistique, littérature peinture, musique, sculpture voire cinéma, chaque auteur abordant le mouvement impressionniste cite « un » tableau présenté pour la première fois au mois d’avril 1874 boulevard des Capucines à Paris. 
Comme tout un chacun, il reprend  l’article titré par Louis Leroy le 25 avril 1874 dans Le Charivari : « L'école des impressionnistes ». Le titre a fait mouche, et pour se gausser, le journaliste imagine un dialogue avec un paysagiste l’accompagnant à l’expo : - Ah ! Le voilà, le voilà ! Que représente cette toile ? Voyez au livret.  
  • Impression, soleil levant. 
  • Impression, j'en étais sûr. Je me disais aussi, puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l'impression là-dedans... 
Leroy n’imagine pas la portée de ces quelques mots, ni Monet d’ailleurs. Mis à part le titre, personne ne s’attarde sur la description de la marine. 
Le chemin est encore long pour les « Intransigeants », une poignée d’artistes en rupture avec l’art pompier, avec les instances étatiques. 
Le 11 avril 1894, soit huit ans après la dernière manifestation Impressionniste, Gustave Geffroy, revient sur l’évènement et introduit pour la première fois un élément déterminant dans son Histoire de l’impressionnisme : C’est Monet qui a fourni l'enseigne sans le vouloir en exposant une ébauche (aujourd'hui dans la collection de Bellio) sous le titre d'Impression, un lever de soleil sur l’eau. Quelqu'un prit le mot, le jeta aux nouveaux venus qui l'acceptèrent, comme autrefois, les Jacques, les Gueux acceptèrent les désignations de leurs ennemis.
Cette référence au second propriétaire, le premier est Ernest Hoschedé dont la femme sera la maîtresse puis l’épouse de Monet, pourrait dissiper le brouillard entourant l’oeuvre éponyme. Le tableau en question est catalogué lors de la quatrième exposition Impressionniste en 1879 : N° 146. Effet de brouillard, impression. Appartenant à M. de Bellio.
Ni Geffroy, ni ses suiveurs ne sont très regardant sur le titre. Ce numéro 146, est-il vraiment le N° 98 : Impression, Soleil Levant, présenté en 1874 ?
Deux titres pour une même oeuvre, deux présentations au public à quatre ans d’intervalle. Personne ne tilte. La chose s’explique : qui a vraiment évalué l’impact de cette vue du Havre sur l’histoire des arts ? 
Le titre, d’ailleurs, n’est pas entièrement le fait du peintre :  On me demande [il s’agit d’Edmond Renoir , le frère d’Auguste] le  titre pour le catalogue... je répondis : Mettez « Impression ».
On ne sait qui trouve ce titre trop court et le complète pour  (E. Renoir ?) : Impression Soleil Levant
Pour sa part, Durand-Ruel, celui par lequel le marché de l’art va devenir un business lucratif et parfois risqué, le premier soutien financier de cette bande de rapins, avec les instances étatiques, se souvient dans ses Mémoires : d’un Soleil couchant.  Ernest Chesneau, un journaliste, quoiqu’il en dise, s’arrête devant une : Impression (soleil levant sur la Tamise).
Visiblement les visiteurs de cette manifestation n’ont pas tous vu la même chose, il faudrait donc s’en remettre à ceux qui n’étaient pas présents, à l’instar de Geffroy ? 
On peut comprendre pourquoi les contemporains d’une troisième république naissante n’accordent pas beaucoup d’importance à cette oeuvre  fondatrice, la cécité et surdité de nos contemporains est plus difficilement compréhensibles.
Personne ne percute quand Monet lui-même décrit, en 1898, le N° 98 :   J’avais envoyé une chose faite au Havre, de ma fenêtre, du soleil dans la buée et au premier plan quelques mâts de navires pointant... 
Au premier plan quelques mâts de navires pointant... et non une barque menée à la godille. Un premier plan bouleversant la donne, si l’on accorde quelques crédits aux dires  de son créateur.
Il est possible, évidemment,  d’invoquer un faux témoignage, un souvenir erroné da la part de l’auteur et du  journaliste, Maurice Guillemot, mais l’argumentation vaut aussi pour Geffroy. 
En 1890 ce dernier attribue aux Nymphéas cette correspondance de Monet :  J’ai repris encore des choses impossibles à faire : de l’eau avec de l’herbe qui ondule autour. 
Hors en ces temps Monet est sur autre motif, sur d’autres effets, comme l’atteste son beau-fils J.-P. Hoschedé, membre de la « tribu de Giverny » : Monet, à cette  époque peignit sur l’Epte dont l’eau est vive et transparente un motif présentant mes soeurs en canot, et, dans cette eau, la peinture de Monet montre de nombreuses herbes aquatiques en un perpétuel mouvement ondoyant. 
Certes Geoffroy est un intime, s’il n’est pas des premiers fans, il est loin d’être  le dernier, et comme tous les fans sont esprit critique est parfois pris en défaut. En 1920 le maître de Giverny soulignera encore   quelques petites erreurs dans une étude écrite pour L’art et les Artistes.
Alors quelle tête a-t-il ce fameux tableau  N° 98 avec Au premier plan quelques mâts de navires pointant…
La réponse par l’image  :



Et où se trouve-t-il en ce moment ? 
Après avoir appartenu à la famille Rouart, comme de nombreux tableaux impressionnistes la toile est allée rejoindre les cimaises d’un musée américain : Le Getty Museum de Los Angeles.
Vous pouvez ne pas être convaincu, après tout qui suis-je ? Un auteur de guides hypermédiarts. Un auteur sans notoriété, à la recherche de cette dernière…. ce n’est pas faux. Mais je ne suis pas le premier à remettre en doute l’éponymie du N°146. 
Avant moi, John Rewald, le premier, avait relevé dans son maître  ouvrage The Hystory of Impressionism (4e édition de 1973), cette incohérence entre la description faite par Monet et la toile proposée comme source du mouvement initié par Monet. Il ajoute un autre argument : jamais Monet ne double la présentation d’un tableau lors des expositions dites impressionnistes auxquelles il participe.
Si je ne suis pas le premier, je ne suis pas le seul non plus. On se bouge aussi de l’autre côté de l’Atlantique, où l’Impressionnisme est bien plus prisé que chez nous, pour établir un doute raisonnable sur l’oeuvre accrochée aux murs de Marmottan. 

Alors quelle importance accorder au « mystère de l’oeuvre éponyme » ? après tout Monet n’en fait pas toute une histoire. À l’aube du vingtième siècle il est sûrement difficile de mesurer l‘ampleur et l’importance d’un mouvement artistique débordant du cadre de la peinture, affolant les enchères et déplaçant des millions de gens  vers les lieux emblématiques de cette nouvelle manière de peindre née.... à Ville d’Avray en 1867. Pourquoi Ville d’Avray et pas le Havre ?  Pourquoi le Havre et pas Argenteuil ou le boulevard des Capucines ?  


N°98 le 15/04/1874

N° 98
le 15/04/
1874

samedi 21 novembre 2015

Prout Marcel lecteur des Guides MAF

Je dois dire que, quand il aimait Monet, vous auriez pu lui dire qu'il y avait près de là un admirable Rembrandt, un sublime Raphaël, il ne se serait pas dérangé, tandis que si vous, aviez pu lui dire la rivière où Monet avait fait telle esquisse, il l'aurait longée tout entière aux heures incommodes où Monet peignait, pour tâcher de retrouver le lieu, pour mieux comprendre ce qu'il y a de réel dans une toile de Monet, ou plutôt peut-être ce qui dans la rivière est si intéressant, si réel que son expression soit un précieux chef-d'oeuvre, pour que l'on saisisse mieux la pensée de Monet en voyant ce qui la motivait et qu'on sente ce qui l'inclinait à l'inspiration, quels étaient les éléments  dont il avait besoin pour trouver le problème.

Jean Santeuil Fragments divers

Voilà tout est dit.

vendredi 13 novembre 2015

Wings, Rodin.... c'est plutôt classique


Travailler en écoutant Let'Em In, plutôt classique, reposant.

dimanche 8 novembre 2015

Un doute raisonnable car documenté



Lequel de ces deux tableaux est l'éponyme du mouvement initié par Monet ? 

Pour la majorité des gens il s'agit de celui du haut. 

Et s'ils se trompaient ?


vendredi 30 octobre 2015

Retour de fortune (brouillon).




Monsieur, 
Commencé un courrier par une image n’est sûrement pas convenu, est-ce efficace ? nous le saurons bientôt. Vous avez certainement reconnu le tableau. Alors, pourquoi un bénéficiaire du RSA vous adresse-t-il ce type de courrier ?
Ne  devrais-je pas d’abord vous remercier des efforts consentis par le département pour me sortir de cette situation. Si bien sûr. Merci.
Ai-je envie de vous faire la leçon sur Impression ? non, bien qu’il existe un doute raisonnable sur ce tableau par beaucoup ignoré. Est-ce vraiment l’oeuvre éponyme du mouvement né en 1874 boulevard des Capucines ? Pas sûr. 
Par contre c’est certain,  Moussorgski ne jouait pas sa célèbre composition réorchestrée par Ravel chez Nadar, et pourtant avec un peu d’imagination ou un iPad vous pouvez l’entendre via cette page capturée ci-dessus (il suffit d’appuyer sur la flèche dans la barre horizontale grise).
C’est peut-être cette page  qui a donné à mon référent l’idée de me pousser à vous écrire, à vous proposer de réaliser un guide hypermédia sur l’Impressionnisme dans les Hauts-de-Seine. 
La Normandie s’est offert un Routard, j’ai voulu faire mieux et plus moderne, personne, ou presque, n’en veut, idem pour Paris. Le livre numérique en France n’a pas la côte, à l’image de l’Impressionnisme en son temps.  Faut-il abandonner pour autant ? 
Quid des Hauts-de-Seine ? La liste est des tableaux peints sur les rives alto-séquanaises est impressionnante mais il en est un par lequel tout à commencé [pictogramme précédant des citations de Monet] :  Ma manière [à Ville d’Avray] s’était accusée, mais elle n’avait rien de révolutionnaire, à tout prendre. J’étais loin d’avoir encore adopté le principe de la division des couleurs qui ameuta contre moi tant de gens, mais je commençais à m’y essayer partiellement et je m’exerçais à des effets de lumière et de couleur qui heurtaient les habitudes reçues. 
Ainsi donc l’Impressionnisme serait né dans notre département, ça vaut certainement un développement, qu’en pensez-vous ?
Un développement certes, mais pourquoi ajouter l’hypermédia  à ce qui semble n’être q’une simple histoire de rapins ? 
Eh bien toutes proportions mises à l’écart, sans oublier la doxa, l’Impressionnisme ne serait il pas si on s’y attarde un peu l’équivalent d’une Renaissance à la française ?
On est d’accord Gennevilliers n’est pas Florence, mais la peinture n’a pas le monopole du mouvement. Il existe une musique  Impressionniste, une littérature aussi et une sculpture, voire un cinéma Impressionniste c’est pourquoi une approche hypermédia s’impose. Elle permet de recréer cette atmosphère de fin d’empire, de début des temps modernes.

Mais sans argent et soutien, j’ai bien peur que pour ce cas un peu délicat sortant des clous, mon référent et moi-même soyons impuissants.